‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 152 sur 206 · EXTRAIT EN FORME DE JOURNAL (SUITE · texte numérisé non relu

EXTRAIT EN FORME DE JOURNAL (SUITE

1748. Février le 29.—Nous recevons à Montréal des nouvelles du Détroit par des chefs et députés 8ta8as et P8te8atamis au nombre de 7, deux hurons de Lorette et six François. Monsieur de Longueuil, commandant du Détroit, nous marque :

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Que les Miamis, qui avoient cy-devant pillé les effets du fort et qui s'étoient emparés des françois, ont député à Monsieur Longueuil un de leurs principaux chef pour le prier de leur envoyer des françois et de ne pas les priver des secours dont il ne peuvent se passer, de ne pas les en priver promettant que les affaires se rétabliroient en peu de temps.

Cet officier s’est rendu à leurs sollicitations pour ôter à l'ennemi la liberté de s'emparer d'un poste qui est assez de conséquence. Le Sieur Dubuisson, enseigne, ne doit y faire qu'un petit établissement pour y passer l'hiver, il lui a donné 30 François pour s'y maintenir et la fait accompagner de 40 autres destinés pour le commerce des 8yatanons, avec ordre à ce dernier détachement de rejoindre au printemps le Sieur Dubuisson pour revenir en convoy au Détroit.

Dans le temps que le député Miamis estoit au Détroit, Nicholas, Orotoni et Ainoton hurons, chefs des traites y sont arrivés pour demander la paix et remettre les colliers qui ont causé cette trahison ; ils ont donné des paroles auxquelles Monsieur de Longueuil a répondu, mais il ne croit pas à leur sincérité.

Tandis que ces députés estoient au Détroit, on raporta à Monsieur de Longueuil qu'un party de 5 guerriers dont le guide étoit Huron venoit de. tuer 8 françois à 5 ou 6 lieues du fort, il envoya 30 hommes pour rejoindre ce parti; ces mêmes députés craignant qu'il n’y eut de leurs gens confondus parmy ces à guerriers avertirent cet officier qu'ils étoient dans une cabanne à l'Isle aux Bois Blancs, s'offrirent même à les arrester, Monsieur de Longueuil accepta l'offre et leur donna encore 10 hommes qui rejoignirent les premiers.

Les cinq Sauvages ennemis se rendirent sans résistance et furent conduits au fort. Cependant en débarquant un d'eux Onontague par adoption au chef de la bande fut tué par la populace irritée contre ces traitres. Les 4 autres dont un Huron du Détroit, guide, le deuxième Sonontsau, et les deux derniers Loups, furent mis aux fers. Ce party avoit effectivement trouvé 8 François à la Grosse Isle à 6 lieues du Détroit où ils les attendirent au détour d'une pointe et tirèrent dessus. Les François surpris prirent le large et se rendirent au poste, tous 3 ont été blessés et sont guéris. Monsieur

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de Longueuil a fait avertir que la destinée de ces quatre prisonniers dépen-

doit de la conduite de leurs nations.

Cet oflicier par sa lettre nous adresse les nouvelles arrivées à Ostandouské le 20 décembre par deux hurons députés des anciens, dont voici

{il l'extrait :

Lorsque les anciens SonontSans et Loups de la belle rivière reçurent la nouvelle de leur quatre hommes au Détroit, il s'éleva au premier récit un frémissement de colère dans la plupart des esprits, plusieurs se disposèrent FE à partir pour vanger ce coup, mais l'annonce qu'on leur fit des sentimens

de Monsieur de Longueuil par rapport à leurs gens apaisa cette première fougue ; cependant la passion reprenant le dessus deux partis se sont mis en campagne, l'un pour aller tuer quelques françois aux Miamis, Pautre pour le Détroit, et au défaut de ces deux endroits, ils doivent frapper indistinctement sur tout ce qu'ils rencontreront, ne doutant pas que lSta8as et le Huron n'ayent contribué à la perte de leurs gens ; ces menaces ont obligé Qi |! : ces Hurons de se rassembler dans la rivière Blanche à 25 lieues de Détroit pour S'y retrancher et examiner en sureté la conduite de l'Iroquois dont ils

promettent nous instruire en cas de quelques mouvemens.

F : Mars le 9.— Arrivé à Montréal le Kieur Kimblin, cadet dans les troupes,

# ft lequel avoit été blessé à la fin du mois d'octobre dernier à quatre lieues du u a]

H fort de Nortlield et laissé pour mort par son détachement, puis conduit à

Baston où il s'est guéri.

Monsieur Shirley l’a renvoyé accompagné de trois anglois ; il écrit à Monsieur le Comte de la Galissonnière et luy marque qu'il n’a plus de prisonnier françois à Baston, qu'il compte que le Gouverneur d'Orange renverra incessamment à Montréal ceux qui sont dans son gouvernement

et qui nous ont été enlevés sur nos frontières.

Le Nieur Simblin y devoit même passer en revenant de Baston, mais il

a trouvé la route trop longue: il rapporte que les milices angloises enrollées pour l'expédition du Canada avoient été cogédiées, les Anglois ne perdent cependant pas de vue l’entreprise et ils comptent arrester tous nos vaisseaux ce printemps dans notre rivière, nous faisons bien traiter les

trois anglois, et nous les faisons garder à vue. Ils demandent de ramener

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avec eux deux prisonniers gens de famille qui sont iey ; nous verrons à leur départ s'il convient de relâcher ces deux homimes.

Dans la fin du mois dernier et au commencement du courant Monsieur de Lantagnac commandant à Québec, en l'absence de Monsieur de la Galissonnière à fait équiper 200 Sauvages tant de différans villages de l'Acadie établis aux environ de Québee que de ceux des villages de Kt François et de Bécancourt ; ces Sauvages doivent se diviser en plusieurs petits partis pour aller frapper sur les établissemens anglois du coté du fort St Georges,

Le 29.—Te Sicur de la Verendrye, fils, est de retour à Montréal avec les Christinaux et autres guerriers de son party, il a frappé aux environs de Corlar sur un party d'Anniés et de Flamans qui étoient en marche pour venir à la découverte du côté de KNarasto ; il a apporté deux chevelures d'Aniés, entre autres celle du premier chef de cette nation, une d'un flamand et un flamand prisonniers qui ne raporte rien d'intéressant, dit

que l’on parle beaucoup de paix.

Avril le 9,—Te Kieur Drouet de Surville est de retour à Montréal avec les guerriers de son parti, il a frappé près le fort Acquarine et fait un prisonnier et deux chevelures.

Le 12.— Nous recevons des nouvelles du père Germain par 8 Micmacs qui viennent d'arriver. Il nous envoye copie d'un manifeste du Gouverneur de Baston du 21 fre bar lequel il déclare que les habitans de la province de l'Acadie ne doivent pas craindre que le Roy d'Angleterre veuille les en faire sortir, qu'au contraire son dessein est de maintenir et de protéger les sujets fideles dans la possession paisible de leurs biens, privilèges, ete

Enjoint aux habitans bons sujets de ladite Province de ne point recevoir ni cacher ceux qui ont pris les armes pour les françois, qui les ont ouvertement soutenus et soulagés, au contraire de faire tous leurs eflorts pour les saisirs et s'en assurer, et les remettre entre les mains du commandant de ladite Province et particulièrement les nommés : Nicholas Gautier, et deux de ses fils, Joseph et Pierre Gautier, Armand Bigoan, Joseph Leblanc dit Lemaigre, Charles et François Raymond, Charles Leroy, natif de cette province, et son frère Philippe LeRoy, Joseph Brasard dit Beau

— 4) — Soleil, Pierre Guidy dit Grivois et Louis Hébert, cy-devant domestique du Capitaine Hanfields, tous au nombre de 12 proscrits, pour s'être rendu coupables du crime de Leze-Majesté avec les ennemis ; et pour encourager d'autant mieux les habitans bons sujets de la Province à s'emparer des sus nommés, leur promet une récompense de 50 1, sterling pour chaque criminel qu'ils remettront dans 6 mois du jour de la datte du dit manifeste et ceux d’entre les coupables qui livreront eux mêmes dans le temps dit quelques uns des coupables mêmes outre les 50 1. sterling ils recevront

le pardon de leur crime.

Le 20.—Entre autres nouvelles du Détroit, à la fin de janvier 14 hurons de Nandosket, NScolâche et Quarantesols chefs à la teste sont venus au Détroit demander la délivrance des trois prisonniers détenus aux fers qui restoient des cinq qui avoient été pris à l'Isle aux Bois Blancs, où ils avoient attaqué des françois dans le temps que Nicholas demandoit la paix, cette députation a été accompagnée de tant de belles promesses que Monsieur le Chevalier de Longueuil, quoyqu'avee bien de la répugnance a relâché ces trois prisonniers de l'avis des principaux françois et sauvages qui étoient dans le fort.

Il a été tué un françois à la porte du fort des Miamis ; on croit que c'est par des Troquois.

La conduite de Nicholas n’est pas sans équivoque, les anglois de Philadelphie y sont venus 2 fois pendant l'hyver faire la traite et y ont été bien reçus. La chevelure du françois tué près du fort des Miamis y a été portée, il est à craindre que la démarche qu'a cy devant faite Nicholas ne soit que pour mieux tromper.

Mikinac chef 8ta8as aflidé rassemble les sauteurs du voisinage, les 8ta8as des trois bandes et les PSteSatamis, et se propose d'aller sommer Nicholas de sa parole, et luy déclarer la guerre en cas de refus.

Monsieur de Longueuil se tient toujours sur ses gardes et expose la nécessité que le convoy arrive de bonne heure.

Le 24—Monsieur le Général renvoye de Montréal les trois parlementaires venus le 9 mars ; ils sont reconduits jusques sur la frontière par le Sieur Nimblin qu'ils avoient amené, nous n'avons pas trouvé d'obstacles à

leur remettre les deux prisonniers qu'ils nous ont demandés en arrivant.

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Monsieur le Marquis de la Galissonnière répond par cette occasion à la lettre de Monsieur le Gouverneur de Baston ; il luy marque entre autres choses qu'il est nécessaire de prendre des arrangements pour arrester les comptes des paquebots qui ont été envoyés de Québec à Baston et de Baston à Québec, ainsy que ce qui regarde le rachapt des prisonniers anglois des mains de nos Sauvages, luy propose diflerens moyens pour que ces sortes de

comptes soient arrestés de bonne foy et avec satisfaction réciproque.

Traitte de l’inexéeution du cartel de la part de quelques uns des gouverneurs des diflérentes provinces de la Nouvelle Angleterre et particulièrement de la part de celuy de New York auquel on ne renverra plus de prisonniers jusqu'à ce que les prisonniers Canadiens qui sont dans son gouvernement nous soient renvoyés.

Reproche sur l'inhumanité des anglois qui ont fait courir des colliers chez presque toutes les nations, qui mettoient à prix la tête de plusieurs officiers commandans dans nos postes des pays d'en haut et particulièrement celuy du Détroit.

May le 9.—Le Kieur Duverger Nimblin ave: 24 Iroquois du Kault sont équipés pour aller faire coup du côté de Choueguin et enlever s'il est possible Le nommé Theyasguin chef Annié qui a frappé l'automne 1746 sur les charpentiers de l'Isle à la Mothe à son retour de Montréal où il avoit esté comblé de présens.

Le 10.—Le Kicur Kabrevois commandant au fort St Fréderic nous informe du retour d'un party commandé par le Kieur Iertel de Beaubassin composé de 11 Abénaquis et 3 Canadiens ; ils ont bruslé aux environs d'Orange 30 maisons, ruiné 3 petits forts et un moulin, le tout abandonné ; ils ont été très près d'Orange, mais n'ont point trouvé occasion de faire des prisonniers.

Le 18.—Quelques Sauvages de Bécanvourt, de ceux équipés l'hiver dernier à Québec, arrivent ; ils ont frappé vers le fort Nt Gorge sur 4 anglois, en ont tué trois et pris le quatrième qu'ils ont amené ; il ne sait rien.

Le 19 —Quelques autres sauvages de Ia même bande amènent deux prisonniers anglois qu'ils ont fait aux environs du fort Kt Creorges ; ces

prisonniers ne disent rien.

Retour de plusieurs bandes avec chevelures angloises.

Le 26.— Arrive le batteau l'Ælizabeth, Capitaine Monsior, parti de Nt

Domingue le 15 mars, il avoit été chargé sous commission de parlementer

pour quatre prisonniers Anglois qu'il devoit amener à Louisbourg, ce

batteau a été rencontré trois jours après son départ par un corsaire anglois

il qui a les 4 prisonniers, et ayant continué sa route il a encore rencontré un

corsaire anglois sur le banc de Terreneuve.

Le Capitaine de ce corsaire à la vue des expéditions de ce bateau l'a

laissé faire sa route quoyqu'il fat chargé d'environ 150 barriques de sirop

et de Talia, l'équipage à seulement été pillé. On dit que le commerce se

fait assez fréquemment aujourd'hui entre St Domingue et les colonies de la

(ul = Nouvelle Angleterre où les bastimens portent réciproquement des vivres et

afraichissements en se faisant expédier sous commission de parlementaire

et se chargeant de quelques prisonniers.

Le 27.—Départ de la Chine du convoy pour le Détroit. Monsieur le

Général répond par cette occasion aux différentes lettres qu'il à reçu des

h postes. Entre autres à monsieur de Longueuil.

L?s paroles et démarches de Nicholas sont trop suspectes pour s'y fier.

Il n'auroit pas du relacher les trois prisonniers faits à l'Isle aux bois Ï

blancs, du moins convenoit-il de voir l'accomplissement des conditions cy

: devant faites ; il est dangereux d'assembler des conseils en pareilles circons- 11!

tances,

Si quelques uns des Hurons et autres rebelles étoient assez hardis de

venir dans le fort sans sauf conduit par pur insolence comme cela est arrivé,

il conviendroit de s'en saisir et de Jui faire casser la teste sur le champ,

pourvu qu'il n'y eut point de trahisons, mais que cela s'exécutera comme

1 simple acte de justice et de vengeance permise. Recommandé qu'il soit traitté le moins d: poudre qu'on pourra avec les sauvages suspects.

May le 28.—Le S' Louis Simblin, cadet, arrivé du Détroit avec quelques sauvages des pais d'en haut qui l'ont accompagné, Monsieur le Chevalier de M : Longueuil nous marque que Kinonsaki étoit le 7 avril de retour de la rivière

des Miamis où il étoit allé pour ramener les hurons qui étoient désertés du

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