AGREED
Fait et accepté de partet d'autre Done and accepted of by both à Louisbourg le dixième de juillet | parties in Louisbourg the fwenty ninth (vingt neuf de juin) de l'année mil | day of June (tenth day of July) inthe sept cent-quarante neuf. year one thousand eight hundred
Desnurprers, | 4 forty nine.
HoprsoN.
This day twelfth of July one thousand seven hundred and forty nine, We Charles Desherbiers, Knight, Lord of la Ralière and other places, Knight of the military order of St Louis, Captain of ship of war, commissary of His Most Christian Majesty for the repossession of the Isle Royale
and others thereunto belonging, and commandant of His said Majesty at said island and its dependancies. Do acknowledge to have received of Peregrine Thomas Hopson, Esq., Colonel of one of His Britannic Majesty’s regiments of foot, late governor and commander in chief for His said Majesty in the Isle Royale commonly called Cape Breton, the said Isle Royale, the town and fortifications of Louisbourg with the artillery and stores of war, the batteries and in general all other islands which depend of it, and of which we have [marched] and to take possession in the name of His Most Christian Majesty, and to that effect we have this day hoisted His flag in the principal places of the island, on the batteries and in the town of Louisbourg into which we have marched at the head of,the troops [belonging] destined by His Majesté to garrison it, and of which we have received the keys from M' Hopson who has withdrawn the troops belonging to His Britannic Majesty conformable to the convention agreed-on by us
the 22 June, 8 July, of this present year and to the preliminaries and dispo-
sitions signed on both sides the 29 June, 10 July, of the same year in order to proceed to the present évacuation and repossession, which preliminaries and instrument will be hereunto annexed.
In faith of which we have signed this instrument in order to certify and attest the execution of the respective orders of His Britannic Majssty and of the Most Christian King ta M' Hopson and to M' Desherkbiers for the repossessing and evacuating the Isle Royale and its dependancies conformable to the ninth article of the treaty of peace concluded at Aïx-la-Chapelle the eighteenth day of october 1748.
Done at Louisbourg the day of the year above. Louisbourg July the 12th 1749.
I do hereby acknowledge to have received of Monsieur Desherbiers three certificate of the evacuating of Louisbourg and receipt of the place, all of the above date and tenor.
HoprsoN.
iers ace,
Louisbourg, le 29 juillet, 1749.
Comme je suis chargé des Sauvages Micmacs de l’Acadie, et que le Comte de Maurepas m'avait ordonné de l'informer de la situation de ce pays, je prends la liberté de faire un détail a Votre Grandeur de ce qui s’y passe : il y a un mois que les anglois sont arrivés à Chibouctou avec 22 vaisseaux de transport tant navires que brigantins et &esquels il y en a de 24 pièces de canon ; il y a 600 familles dans ces vaisseaux ; à leur arrivée le général que l’on nomme Cornwallis a fait passer un courrier à Monsieur Mascaren Gouverneur du Port Royal pour l’en informer, le général a donné ordre aux députés des Mines de se transporter sous huit jours à Chibouctou avec 200 bœufs defense aux habitans de l’Acadie de faire passer bœufs ou moutons à Louisbourg sous peine de punition corporelle et de confiscation de leurs biens.
Le général va faire travailler incessamment au partage de Chiboucton aux Mines, il doit y faire travailler les habitans de l’Acadie jusqu'à ce qu'il y ait un chemin à y faire pour les charettes, leurs vaisseaux ne font présentement qu'aller de Chibouctou à Baston pour le transport des vivres et autres choses nécessaires pour leur établissement.
Les anglois ont deux corsaires en croisière depuis le cap de Sable jusques par le travers de Chibouctou pour empescher les Bastonnais et les bastiments de l’Acadie d'aller à Louisbourg ils ont deux autres corsaires destinés pour la Bay Verte et qui doivent prendre les bœufs et moutons qu'ils pourront trouver à Braubassin, ils payent partout bien gros, sèment et n'épargnent point l'argent. Les anglois qui étoient à Louisbourg vont à Chibouctou, ces Messieurs comptent avoir 2000 soldats pour mettre les habitans à couvert des incursions des Sauvages.
Les anglois font tout ce qu'ils peuvent pour gagner les Sauvages de l’Acadie ; ils chargent de présens tous ceux qu'ils peuvent rencontrer, ils voudroient les avoir pour amis, tandis qu'ils se bâtissent et se fortifient, les anglois doivent faire hiverner une partie de leurs troupes dans les Mines
pour contenir les habitans françois et éloigner les Sauvages, et une fois établis aux Mines et à Chibouctou ils doivent passer à Beaubassin et faire un fort à la Baie Verte.
Voilà, Monseigneur, le dessein des anglois et la situation de l’Acadie les habitans françois sont dans une consternation générale, ils se voient à la veille de se voir anglois pour la vie et pour la religion ou de quitter et d'abandonner leur patrie, les anglois ont chassé Monsieur de la Gondalie des Mines, ils ne veulent pas souffrir Monsieur Brossart envoyé de Québec à Beaubassin.
Monsieur de Minire (sic) repasse en France pour ses infirmités, il ne reste plus que Monsieur Desanclaves au Port Royal, Monsieur Chavreulx à Segiguitk et Monsieur Giran à Lobeguith, les anglois font assez entendre qu'ils n’en veulent pas d’autres et une fois bien établis ils trouveront quelque prétexte pour chasser ceux qui y sont présentement.
Votre Grandeur me permettra de luy représenter que suivant le traité d'Utrecht les anglois doivent laisser les Accadiens paisibles sur leurs biens et dans le libre exercise de la Religion Catholique et en conséquence souffrir des missionnaires pour les instruire.
J'ay vu Monsieur Desherbiers, MM. Bigot et Prevost qui m'ont promis tous les secours pour conserver les Sauvages dans la religion et la fidélité qu'ils doivent à Sa Majesté, je vais partir en conséquence pour l’Acadie, je feray mon possible pour rassembler mes Sauvages et comme on ne peut s'opposer ouvertement aux entreprises des anglois, je pense qu'on ne peut mieux faire que d’exciter les Sauvages à continuer de faire la guerre aux anglois mon dessein est d'engager les Sauvages de faire dire aux anglois qu'is ne souffriront pas que l’on fasse de nouveaux établissemens dans l'Acadie, qu'ils prétendent qu'elle doit rester dans l’état où elle étoit avant la guerre, que si les anglois persistent dans leur dessein les Sauvages ne seront jamais en paix avec eux et leur déclareront une guerre éternelle.
Mes Sauvages en conséquence vont envoyer des députés chez les autres nations pour les convier de s'unir avec eux afin de s'opposer aux entreprises des anglois et de les empêcher de former leurs établissemens.
Voilà, Monseigneur, le parti que je vais prendre pour le bien de l'Etat et de la Religion, et je feray mon possible de faire paroiître aux anglois que
ce dessein vient des Sauvages et que je n’y suis pour rien, j’auray soin d'informer Votre Grandeur plus particulièrement par le départ de l’Intrépide, comme je seray dans l’Acadie je n’épargneray rien pour me mettre au fait des démarches des anglois.
J’ay l'honneur d'être avec un profond respect, Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur,
Signé : R. Le LOUTRE.
Comme Monsieur Maillard n'est pas encore à Louisbourg et qu'il est parmi ses Sauvages, il ne pourra écrire à Votre Grandeur par la frégatte, et s’acquittera de son devoir au départ des autres vaisseaux.