RAPPORT DE MONSIEUR DESHERBIERS
Louisbourg le 29 juillet.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de vous rendre compte de la mission dont il a plu au Roy de monhorer pour la reprise de possession de l’Isle Royale de la ville de Louisbourg et de ses dépendances,
Etant à la vue de la terre le 27 du passé, j'écrivis au gouverneur anglois la lettre conforme au modelle que ma envoié Monsieur le Compte de Maurepas, le 28 étant à une lieue de l'entrée de Louisbourg je priay Monsieur le Chevalier Durtubie de faire passer audit gouverneur [le plus promptement que faire ce pourroit nul] ma lettre et les ordres que j'avois à luy envoyer, à sept heures du soir le canot partit du bord pour aller à la
ville, Messieurs de Grannes Lopinot que j'avois chargé des paquets s'embarquèrent et je donnay ordre au Sieur de Loppinot de me raporter la réponse du Gouverneur le plu: promptement que faire se pourroit, nous passâmes
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la nuit à l’ancre, à sept heures du matin Monsieur de Loppinot m'aporta la
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réponse du gouverneur par laquelle il me mandoit que l'empressement du
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Sieur Loppinot à m'aporter sa réponse ne luy donnoit pas le temps de me répondre au long sur tous les articles de ma lettre, qu'il se bornoiït à me filiciter sur mon heureuse arrivée et à m’assurer lorsque je serois arrivé nl dans le port il seroit charmé de me voir et de conférer avec moy sur tout ce qui se pourra pour faciliter et accélerer le service des rois nos maitres.
À midi nous moüillames dans le port, nous saluâmes la place de 15 coups de canon qui rendit coup pour coup comme on étoit convenu.
Nous avons trouvé toute la flotte mouillée dans le port et la frégate la ù Nemone (sic), commandée par Monsieur le Chevalier de Tourville qui m'a remis la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 12 may et un extrait du mémoire du Roy pour luy servir d'instruction, et c’est par ledit Sieur de Tourville que je vous envoye un original de toutes les conventions qu'il m'a fallu faire pour parvenir à la reprise de possession de cette ville.
it Aussitôt que la place eut rendu le salut, un officier anglois vint à bord | me faire des compliments de la part du Gouverneur et me demander mon heure pour conférer ensemble sur les arrangements qu’il y avoit à prendre h pour l'exécution de nos ordres, je luy dis que je comptois avoir l'honneur TA de voir Monsieur le Gouverneur l'après midy ; il me demanda à quelle Lu heure, je luy dis entre les trois et quatre heures.
L'officier fut porter ma réponse au Gouverneur et revint sur le champ me dire que son gouverneur me prioit de vouloir bien ordonner des hondl neurs que je souhaitois qu'il me rendit, que tels qu'ils fussent il me les rendroit avec plaisir.
th Je répondis à l'officier que je n'exigeois aucuns honneurs de Monsieur le | Goux:"neur, que je recevrois ceux qu'il voudroit me rendre comme un effet de sa politesse, l'officier me dit que puisque je ne voulois pas prescrire à son Gouverneur les honneurs que je souhaitois qu'il me rendit, qu’il étoit 14 chargé de me demander si je serois content de ceux qu’on luy rexdoit.
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Je dis à l'officier que je serois content de ceux que Monsieur le Gouverneur voudroit me rendre, que puisque nous avions le même grade et le même caractère il étoit juste que nous fussions traités également.
À trois heures et demi je descendis à terre accompagné de Messieurs Durtubie et Prevost et des officiers des vaisseau le Tigre et la Nemone, je fus reçu à ma descente sur la calle par le Major de la place et l'officier qui étoit venu me parler de la part du Gouverneur, à mon entrée je trouvai deux haies de soldats les armes présentées, à mon passage les tambours rapelèrent et la Place me salua de 15 coups de canon.
Lorsque j'entrai chez luy il me reçut à la tête des ofliciers de la garnison, après je luy présentay Monsieur Durtubie et messieurs les officiers des raisseaux qui m’avoient fait l'honneur de m'accompagner.
Après les compliments d'usage je le priai que je puisse avoir l'honneur de l’entretenir sur l'objet de ma mission, il me dit qu'il le vouloit et nous passâmes dans son cabinet,
Lorsque nous y fûmes entrés il me pria que le lieutenant du Roy de la place et l'ingénieur en chef assistassent à la conférence, ce que je luy accordai et le priay de permettre aussy que Messieurs Prevost et Durtubie y assistassent,.
Etant tous assemblés je luy dis que j'avois eu l'honneur de lui écrire pour l’informer de la mission dont le Roy m’avoit honorée, qu'il avoit copie de mes pouvoirs et les ordres du Roy de lu Grande Bretagne, une copie de l'article neuf du traité de paix conelu à Aix-l1-Chapelle le 18 octobre dernier, que je ne doutais pas qu'il n’eût pris des arrangemens pour faciliter et accélérer l'évacuation et le transport de sa garnison.
Il me répondit qu'il avoit déjà commencé à évacuer, qu'il avoit renvoyé à la Nouvelle Angleterre deux régimens de sa garnison qu'il avoit reformés, et qu'il avoit envoyé à Baston deux bastimens pour avoir des nouvelles d'une flotte considérable qui étoit partie d'Angleterre par laquelle il attendoit des nouvelles et qu'il ne doutoit pas qu'il ne vint des vaisseaux de cette flotte pour le transport de sa garnison et des effets de sa Majesté Britannique, je luy répondis que l'arrivée de cette flotte étoit incertaine, quelorsqu'elle arrivera au lieu de sa destination il faudra qu’elle décharge les
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effets dont elle est chargée avant que de venir icy pour transporter sa garnison qu’un si long retardement étoit préjudiciable aux intérêts du Roy mon maitre et à l’intérest de ses sujets.
Il me dit qu'il attendoit des nouvelles d'Angleterre, que dans les ordres que je luy avois apporté du Roy son maitre il n'étoit point nommé commissaire pour me remettre la place, qu'il recevroit des ordres pour cet effet, ou qu'il venoit peut-être des commissaires d'Angleterre chargés d'ordre de le faire, qu'il étoit dit dans le traité de paix que l'Isle Royale ditte Cap Breton seroit remise aux commissaires de N. M. T. C. par ceux de $. M. B.
J'ay répondu que les ordres du Roy de la Grande Bretagne lui disoient qu'il doit rendre la place, il me dit qu'il étoit vray qu’il étoit dit dans ses ordres qu’il remettroit la place, mais qu’il ne le pouvoit faire si promptement, que lorsqu'il auroit des vaisseaux il feroit toute la diligence possible, je luy dis que j’avois ordre en cas qu’il n’eût pas de vaisseaux pour transporter la garnison de lui offrir le vaisseau du Roy l'Zxtrépide, et que s’il n'étoit pas suflisant qu'il joindroit le nombre des vaisseaux de transport
autant qu'il en auroit besoin.
Il me dit qu'il n’avoit point ordre de se servir de vaisseaux de France, qu'il attendoit ceux d'Angleterre qui ne seroient pas longtemps à arriver icy puisqu'il y en avoit déjà d'arriver à la côte la Nouvelle Ecosse.
Je luy demanday qu'il me fixât le temps auquel il me remettroit la place, puisqu'il ne vouloit pas accepter les vaisseaux que je Iuy offrais, il me dit qu'il ne pouvoit pas fixer le temps mais qu'aussitôt qu'il auroit des vaisseaux qu'il feroit tout ce qu’il pourroit pour ne remettre la place sans aucun retardement, qu’il fesoit de si mauvois temps dans ce pays qu'on étoit quelques fois plusieurs jours de suite sans pouvoir travailler, que s'il me donnoit un jour nommé pour me remettre la place, qu'il seroit obligé de le faire avant qu'il eut tout disposé pour le service du Roy son maitre et
celuy de sa garnison.
Je luy dis que puisqu'il ne vouloit pas accepter les offres que je luy fesois et qu'il ne vouloit pas me donner aucunes suretés, je ne pouvois pas ne dispenser de luy dire que je prenois pour un refus les raisons qu'il m'allignoit, que je le priois de me dire positivement s’il vouloit exécuter
l'ordre que je luy avois remis du Roy son maître d'évaquer la place, ou s'il en avoit le contraire de me le faire sçavoir.
Il répondit qu'il ne refusoit pas de me remettre la place, qu'il avoit des ordres très positifs de le faire, mais qu'il ne le pouvoit faire sans vaisseaux et sans avoir pris des arrangemens nécessaires pour sa garnison et les autres sujets du Roy son maitre.
Je luy dis que puisqu'il convenoit de me remettre la place avec toute la diligence possible, je le priois de me remettre la batterie Royale, les maisons qui subsistent encore entre la dite batterie et la ville et l’isle de l'entrée, afin que je puisse mettre une partie des troupes et des habitans à terre pour se rafraichir et éviter les maladies, il me répondit qu'il ne croyoit pas qu'il fût en son pouvoir de le faire, qu’il me prioit d'attendre au lendemain pour qu'il me répondit sur ces propositions que je venois de luy faire, qu'il assembleroit son Conseil de guerre pour délibérer sur ce qu'il avoit à faire pour accélérer l'évacuation, qu’il auroit l'honneur de me venir voir le lendemain et qu'il me diroit les résolutions du Conseil, sans l'avis duquel il ne Juy étoit pas permis de rien décider. |
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Je lui dis que j'attendois sa réponse pour le lendemain que je le priois de faire attention aux justes demandes que je venois de luy faire, que de longs délais étoient contraires aux ordres et aux intérêts du Roy mon maitre et au bien de ses sujets, que s’ils persistoient à retarder son exécution, j'en avois d'autres que je luy ferois connoiître et qu'il seroit responsable des inconvénients facheux qui pourroit arriver par la suite, que le Roy mon maitre avoit exécuté de bonne foi, et sans aucuns retardemens, l'évacuation des places qu'il avoient conquises et que les commandans des dites places avoit exécutés ses ordres sans aucun retardement.
Il me dit qu’il feroit son possible pour en faire autant mais qu'il ne
pouvoit accepter le vaisseau parce que si par malheur un soldat de sa garnison (ou autre anglois) venoit à avoir cette maladie un peu après son
départ, il seroit responsable de cet accident, que cette maladie étoit plus à 400 craindre et plus dangereuse dans la Nouvelle Angleterre que la peste, qu'il “tt
avoit prié le capitaine de ce vaisseau d'aller au fond de la baye afin qu'il n’eût aucune communication avec la ville, qu'il me prioit de permettre RE d'envoyer les médecins de la sauté à bord de ce vaisseau pour voir quel
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progrès avoit fait cette maladie, qu'il me montreroit le lendemain leur rapport lorsqu'il auroit l'honneur de me voir.
Je lui dis que je voulois bien qu'il prit cette précaution, que le chirurgien major du vaisseau seroit présent et leur feroit voir les malades, il me proposa de faire le tour des ramparts pour voir les fortifications de la ville, dans cette tournée j’examinay autant que je pus l’état des ouvrages qui me parurent fort dégradés, surtout le bastion du Roy, et le cavalier qu'ils ont construit auprès de la porte Dauphine n’est pas achevé.
Le lendemain 30 juin je fis faire au Gouverneur les mêmes politesses qu’il m'avoit faites la veille, lorsqu'il vint à bord les vaisseaux qui avoient des troupes à leur bord, les troupes prirent les armes et les tambours rapellèrent lorsqu'il passa.
I] fut reçu à bord de 1a même manière, il me demanda à me parler en particulier avec les mêmes asssistans que la veille, je ne pus le mener que dans la gallerie, où il me dit qu'il me faisoit des excuses s’il ne me rendoit ps la réponse qu'il m'avoit promise hier, que le conseil n'avoit pas eu assez de temps pour délibérer sur mes propositions et sur les arrangemens qu'il avoit à prendre pour faciliter et accélérer l'evacuation, qu'ils se rassembleroient aussitôt qu'ils seroient à terre et que demain matin il me feroit savoir à l'heure que je voudrois les résolutions du Conseil, qu'il alloit me lire le rapport des médecins de la visite qu’ils avoient fait à bord de l’Zntrépide.
Il disoit en substance que la petite vérole avoit été violente dans ce vaisseau, qu'elle étoit sur sa fin, qu'il n'y avoit que deux personnes qui en fussent attaquées et presque guéries, que tout l'équipage et les familles y jouissent d’une parfaite santé, mais qu'ils croient pour le bien des sujets de Sa Majesté Britannique et pour ceux de Sa Majesté Très Chrétiens, il seroit à propos que ce vaisseau fut mouillé à Grabarus, afin de faire prendre l'air à ses malades et éviter la communication dangereuse de cette maladie, il m'a prié d'envoyer ce vaisseau au lieu indiqué.
Je lui ai dit que ce vaisseau étoit d’une trop grande conséquence pour l’exposer dans une pareille bay, qu'il ne seroit pas en sureté, qu'il tiroit trop d'eau pour pouvoir approcher la terre assez pour pouvoi mettre ses malades à terre avec leurs commodités et les secours nécessaires qu'il étoit facile d'empescher toute communication avec les malades qu'il mettroit à terre
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dans l'endroit où il étoit, en posant des corps de garde aux tantes où ils seroient mis qui empescheroient que personne n’en approchât, et qu'ils seroient bien plus à portée d'être pourvus des secours qui leur étoit nécessaires ; il m'a dit qu'il en délibèreroit avec son conseil et me rendroit une reponse le lendemain.
Je lui demanday s’il me remettroit les batteries que je luy avois demandées, il me dit que non qu'il me remettroit le tout ensemble lorsque nous aurions pris les arrangemens convenables aux deux nations et qu'il fut des raisseaux pour le transport de sa garnison, les effets du Roy son maitre et ceux de ses sujets, que soit qu'il se servit des vaisseaux que je luy avois offerts ou qu'il luy en vint de sa nation, qu'il m'oflroit des magazins pour mettre les effets du Roy et ceux de ses sujets, que je serois content des mesures qu'il avoient prises et qu'il avoit à prendre avec Son Conseil pour la plus prompte remise de la Place.
Je luy répondis que lorsqu'il m'avoit communiqué ses résolutions je luy ferois connaitre les miennes sur ce qu'il me proposoit.
I me demanda à quelle heure je souhaitois de nous assembler le lendemain, je luy répondis que ce seroit à l'heure la plus commode pour luy, que pour le lieu ce seroit chez lui, n'ayant pas de lieu dans le vaisseau pour pouvoir le faire commodement ; nous primes rendez-vous à 11 heures du matin ; lorsqu'il déborda il fut salué de sept cris de Vive le Roy et de 15 coups de canon, tons les vaisseaux qui se trouvèrent sur son passage le
saluèrent de la voix et nu canon comme ils jugèrent à propos.
Le mardi premier juillet nous nous assemblames à l'heure donnée, il me dit que le Conseil avoit accepté les vaisseaux de la flotte de France pour transporter sa garnison aux conditions signées le 3 du mois, intitulées résolutions du Conseil de guerre anglois et de conventions de Monsieur le Gouverneur anglois et de Monsieur Desherbiers en réponse à la lettre du 27 juin, dont je vous envoie un original écrit en anglois et en françois, signé à de nous, et dont je vous enverrez le duplicata par le vaisseau l'Zntrépide, x comme vous me l'ordonnez, ainsi que toutes autres pièces qui concernent le même sujet.
Je luy demande les magazins nécessaires pour debarquer les effets du
Roy et des particuliers, il donna ordre sur le champ qu'on remit les clefs de
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trois magasins et j'envoyai des ordres aux vaisseaux le Jean Elie et le St Esprit de commencer à mettre à terre les effets dont ils étoient chargés, il me promit de me fournir des magasins autant qu'il en seroit nécessaire et qu'il alloit donner ordre aux anglois de se serrer dans les maisons qu'ils occupent afin de faire place aux françois qu'il me remettroit toutes les maisons qui étoient vides et qu'il alloit retirer sa garnison dans les cazernes qu'il avoit fait construire pour que les habitans pussent se loger dans les vieilles en attendant qu'ils puissent rentrer dans leurs maisons, ce qu'il a effectivement exécuté aussitôt que nous avons eu signés les conventions du 3 juillet.
J'ai fait continuer à décharger les vaisseaux, à les faire lester, à faire leur eau et leur bois, il n'a jamais voulu consentir que l'équipage de l'Zntrépide fat employé à ce travail à terre.
Nous avons continué à nous assembler tous les jours pour règler toutes choses, le dit jour nous avons signé les conventions préliminaires, il prend les 7 vaisseaux à transport ci denommés, le Diamand, le Pont-Chartrain, Je Superbe, le St Esprit, le Comte de Chabanne, Xe Jean Elie et la belle Gabrielle:
Je vous envoye un original desdites conventions écrites en anglois eten françois signées de nous dudit 10 juillet, vous verrez, Monseigneur, que j'ay été contraint par le défaut de vaisseau et par le longtemps qu'il auroit fallu pour le préparer d'accorder des articles qui paroïissent contraires à mes ordres, mais l'accélération qui m'a été ordonnée ne m'a pas permis de faire
autrement.
J'ay modifié les demandes autant que j'ai pu et menagé les intérêts du Roy autant qu'il m'a été possible, La petite verole qui étoit encore dans l'Intrépide et dans le Jean Elie, et dont il est mort plusieurs enfans depuis nos convention du 3 me feroient craindre qu'il ne refusàät de s'embarquer sur les vaisseaux, mais nous avons pris des mesures secrètes qu'il n’en a
heureusement rien su.
Je n'ai rien fait, Monseigneur, sans la présence et l'avis de MM. Prevost et Durtubie, ils ont vu tous comme moi la délicatesse de ma mission dans ds circonstances aussi embarrassantes que celles où je me suis
trouvé.
du aus us uer
Je vous envoye aussi les conventions pour l'artillerie signées le 14 et écrites en anglois et en françois signées de nous, les états de l'artillerie qu'ils ont trouvé dans la place lorsqu'ils s'en sont emparée, l'état de celle qu'ils y laissent, l'état balancé des différences de calibres des pièces qu'ils y laissent d'avec celles qu'ils y ont trouvées, des métaux, un état des munitions de guerre, armes à feu et armes de pièces, la différence: de (calibre) ee qu'ils ont trouvé dans la place et de ce qu'ils y ont laissé, et vous êtes en état de demander sur ces différents états ce qui manque à l'inventaire qu'ils ont fait lorsqu'ils se sont emparés de là place, j'ay reconnu un mortier de fonte qui n'étoit pas porté sur leur inventaire, el un autre petit mortier à éprouver la poudre dans le globe est écarté et a été enlevé, j'ay fait ce que j'ay pu pour les obliger à remplir leur propre état, mais ils inanquent de bien des
choses qui ne sont point à leur usage et qu'ils ne peuvent remplarer, Les ]
Vous recevez les lettres communes de Monsieur Prevost, et moy, la copie de l'ordre que nous avons donné aux capitaines des vaisseaux employés au transport des anglois, le procès verbal que Monsieur Boucher ingénieur a fait de l'état de la place et des maisons du Roy, que nous avons
signé.
Je vous envoie aussi une copie du certificat que j'ag donné à Monsieur Hopson lorsqu'il ma remis les clefs de la place, une copie du même certificat en anglois avec un reçu au bas dudit certificat signé par Monsieur Iopson.
Une copie de l'assurance qu'il a donnée aux capitaines françois qui ne seront point retenus à la Nouvelle Ecosse, et qu'il leur sera fourni des magasins et même des vaisseaux s’il est possible pour faciliter leur débarquement, je vous envoyrai le duplicata de toutes ces pièces par l'Zatrepide
que je mettray en déchargement aussitôt que les anglois seront partis.
Enfin, Monseigneur, me voilà about de ma première mission, et je suis en possession de la place et des batteries et de toute l'isle, je voudrois bien être assez heureux pour m'être m'acquité de cette importante et délicate commission de fançon à mériter votre approbation. Je dois la prompte exécution du grand ouvrage que nous avons fait en 22 jours à la capacité, à l’activité et aux bons ordres qu'à donné à la flotte Monsieur le Chevalier Durtubie pour le débarquement des effets et autres ouvrages qu'il à fallu
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faire pour mettre les anglois dans la situation de s'embarquer sur les vaisseaux, et aux bons établissemens que Monsieur Prevost a fait à terre pour l'établissement des effets qu'on a débarqués et placés dans différens imagasins, ce qui ne s’est cependant pu faire avec tant de diligence sans quelque confusion.
Je dois aussi rendre justice à Monsieur de Gannes et à Monsieur de Loppinot du bon ordre qu'ils ont maintenu à terre où les soldats étoient employés à décharger et à aider à mettre dans les magasins les effets débarqués, et à accélérer l'ouvrage, et à lever toutes les difficultés qui se sont présentées pendant le travail ; il est surprenant que depuis le commencement de notre ouvrage jusqu'à la fin qu'il n'y ait eu aucune dispute entre
les deux nations.
La politesse et les intentions de Monsienr Iopson pour tous les sujets du Roy ont beaucoup contribué à la bonne intelligence qui s'est maintenue jusqu'à la fin entre les deux nations, j'ai tâché autant que je l'ay pu de répondre à ses attentions pour nous, et je ne crois pas, Monseigneur, que vous ayez des plaintes de moy de sa part ni de celle d'aucun sujet de la Grande Bretagne, et je me propose d'avoir pour les anglois qui resteront icy après le départ de la garnison (dont il m'a donné la liste) tous les égards et toutes les attentions que je pourray, et j'auray soin cependant de les faire partir au bout du temps qui leur a été accordé.
Si j'ay eu le malheur de faire quelque chose de contraire aux intentions du Roy et des vôtres, je vous prie, Monseigneur, de nous donner vos ordres pour le rectifier, mon peu d'expérience dans les affaires aussi importantes que celles-cy peut bien m'avoir fait faire des choses que vous ne trouverez pas dans la plus exacte regularité mais les circonstances embarrassantes où je me sus trouvé, telle que la petite vérole, et le manque de vaisseaux nécessaires pour l'enlèvement des effets de toute nature m'ont
forcé de leur accorder du temps pour les transporter.
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Je compte aussi envoyer un détachement au port Toulouse aussi nombreux que faire se pourra, les cazernes qui y étoient ont été bruslées par les