‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 183 sur 206 · LETTRE DE MONSIEUR DE LAJONQUIERE AU GOUVERNEUR PHILIPPS · texte numérisé non relu

LETTRE DE MONSIEUR DE LAJONQUIERE AU GOUVERNEUR PHILIPPS

Québec, le 7 mars, 1751.

Monsieur,

J'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite le 4 octobre dernier, par Phincas Stevens, capitaine, qui n’est arrivé ici que le trois de ce mois. Je ne suis point surpris que vous réclamez les habitans de votre Province que les Abénakis ont arrêté prisonniers, mais je le suis grandement que vous pensiez que les François et les Gouverneurs des Trois Rivières ayent contribué à engager ces Sauvages à commettre de pareils actes d’hostilité.

Vous devez rendre plus de justice à la nation françoise et être plus que persuadé que, bien loin d'animer les Sauvages contre les Anglois, je fais mon possible pour les contenir en paix avec vous.

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D'ailleurs il est vraisemblable que le Gouverneur des Trois Rivières eût osé entreprendre pareille chose tandisque je n’ay point cessé de luy donner ordre d'arrêter, autant qu'il le pourroit, les partys de guerre que les Sauvages pourroient former pour aller sur les habitations anglaises ; il est même certain que si les Sauvages avaient fait cas de tout ce qui leur fut dit à cette occasion, ils auroient renoncé à cette expédition quoyqu'ils l’eussent prémédité depuis longtemps.

Messieurs les députés de Monsieur Clinton ont été témoins pendant le séjour qu’ils ont fait icy l’année dernière que je parvins avec peine à arrêter ces Sauvages au moment qu'ils étaient prêts à partir.

Enfin, Monsieur, je serais au désespoir de ne pas concurir avec vous pour faire regner l’union et l'intelligence la plus parfaite entre les sujets de nos deux gouvernemens. Je suis venu icy dans ces dispositions, et je m'en écarteray jamais. Je vous prie d’en user de même de votre côté afin que nous jouissions tous des douceurs et de la tranquilité de la paix.

Au surplus, je ne suis pas maître des Sauvages de mon gouvernement. Ils sont libres, et rien n'est capable de les empêcher de faire leur volonté. Aussi, je vor* estime tres heureux de pouvoir faire mouvoir les vôtres suivant vos désh .

Quand à vos prisonniers, les Sauvages en ont en leur pouvoir dans leur village. Je n'ay point assez d'autorité pour les obliger à vous les rendre. Le Roy, mon maitre, ne les regarde point comme ses sujets ; bien loin delà il les traite comme ses alliés. Tout ce que je pourray faire ce sera de contraindre les françois qui auront acheté ces prisonniers à les rendre à quelqu'un de vos députés en leur remboursant le prix de leur rançon, ce que Jj'ay déjà commencé de faire en renvoyant un de ces prisonniers chez lui vers la fin de l’automne dernière, qui avait été racheté par un habitant de cette ville et qui eût une caution pour son remboursement.

Je n'entre point dans le détail du sujet que ces Sauvages prétendent avoir pour commettre ces actes d’hostilité. J’ay oui dire seulement que leur motif était de venger la mort d'un de leur chef de Bekancour et non de Narantsouak, qui fut assassiné il y a quelque temps par des anglois, et je

dois vous prévenir qu'il y a grande apparence que ces Sauvages ne s'en tiendront pas là, étant piqués au vif de ce qu'on n'a point fait périr les meurtriers de ce chef, comme on le leur avait promis.

Le meilleur conseil que je puisse vous donner pour terminer cette querelle, c’est de faire périr les coupables ainsi que ces Sauvages l’ont demandé, sans quoy il est à craindre qu'ils ne reviennent à la charge, haïssant natu rellement les anglois et étant toujours prêts à leur faire du mal. Si vous ne prenez ce party vous devez faire bien garder vos frontières pour que vos habitans soient en sureté.

Je suis, Monsieur, Votre très humble serviteur,

LAJONQUIERE.

LETTER FROM M' MASCARENE TO MAJOR LUTTERELL, Fort S‘ Georges near Pensbscott, 24 August, 1751, Sir,

: T'have just time to lett you know that I have been commissioned by governour Cornwallis to assist at a treaty with the Indians in these parts in conjonction with commissions of the Massachusetts Bay. This treaty has not had the full effect intended for want of some of the tribes not having attended, and therefore it is reffered till about a month or six weeks hence ; att this meeting where eight of the St John's tribe. They have

-promised to go aud beat (?) att Halifax, and in the mean time all acts of hostilité are to cease ; they have further promised to bring in the Micquemaques. All the Indians have seem very well dispos’d to pence which I

hape will be brought about I shall write to the governour as soon as I arrive in Boston ; in the mean time please to lett His Excellency know how farr has been proceede here.

I am, Sir, Your obedient humble servant

MASCARENE, The Indian bearer of this

is called Mancharrett.

LETTRE DE MONSIEUR DE LAJONQUIERE AU MINISTRE

Quebec, le 13 Octobre, 1751.

Par ma lettre du 18 Octobre l'année dernière j'eus l'honneur de vous rendre compte des coups qu'un party d’Abénakis de St François, de Békankourt et de Pana8amské, et d'Alsonkins des Trois-Rivières avaient fait sur "3 les Anglois vers la fin du mois de septembre, et des raisons qui y avoit 24) donné lieu. J'ai aussi l'honneur de vous informer que les Abénakis de Re

Narantsouak, non seulement refusèrent de se joindre à eux, mais encore qu'ils lestrahirent.

Les mêmes Abénakis de Naransouak vinrent me voir à Quebec au commencement de l’hiver dernier. Je ne manqueray (sic) pas de leur faire sentir le tort qu'ils avaient d'avoir refusé leur secours à leurs frères les

“1e Abénakis. Ils furent sensible à tout ce que je leur ai dit à cette occasion, N a et alléguèrent pour leur justification qu'ils n'avaient pu faire coup par ë ë rapport à leurs femmes et à leurs enfans qui étaient trop près de l’Anglois. 11h Mais que, toutes réflexions faite, ils ne voulaient entrer dans aucune consi- ‘4 dération que pour réparer leur honneur et me prouver qu'ils n'étaient point

les partisans des Anglois. Ils fairaient coup sur, ce qu'ils ne purent point pi mmm Et:

exécuter de suite, à cause que partie de leurs gens étaient alors chez les anglois à faire leur traité.

Ils vinrent me revoir dès le petit printemps et me témoignèrent qu'ils étaient bien fachés d’avoir eu ces raisons pour ne pas faire coup. Ils repartirent.

Une bande de ces Sauvages fit un prisonnier près du Fort Rickmen. Une autre bande de six Abénakis fit aussi un prisonnier au même endroit. Ils les ont rendu à Quebec.

Cette dernière bande en revenant à Quebec trouva environ dix hurons

de Lorette au Sault de la Chaudière. Ils retrogradèrent ensemble et furent encore aux environs du Fort Rickmen où ils prirent trois anglois, dont un fut pris par les Abénakis, les autres par les Hurons qui levèrent deux chevelures. Les Abénaquis de St François ont aussi fait coup cette année. Ils

ont pris deux enfans et levé une chevelure dans le gouvernement où ils étaient en chasse.

Les Abénakis de Narantsouak se sont tous retirés au Sault à la Chaudière. Ils sont 21 hommes. Ils n’ont pas voulu rester chez eux à cause qu'ils sont trop voisins des Anglois. Ces Sauvages ne laissent pas de nous incommoder. Je les ai déterminés à retourner à leur village au mois de mars prochain. Il suffit qu’ils ayent fait coup sur les Anglois pour qu'ils n'osent plus aller chez eux ; et il y a lieu de croire que ceux cy n'auront. garde de les attaquer, parce que tous les Abénakis se ligueraient ensemble pour en tirer vengeance. Je leur ay néanmoins defendu de continuer à frapper les Anglois ailleurs qu’à la pointe de Beauséjour en se joignant aux Micmaks.

Tous les prisonniers anglois de l’année dernière ont esté rachetés et. renvoyés dans la Nouvelle Angleterre le 30 juillet dernier.

À l'égard des anglois qui ont été pris cette année et rendus aux Français, ils seront aussy renvoyés dès que l’on les reclamera.

Je suis avec un profond respect, Monseigneur, Votre très humbleet très obéissant serviteur,

LAJONQUIÈRE.

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