VAGES ONT FAIT, SÇAVOIR
4 canons de fonte aux armes d'Angleterre du calibre de 11 £, 4 idem 5$4.
4 mortiers ou aubusiers de fonte de 74 pouces de diamètre ; 3 autres mortiers de grenade de 4 pouces }; 175 boulets de 11$ ; 57 autres de 6 pouces ? ; 17 barils de poudre de 100 :; ; 19,740 cartouches chargées pour mousquets ; les artifices pour artillerie. Les autres outils nécessaires pour un siège ; grande quantité de fusils de scrvice et hors de service ; quantité de chariots brisés ; 4 à 500 chevaux dont partie tués ; envirou 100 bêtes à corne. Un grand nombre de barils de poudre et de farine enfoncés.
Environ 500 morts dont grand nombre d'officiers et de blessés à pro-
portion.
20 hommes où femmes faits prisonniers par les Sauvages, Un butin
‘tres considérable en meribles, hardes ct ustensils. Quantité de papiers qu’on
n’a pas eu le temps de faire traduire. On y a recoanu entr'autre le plan du fort Duquesne avec les exactes proportions.
Nora. —Les Sauvages ont pillé beaucoup d’or et d'argent monnoyé. ‘ Etat de l'artillerie, munitions de guerre et autres effets appartenant aux anglois qui se sont trouvés sur le champ de bataille après l'action qui s’est passé le 9 juillet, 1755,”
sl
nn
Au
HARANGUE FAITE A MONSIEUR LE MARQUIS DE VAUDREUII, GOUVERNEUR GENERAL EN TOUTE LA NOUVELLE FRANCE, A SON PASSAGE AUX TROIS RIVIERES PAR JEROME ORATEUR DE LA NATION ABENAQUISE.
14 juillet, 1755.
Mon père,
Depuis ton départ nous n'avons point cessé de désirer ton retour, ho ! Nos cœurs ont séché de tristesse et nos yeux appesantis, et comme fermés dans un profond sommeil, n’ont plus vu les beaux jours que ta présence avait fait briller sur nos visages... ho! Le ciel nous a toujours paru comme obscurei par d'épais nuages. Les rosées si abondantes qui fertilisent nos campagnes, se sont refusées à nos désirs, et nos champs en ont sèché de douleur... ho !
Depuis ton absence notre jeunesse a abandonné ses innocents plaisirs et leurs chichiquas, aux sons desquels ils accordaient leur cadences, n'ont eu pour eux que des sons lugubres..….. ho! Mais ta présence aujouid'huy, comme un nouveau soleil qui éclaire, porte dans tous nos membres et dans nos cœurs que nous venons t'oflrir, une nouvelle ardeur pour combattre sous tes armes... ho !
Nos pères et nous même les avons porté sous le sien, ce brûleur de villages toujours victorieux. De même nous te suivrons partout puis que tu es aimé et entrepide comme luy....… ho! (sic). Nous savons les victoires que tu as remportées sur les bords de la Louisianne, puisque ses échos nous les ont repetées..….., ho !...
Commande donc, ordonne, nous sommes prêts à partir, si ce n’est en canots, à pied. Nous sçavons porter nos bagages, battre et réduire ensuite, comme le vent dissipe la poussière, tous tes ennemis qui sont nôtres et qui déjà, à ce qu'on nous assure, attaquent Niagara, La Belle Rii ère, la Pointe à la Chevelure, et ailleurs... ho !
rrT
os ‘
LS
Fois seulement sçavoir au grand Onontio, notre père, que nous partons ; et que tant que la nation abénaquise aura du sang dans les veines, elle le répendra pour sa gloire... ho !”
Ici, de la main, en criant, ils se frappèrent tous la bouche en forme d’applaudissement. Puis chaque chef chanta son chant de guerre.