‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 26 sur 206 · RAPPORT DE MONSIEUR BEGON · texte numérisé non relu

RAPPORT DE MONSIEUR BEGON

Québec, le 8 novembre, 1718.

J'avois compté que nous informerions le Conseil des lettres que le Père Raslé lui a écrites et à moi le 17 Septembre dernier, sur l'attention que les Anglois ont d'établir des habitants au bas de la Rivière de sa mission. Mais Monsieur de Vaudreuil m'ayant dit qu'il en avait informé le Conseil par une lettre particulière.

J'ai l'honneur de lui rendre compte aussi de celle que ce missionnaire m'écrit que les Anglois y sont arrivés par terre au nombre de 200 au fort le plus proche de sa mission, et qu'il doit encore y en arriver par eau un plus grand nombre ; que le Gouverneur de Baston agiten conséquence des ordres qu'il en a reçu du Roy d'Angleterre, et qu'il dit que Sa Majesté Britannique a tout le continent depuis Baston jusques près de Québec, parce que le Roy lui a cédé le dit pu s par le dernier traité.

Il me marque aussi que n'y ayant aucune opposition de la part des François, les Sauvages ne pouvant rien en temps de paix, et que même plusieurs d’entr'eux étant gagnés par les présents des Anglois, il croit que s’il n'était plus en cette mission, les Anglois en seroient à présent les paisibles possesseurs, et que c’étoit pour cette raison qu'ils ne vouloient pas qu'il y fit bâtir sur leurs terres ni missent un ministre ; que si dans deux ans ils ne s'en sont pas emparés il engagera les Sauvages pour se metttre en sureté et faire un fort en se servant de terre mélée de sable : et que si les Anglois s'emparent de cette rivière, ils seront en état de faire coup sur les François jusques à Québec.

Il paroît qu’il n’y a d'autres moyens de faire cesser ces intrigues qu’en faisant règler les limites de l’Acadie, pour lesquels il est porté par le traité de paix qu’il y aura des commissaires nommés de part et d'autre. Il est de la dernière conséquence qu’elles le soient au plutôt sans quoi les Anglois s'étendront sur les terres des François et par ce moyen pourront dans la

suite se rendre maîtres du Canada. Une plus longue remise sur la décision des limites donne aux Anglois l'avantage qu'ils n'avoient pas en temps de guerre, leur donnant le temps de faire des établissements, dont il ne sera pas possible de les chasser.

BEGON

LETTRE DE MONSIEUR DE ST OVIDE AU GOUVERNEUR SHUTE. Louisbourg, le 22 novembre.

Monsieur

Sur les plaintes qui m'ont été faites par plusieurs habitants qui ont fait la pêche à Canceau, des mauvois traitements qu’ils ont reçu de Monsieur Smart que je regardois comme un corsaire s’il n’avoit presenté une lettre de

votre part. Vous avez dû juger sur la lettre que j'avois l'honneur de vous écrire par lui que son procédé n’a point été de bonne foi en cette occasion. Je ne m'attendois pas aux nouvelles que je reçus de cet endroit 8 ou 10 jours après son depart de Louisbourg, d'où nous nous sommes separés avec mille protestations d'amitié et des assurances d’une bonne et parfaite union.

Nous étions convenus conjointement avec le capitaine Thomas Soudin

que nous attendrious une décision entière de nos cours puisque nous ne pouvions pas convenir des bornes de nos limites suivant nos traités de paix d'Ütrecht. J'ai eu l'honneur de vous écrire le sujet de notre conférence et la différence dans laquelle nous nous trouvions.

Monsieur de Ste Marie que j'envoie exprès malgré les rigueurs de la saison ne l'ayant pu faire plustôt et qui vous rendra cette lettre, vous de- LR mandera que vous ayez pour agréable de faire faire raison des pillages qui WA ont été faits à nos habitants et marchands françois de Canceau suivant le ‘f procès verbal qu'ils vous présenteront.

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