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Je sais, Monsieur, combien sont serrés les nœuds qui unissent nos deux couronnes, et je serois au désespoir de rien faire qui put y porter atteinte, Je vais informer le Conseil de ce que nous venons de faire, Je compte que j'aurai des nouvelles positives le printemps prochain de ce qui
uura été règlé. Je ne manquerai pas de vous donner avis des ordres que je
recevrai du Roi mon maitre sur cette affaire, et j'espère que vous me ferez
4 part de ceux que vous aurez.
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parti é RAPPORT DE MONSIEUR DE VAUDREUIL AU CONSEIL,
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trou- à Québec, le 31 octobre, 1718.
à J'ai eu l'honneur d'informer le Conseil, par ma lettre du 6 octobre de sieur à l'année dernière, que le gouverneur de Baston ayant fait assembler les its de ñ Nauvages de Narantsouak et de Pannaoamské, et de la Rivière St Jean
k pour faire alliance avec eux, j'envoyai en même temps au Conseil une celui À copie de la lettre que le Père Raslé, Jésuite missionnaire à Narantsouak, | nôus $ m'avait écrite le 3 septembre, et qui contenait le détail de tout ce qui
À s'était passé dans le pourparler du Gouverneur anglois avec les Sauvages
L 1 de ces trois missions ; suivant cette lettre ceux-ci avoient fait merveilles en UE 4 cette occasion, et le Chef de Narantsouak, Ouaourené, qui parle de leur Rem i part, le fit avec une fierté sans égale, de telle sorte qu'il y avoit lieu de FA . 7 croire qu'ils ne souffriroient jamais que les Anglois s'établissent au delà me À des bornes qu'ils leur avoient marqué.
lon ; ne le î Mais ceux de Panaouanské ont mal soutenu la gageure puisque sur À les nouvelles qu’un homme de leur village avoit été tué par deux Anglois äs3 : et qui fit que plusieurs d’entr'eux s’en émurent et vouloient se venger. > la É Re à Les anciens qui gouvernent s'étant assemblés sur cela, au lieu de
vacuer suivre les sentiments du Père Laureyat qui avoit fait connoître à ceux qui
1e déci-
vouloient se venger que ce seroit allumer indiscrètement la guerre, la faute d'un particulier ne devant point tomber sur toute une nation, et qu’on
devoit plutôt prendre le parti d'attendre comme le Gouverneur de Baston se comporteroit, en cette occasion ; s’il tardait de leur faire justice, le sommer de la faire, et s'il la refusoit de m'en informer et de suivre mon avis,
Les anciens écrirent à ce Gouverneur que cet accident ne devoit point l’inquiéter ; qu'ils étoient persuadés qu'il n’avoit aucune part à cette action, et qu'il ne devoit pas craindre que cela les feroit songer à rompre le traité de paix qu’ils ne venoient que de confirmer ensemble. Que bien loin d’avoir aucun ressentiment, ils vouloient au contraire qu'il donnât la vie aux meurtriers, et qu'ils le priaient seulement d’éloigner de leur voisinage tous ceux qui seroient capables de les brouiller ensemble.
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Pour ce qui regarde ceux de Narantsouaks (?), je vois par les lettres du Père Raslé qu’ils ne se démentent point. Ce missionnaire me marque par sa lettre du 15 septembre qu'il avoit reçu, en la finissant, une lettre d’un Anglois qui s’est bâti dans la Rivière de Narantsouak, par laquelle il se plaint que les Sauvages tuent ses bestiaux et demande qu'ils les payent et cessent de les tuer, autrement qu'il s’en plaindra au Gouverneur; et que pour réponse il avoit marqué à cet Anglois qu'il avoit fait assembler les Sauvages pour savoir ceux qui avoient tué ces bestiaux et délibérer du payement ; que c'étoit tout ce qu'il pouvoit faire, et qu’il lui envoierait la réponse de ces Sauvages. Cette réponse est en ces termes :
“ Plains-toi tant que tu voudras au Gouverneur, ce n’est point mon juge, et il n’a rien à voir sur moi. Pour le payment de tes bestiaux, tu le demanderas à celui qui t'as dit de te bâtir là.” Voilà une réponse vigoureuse. Mais il est à craindre que ces Sauvages et ceux de Panaouamské et de la Rivière St Jean ne puissent pas se soutenir contre les Anglois, s’il est vrai comme le Père Raslé me marque que le Gouverneur de Baston va envoyer 200 familles anglaises pour habiter la Rivière Panaouamské, 500 autres à l'endroit où demeure le Sieur de St Castin à Pentagouët et 500 autres à la Rivière St Jean.
J'ai de la peine à le croire ; mais je ne cesserai pas d'entretenir tous ces Sauvages dans le sentiment que la terre où ils sont est à eux et qu'ils ne doivent pas souffrir que les Anglois s’en emparent.
VAUDREUIL
AS