MEMOIRE DU ROI AUX SIEURS DE STE OVIDE ET DE MEKY
À Paris, le 2 juillet, 1720.
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L Sa Majesté a approuvé que le Sieur de St Ovide ait détaché le Sieur de
; la Perelle pour aller à Baston avec les marchands et habitants qui se dispo-
: soient à aller retirer les effets pillés à Canceau en 1718 par le Capitaine È
6 Smart, et dont le Roi d'Angleterre a ordonné la restitution. Fa ÿ Les Sieurs de St Ovide et de Mesy rendront compte du succès de ce ÿ 1
. voyage. À l'égard de la proposition qu'ils ont fait d'employer le dit Sieur a ,
ë de la Perelle sur l’état des fonds de l'Isle Royale en qualité d'Interprête, : F
h Sa Majesté à bien voulu lui accorder 300 1. de gratification, mais Elle n’a pas k |
” | jugé à prop .s de lui donner le titre d'interprête qui ne convient point à sa Al
qualité d'officier des troupes.
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& Elle a approuvé les mesures qu'ils ont prises pour s'assurer qu’il n’y D avoit point de marchandises étrangères dans le bateau du Sieur de St Marie qui avoit été à Baston pour le service ; mais Elle a fort désapprouvé qu'ils 34 aient permis au capitaine du batiment anglois qui avoit relâché à Louis- ee bourg, d'y faire la traite. 4
Sa Majesté ne veut point absolument que les étrangers fassent aucun fi commerce dans la colonie, et elle défend très expressément aux Sieurs de St Ovide et de Mesy de le souffrir à l'avenir pour quelque cause ni prétexte
que ce soit.
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id 4 LETTRE DES SAUVAGES À MONSIEUR LE GENERAL PHILIPPS. di. ‘ f Aux Mines, le 2 octobre.
Monsieur,
ï Les François nous ont fait voir la lettre que vous leur écrivez par I laquelle vous requérez d'eux de nous faire assembler pour dire la raison qui
f sl nous a porté à prendre les Anglois ? Nous sommes donc assemblés pour
vous dire que la voilà.
N 1 Nous croyons que cette terre que Dieu nous a donnée, dont nous pou- || LH A A .
ni | vons compter être aussitôt que les arbres y sont nés ne nous paroît être dis- FR putée par personne ; cependant nous voyons que vous veulez nous l’ôter 4
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par les places que vous habitez, et les menaces que vous nous faites de nous réduire à votre servitude, ce que vous ne devez pointespérer. Nous sommes maîtres et dépendants de personne. Nous voulons avoir notre pays libre. Voilà une première raison.
La seconde est pour les habitants nos frères que l’on nous a dit qu'ils étoient accusés plusieurs d’avoir trempé dans la prise d'Aldon. Nous vous disons que cela n’est point véritable et que nous n'avons que faire de l'avis des François pour faire ce que nous croyons être nécessaire d’être fait dans son temps.
Ne croyez point que nous ne vous regardions comme un grand homme ; mais mettons nous tous devant Dieu : si nous voulions aller en Angleterre pour y habiter que nous diroit-on, sinon de nous en faire retirer, et nous par même raison nous ne voulons pas que les Anglois habitent le nôtre que nous ne tenons que de Dieu et que nous disputerons à tous les hommes qui voudroient l’habiter sans notre consentement.
Vous demandez la raison pourquoi nous avons pris ceux de votre nation, nous vous disons que c’est vous qui en êtes la cause ; que c'est vous quiavez pris Canceau et Aldin, car avant que vous fussiez dans notre pays tout y étoit en paix, mais sitôt que vous êtes arrivés tout y a été en guerre par vos menaces à nous chasser de notre bien que nos Pères nous ont laissé dont même nous n'avons aucune connaissance ; que jamais ceux de votre nation aient eu aucune part avec nous pour les souffrir encore libres dans notre pays comme vous le voulez.
Voilà tout ce que nous avons à vous dire et demeurons vos amis les Chefs des Mines.
Marque D'ANTOINE COUARET > ;
“ de PIERRE COUARET x.
Au reste nous vous disons que c’est nous-mêmes qui ont défendu aux députés que vous demandez d'aller au Port Royal parce que nous sommes sur la défiance de tont le monde.
Moi soussigné Patron certifie que j'ai écrit mot à mot les raisons des Sauvages ci dessus portées sans rien ajouter.
En foi de qnoi j'ai signé.
LETTRE DE MESSIEURS VAUDREUIL ET BEGON AU MINISTRE
À Québec, le 26 8bre 1720.
CORRE EE TELE TELE CE CETTE) . COCECELEETEEEENE EEE ETES CORRE EETETE CERCLE ss.
Le Sieur de Vaudreuil aura attention de faire distribuer aux Chefs des Sauvages dans les occasions qui se présenteront les trente fines médailles que Sa Majesté veut bien envoyer.
Les Eglises de Narantsouak, et Medoctek sont finies ; elles sont bien bâties, et ce sera un motif qui attachera les Sauvages à ces missions.
Le Père Râlle continue à exciter les Sauvages de la mission de Narantsouak à ne point souffrir les Anglois de s'étendre sur leurs terres.
Les Anglois ont encore tenté cette année à former un établissement dans la rivière de Pentagouët, l’une des trois missions des Sauvages Abénakis, mais ils n’ont point voulu y consentir.
Ils ont au contraire assuré le Sieur de Vaudreuil qu'ils les en empêcheroient. Il ne les laissera pas manquer de munitions de guerre et autres secours nécessaires pour les soutenir en cas qu'ils fussent attaqués par les
ANDlOi cena ammonemesene domain
VAUDREUIL
BEGON
MEMOIRE SUR LES LIMITES DE L'ACADIE, ENVOYÉ A MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLEANS PAR LE PERE CHARLEVOIX,
Québec, le 29 octobre, 1720.
Les terres angloises ne commencent qu’à Keskebé où est le premier fort de cette nation du côté de la Nouvelle France, Ilest vrai qu’en vertu du traité de Ryswick on fixa les limites de la Nouvelle France et de la Nouvelle Yorck à la Rivière St George où les armes de France et celle d’An. gleterre furent élevées sur une épinette ébranchée, mais la guerre qui suivit bientôt après a changé ces limites, L'épinette a été abbattue, et les Abénakis je'nts aux Canadiens ont rechassé les Anglois, non seulement de tout le pays jusques à Keskebé, mais même de plusieurs endroits de la Nouvelle Yorck. D'ailleurs il est à remarquer que les Abénaquis prétendent que toute cette côte, et le cours des rivières qu’on y rencontre, sont à eux, et qu'il est de notre intérêt. de soutenir ces Sauvages dans leurs prétentions. Effectivement c’est le seul moyen d'empêcher que les Anglois ne s’établissent tout le long de la côte jusques à la baie Françoise, et le long des rivières jusques à la hauteur des terres, c’est à dire fort près de Québec et de Mont-
réal.
I] faut même, si l’on veut conserver la nation Abénaquise dans notre alliance, faire entendre au Gouverneur de Baston que s’il veut user des voies de fait pour s'établir sur les Terres Abénaquises, on ne pourra se dispenser de secourir ouvertement ces Sauvages nos allés et l’on sera aisément con-
raincu de la nécessité de prendre ce parti 1à pour peu qu'on fasse réflexion :
1° Que cette nation est l'unique nation de cette colonie contre les Anglois et les Iroquois ; 2° Que si l’on ne convient, ou du moins si l'on ne fait semblant de convenir de leurs droits sur les pays qu'ils occupent jamais on ne les engagera dans la guerre contre les Anglois pour la défense de ce même qui couvre les habitations Françoises ; 8° Que si l'on ne paroît pas s'intéresser à leur défense, ils se diviseront et se partageront entre les Fran-