LETTRE DU GOUVERNEUR SHUTE A MONSIEUR DE VAUDREUIL
Baston, le 22 septembre, 1721.
Monsieur,
J'ai appris depuis quelque temps que son Altesse Royale le Duc d'Orléans vous avait donné ordre de relâcher les Anglois qui avaient été pris dans la dernière guerre, (C'est pour cela que j'ai l'honneur de vous écrire,
Il n'est pas nécessaire de remarquer ici que la loi des nations et que l'étroite alliance des deux couronnes demandent que le reste des prisonniers de ce gouvernement puisseenfin revenir. Je me persuade que Votre Excelence sera ravie de trouver cett: occasion de marquer sa justice et son hionilé, J: vous dirai en même temps que ce gouvernement a été in-
ries Nauvages de l'Est contre leurs propres conventions et traités sGiciuvls. Sous la bannière de France ils entrèrent en ennemis au nombre de 200 dans une ville angloïse dont ils traitèrent les habitants d'une manière insolente,
Comme nous ne pouvons souffrir cette insulte au Gouvernement de Sa Maïssté auquel les Sauvages se sont soumis eux-mêmes, j'informe Votre Excellence de toute cette affaire, d'autant que ces Sauvages étoient conduits par deux officiers François dont l’un s'appelle Monsieur Belisle de Canada, Je dois regarder cette dernière circonstance comme une infraction du traité de paix et de l’alliance entre les deux couronnes.
C’est pourquoi je souhaite fort que Votre Excellence fasse informer contre cet officier et que vous le traitiez comme ‘il le mérite. Je souhaite aussi que vous fassiez ce que vous pourrez pour rappeler Monsieur Râlé et les autres jésuites de tous le pays qui appartiennent à la Grande Bretagne, ils n'y peuvent résider sans contrevenir au traité de paix dont je viens de parler et aux lois de la Grande Bretagne et de cette province. Et en cas que les Sauvages de l'Est s'adresse à Votre Excellence, j'espère que vous les avertirai de vivre en paix avec le peuple de ce gouvernement, en sorte que les habitants de ces frontières ne soient point troublés et insultés par les
Sauvages ; et si de cette rupture on en vient à la guerre avec ces Sauvages, j'en informerai Votre Excellence, et j'attends que dans cette rencontre vous me donnerez des marques de votre amitié, et que vous m'’accorderez votre assistance.
Je suis,
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
me 0