‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 47 sur 206 · TRE · texte numérisé non relu

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Cependant cette vérité n'en est pas moins constante, et il n’est personne qui ne sache que l'alliance des François avec les Abénakis n’a jamais été interrompue, au lieu que la liaison qu'ils ont pu avoir avec les Anglois l'a 616 par deux longues guerres dans chacune desquelles ils ont été contraints d'abandonner tous les lieux où ces Sauvages leur avaient permis de s'établir le long de la côte qui repond à leurs habitations dans les cours.

Vous exagérez, Monsieur, sur le fait de Monsieur de Croisil, quand vous me marquez qu'il était à la tête des Sauvages à Arowsick. Il sembleroit à vous entendre que ces Sauvages allaient en guerre contre vous et que cet officier étoit à leur tête pour les conduire.

Vous savez cependant le contraire. Je ne sais pas quel rang il avait parmi eux à Arowsick, mais je sais bien que je ne lui en avais donné aucun, et je puis vous assurer que je ne lui ai permis d'accompagner les députés de Becancourt qui est le lieu de sa demeure, et ceux de Nt François, que sur les fortes instances que ces députés me firent avec ceux de Narantsouak de le leur accorder pour être témoin de ce qui se passerait dans l’entrevue qu'ils devaient avoir avec vous, étant bien aise qu'il m'en rendit un compte fidèle pour que je puisse être bien persuadé que tout ce qu'on m'avait mandé des traités par lesquels on prétendait qu'ils s'étaient soumis à la domination angloise, étoit supposé, car je leur avois toujours fait entendre que s'ils avaient donné leurs terres aux Anglois, ils n'avaient qu'à me le déclarer nettement, parce qu’en ce cas je ne pourrais plus me mêler de leurs affaires, et s’ils ne les avaient pas déjà donné, ils étaient libres de les leur donner ou de les conserver, parce qu’ils en étaient les maitres.

Voilà, Monsieur, le mystère du voyage que Monsieur d: Croisil à fait à Arowsik. Je vous laisse maintenant à juger s'il y a rien en cela qui donne atteinte au traité d'Utrecht. Vous n'avez point trouvé dans aucune de mes lettres que je sois convenu que cela n'y était point conforme ; car celle dans laquelle il en est fait mention est de Monsieur Begon qui a pu avoir un sentiment particulier là-dessus.

Monsieur de St Castin qui est arrivé ici depuis quelques jours désavoue absolument tout ce que vous me mandez sur son sujet, et surtout l'écrit par lequel vous prétendez qu'il a reconnu qu’en allant à Arowsick avec les Sauvages il avait donné à votre Gouvernement une juste occasion de le faire venir pour en rendre compile.

si BE ce

IH est surprenant qu'on l'ait tenu sept mois dans une prison tandis qu'il ne s'est trouvé aucune charge contre lui. Je crois qu'il y serait encore sans Ja lettre que je vous ai écrite, Car quoique vous me mandez qu'avant de lavoir reçue vous aviez ordonné du consentement de votre assemblée générale de le laisser retourner chez lui, je suis persuadé que cela ne s'est fait qu'après avoir eu connaissance de ce que je vous écrivais sur ce sujet.

Mais ce qui me surprend encore davantage c’est que vous ayiez voulu qu'il s'en retournât sans lui donner les moyens pour se rendre à Pentagouët, parce qu'il y avait de la justice qu'après l'avoir fait enlever injustement et contre le droit des gens, on le ramenât dans le lieu où on l'avait pris, et

même qu'on le dédommageât du tort qu'il a souffert par sa détention injuste.

Mais il y a apparence que ces règles de justice ne sont pas connues dans votre gouvernement et que l’on s’imagine qu'il est permis aux Anglois de commettre toutes sortes d’insolences sans que ceux qui les souffren puissent avoir droit de s'en plaindre.

Enfin, vous l’auriez réduit au point de ne savoir comment il aurait pu se retirer de Baston, si Monsieur Nelson n'avait eu la générosité de lui prêter 20 pistoles de votre monnoie. Avouez, Monsieur, que c’est avoir bien de la dureté que d’en user de la sorte.

Monsieur de Nelson sera entièrement remboursé des avances qu'il a faites au dit Sieur de St Castin, si vous voulez bien avoir agréable d'engager Monsieur Thomas Kilier de payer au dit Sieur de Nelson 150 livres monnoie de France qu'il doit à Monsieur de Ramesay, gouverneur particulier de Montréal pour argent qu'il lui a prêté étant en ce pays.

Ces 150 livres monnoie de France valent 12 pistoles, 12 chelins, 10 sols monnoie de Baston, laquelle somme avec celle de 8 pistoles, 8 chelins, 4 sols dont Monsieur Thomas Baker et Joseph Kelloq ont fait leur billet,

payable au Sieur Nelson fera le paiement entier de ce qui lui est dü.

J'ai vu la copie angloise que vous m'avez adressée de la lettre que le

Conseil de Marine m'écrit du mois d'octobre dernier, dont je n’ai pas encore reçu l'original. lle me donne point occasion de rien faire au-delà de ce que j'ai fait par rapport aux prisonniers anglois, n'y en ayant aucun dans

cette colonie de ceux qui l'ont été pendant la guerre qui n'aient eu (depuis

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