‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 46 sur 206 · PO, | ES · texte numérisé non relu

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Grande Bretagne et les lois de cette province, il est défendu à tous Jésuites ou prêtres Catholiques Romains de prêcher où même de demeurer dans aucun endroit du Royaume.

J'ai répondu, je crois, de point en point à tout ce que vous avez eu la bonté de me marquer. J'aurais été plus satisfait si notre commerce de lettres avoit été sur un plus agréable sujet. Je serais bien aisé tant que je serai dans ce gouvernement ici de vivre en paix avec nos sauvages de l'Est et je n'oublierai rien pour cet effet,

Je vous prie en même temps de vous servir de tout votre crédit que je crois fort grand pour en faire de même. C'est de quoi vous m'avez assuré plusieurs fois dans vos lettres.

MEMOIRE DÜ ROY AUX SIEURS DE ST OVIDE ET DE MESY. À Paris le 12 mai, 1722.

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Sa Majesté à veu avec plaisir l'état des bâtiments qui ont été l’année dernière dans la colonie et le produit de la pêche qui a été faite montant à 2,792,000 1.

Elle à approuvé qu'ils aient permis le commerce aux bateaux anglois chargés des bestiaux et des planches, attendu le besoin qu'ils en avaient à Louisbourg, mais Elle ne l'approuverait pas sans une nécessité pressante et indispensable, et Elle leur recommande d'avoir attention de mettre In colonie en état de n'avoir besoin du secours des étrangers, et d'exciter les habi-

tants à élever et à nourrir des bestiaux et des volailles

Le Sieur D'hiribery est toujours en Angleterre qui sollicite la restitution du pillage fait à Canceau en 1718.

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Sa Majesté y fait aussi agir sur ce sujet, mais comme le Don en fut fait avant la réclamation et que le produit fut partagé entre le Capitaine Smart et son équipage, cela rend la restitution extrêmement difficile.

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Ordonnance pour faire servir cinquante Suisses détachez du régiment de Kavrer à l'Isle Royale, et y tenir garnison.

Mai, 12, 1722.

LETTRE DE MONSIEUR DE VAUDRETII, AU GOUVERNEUR SHUTE. À Québec, le 7 juin 1722.

Monsieur,

J'ai reçu les deux lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 14 mars et 3 avril derniers, avec les copies de celles que j'ai écrites le 15 juin et 25 septembre derniers au Père Raslé à Narantsouac, et d’une autre lettre écrite à ce même Père par Monsieur Begon, Intendant en ce pays, le 14 du même mois de juin. Vous me marquez en m'envoyant ces copies que

vous en avez les originaux et que vous les envoyerez au Roi votre maitre.

Je souhaite fort que vous n'ayez pas marqué de les lui adresser, et que

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vous y ayez joint la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire le 22 décembre dernier.

Vous ne vous expliquez pas, Monsieur, sur la voie par laquelle vous avez eu les lettres dont vous m'avez envoyé les copies, parce que vous reconnaissez sans doute que celle qui a servi à vous les faire avoir est tout à fait odieuse. Car je sais qu’elles ont été prises dans la chambre du Père Raslé qui a été pillée par le détachement des troupes que vous avez envoyé l'hiver dernier à Narantsouac avec ordre d'enlever ce missionnaire et de l'emmener à Baston.

Voilà ce qu'on appelle un acte d’hostilité.

L'enlèvement du Sieur de St Castin emmené à Baston où il a été retenu prisonnier pendant 7 mois en est certainement un autre très réel, au lieu que les hostilités que vous prétendez avoir été faites par les Sauvages à Arowsick ne sont qu'imaginaires, puisqu'ils n’y ont fait autre chose que de s’y trouver assez fort pour s'y garantir des surprises des Anglois et d'y avoir par!'é avec beaucoup de fermeté, tant pour ravoir les gens de leur nation que vous retenez prisonniers que pour vous faire connaitre qu'ils sont tous résolus de conserver leurs terres et ne pas souffrir qu'on s'en empare injustement.

Cependant vous avez prétendu suivant votre lettre du 14 mars me faire un crime de cette fermeté des Sauvages, parce que vous avez cru d'abord que je ne voulais pas qu'il parût que je prenais intérèt à ce qui les regarde.

Mais je suis persuadé que vous avez changé de sentiment lorsque vous avez vu dans ma lettre du 22 décembre que je ne vous cachais pas l'"igation où je suis de les soutenir, lorsqu'on les attaquera mal à propos, or, il est certain que les Anglois ont attaqué les Abénakis mal à propos.

1° Par les établissements qu'ils ont faits malgré eux dans leur rivière au dessus des bornes qu'ils leur ont marquées en leur prêtant (c'est le terme dont les Sauvages se servent) les terres du bas de la rivière ;

2° Par la détention des gens de leur nation qui sont encore priscaniers à Baston, quoiqu'ils aient satisfait au dommage qui avoit servi de prétexte aux Anglois pour les forcer à rester en ôtage ;

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Al Î { 3° Par l'enlèvement et l'emprisonnement du Sieur de St Castin, et enfin

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D par le détachement d'officiers et de soldats que vous avez envoyés l'hiver | ni: dernier à Narantsouak pour enlever leur missionnaire. Lequel étant Franhi çois résidant dans ce village par ordre du Roy mon maître et muni d'une patente qui le met sous la protection et sauvegarde de Sa Majesté doit par conséquent être à l'abri d’une pareille insulte.

Ainsi, Monsieur, vous ne devez pas trouver étrange que j'assiste les 1 Sauvages des munitions dont ils peuvent avoir besoin. Je leur en ai donné ‘à en eflet pour les mettre en état d'empêcher qu'on ne continuât de les 4118 molester comme les Anglois l'ont fait jusques à présent contre l’article 15 | du traité d'Utrecht dont vous citez les articles douze et dix-huit, desquels le dernier ne vous est nullement avantageux, et l’autre ne décide rien par 11 rapport aux Abénakis qui ne sont point compris dans la cession marquée 4. dans cet article. Mais je n'ai jamais poussé ces Sauvages à commencer les hostilités contre les Anglois. Car ce n’est pas avoir poussé à en faire que 4 ! | d'avoir conseillé l’année passée ceux de St François et de Bécancourt d’en- ! voyer quelques uns de leurs chefs que leurs frères leur demandoient pour

se trouver avec eux à Arowsick, et les assister dans les affaires qu’ils avaient | à traiter avec les Anglois.

| 0h Je ne les y ai point poussés non plus lorsque m'’assurant qu’ils ne se | ro sont jamais soumis à la domination angloise et qu'ils veulent absolument conserver leur religion et leurs terres, je leur ai conseillé de s'unir tous dans ce même sentiment et de le déclarer avec fermeté aux Anglois, parceque k j'étais persuadé que dès que les Sauvages vous auraient fait connoître leur fl 1: résolution non seulement les Anglois se désisteraient de continuer leurs : établissements, mais abandonneraient aussi tous ceux qu'ils ont déjà faits malgré les Abénakis.

| CA Vous pouvez voir par tout ce détail que ma conduite dans ces affaires bien loin d'être blämable est au contraire fort louable puisque je n’ai cherqu ché en cela qu'à suspendre les effets de la disposition où ils sont de vous 1 faire la guerre, et à vous donner le temps de faire vos réflexions sur les | suites fâcheuses qu’elle aura si elle commence.

nn. Au reste, je n'ai pas dû en user autrement avec des Sauvages qui nous

Sn sont alliés depuis plus de 100 ans, et j'ai rendu compte à la cour dès l’au-

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tomne dernier de tout ce que j'ai fait à cet égard sans craindre d'en être blâmé, parce que je n'ai rien fait par rapport aux Sauvages qu'en conformité des ordres que j'ai.

Je ne répondrai point à tous les arguments par lesquels vous vous eflorcez de prouver que les terres Abénaquises sont du Domaine de la Grande Bretagne, parce que tout ce que nous pourrions écrire sur cela de part et d'autre ne décideroit rien, et qu’il est plus à propos d'attendre que les Rois nos maîtres se soient expliqués là dessus ; mais je vous prie, Monsieur, en attendant cette décision de ne pas souffrir que le Père Raslé soit insulté dans sa mission de Norantsouak qui doit être regardée comme un lieu neutre et indépendant de l’une ou de l’autre couronne, aussi bien que de tous les autres villages Abénaquis qui sont voisins de la mer, jusqu'à ce qu'on ait réglé les limites des terres qui pourront être réputées appartenir à la couronne de France ou à celle d'Angleterre.

Car si on s’avisait de faire une nouvelle tentative pour enlever ce missionnaire, je vous assure que je ne pourrais pas me dispenser d’user de représailles, les lois de votre province ni celles du Parlement de la Grande Bretagne qui défendent aux jésuites ou autres prêtres catholiques romains de prêcher ef même de demeurer en aucun endroit du royaume ne pouvant pas avoir leurs effets à l'égard du Père Raslé qui réside parmi ces Sauvages qui sont libres et qui ne dépendent ni de la couronne d'Angleterre ni de celle de France.

Quand j'ai dit que les Abénakis sont de tout temps sous la protection du Roi de France, c’est-à-dire depuis qu’ils ont connu les François, je n'ai rien avancé à cet égard qui ne soit très certain et dont tout le monde ne convienne ; et quañd je parle des Abénakis je prétend parler de toute la nation Abénakise qui comprend non-seulement ceux de cette nation qui sont établis en Canada sur les terres que je leur ai accordées, mais encore ceux qui sont à Pannaouamské, à Narantsouak et en d’autres lieux de leurs propres terres du côté de la mer.

Je ne m'étonne pas, Monsieur, que vous disiez que c'est la première fois que vous avez oui dire que les François eussent une pareille prétention ; comme il n’y a que peu d'années que vons êtes à Baston, vous avez pu

l'ignorer et avoir été mal informé par votre Conseil s’il vous a dit le contraire.

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