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Il en fut heureusement averti par un de eoux du village. I n'eut que le temps de finir la Sainte Hostie qui était dans le tabernacle, de prendre les vases sacrés et de s'enfuir.
I marcha toute la nuit avec quelques familles de Sauvages qui étaient restées au village, tous les autres étant dispersés à la chasse dans les bois,
et ne put faire qu'environ deux lieues parce que les neiges étoient molles.
Le lendemain matin la cabane était à peine achevée dans le lieu où il s'était arrêté qu'un Kauvage vint avertir que les Anglois étaient arrivés au fort de Narantsouak le soir même qu'ils en étaient sortis, sur ses pistes. Il n'eut pas le loisir de mettre ses raquettes ; il sortit dans le moment et s’alla cacher derrière un arbre. Ces Anglois le cherchèrent longtemps dans la cabane et aux environs, et ne l'ayant pas trouvé ils s'en retournèrent menaçant de revenir le printemps. Is repasserent au village où ils pillèrent l'église et la maison du missionnaire.
Au mois de mai tous les Sauvages du village de Narantsouak étant rassemblés résolurent de se venger de cette insulte. Ils ne voulurent pas néanmoins en venir aux extrémités. [ls se contentèrent de piller quelques maisons, firent 65 prisonniers, hommes, femmes et enfants. Ils en renvoyèrent 60 sans leur avoir fait aucun mauvais traitement et n’en retinrent que cinq, ayant dit à ceux qu'ils renvoyaient d'avertir le Gouverneur de Baston qu'ils les rendraient après qu'il leur auroit envoyé les quatre Sauvages qu'il y retenait.
Les Sauvages n'ayant point eu de réponse de ce Gouverneur firent un deuxième parti, prirent plusieurs autres Anglois et les renvoyèrent encore. Ils se contentèrent de brüler les maisons et de tuer les bestiaux, sommant les Anglois de se retirer de dedans leurs terres.
La nuit après cette expédition les Anglois ayant aperçu du feu sur une grève, envoyèrent une chaloupe bien armée, et personne ne paraissant sur la grève ils débarquèrent et s'étant approché de ce feu, ils y apperçurent des Sauvages endormis sur lesquels ils firent leurs décharges et s'enfuirent.
Ces Sauvages étaient au nombre de seize, Ils avaient marché pendant 24 heures sur les habitations angloises où ils avaient brülé des maisons et tué des bestiaux, et par l'extrême lassitude ils s'étaient arrêtés imprudemment sur cette grève et y avaient fait du feu. Quoiqu'ils eussent été avertis d'être
sur leur garde, il y en eu cinq de tués et 2 de blessés, Un de ces Sauvages blessé d'un coup de fusil dont la bourre Jui était entrée dans le ventre vengea sa mort en tuant d'un coup de hache un Anglois qu'il avait fait prisonnier.
Les Sauvages de Narantsouak ayant appris cette action, envoyèrent un député aux Sauvages domicilis en Canada pour les inviter à venir les secourir.
Il représenta au Nieur de Vaudreuil que la soumission à ce qu'il souhaite d'eux est la seule raison qui les a empêché de tuer les Anglois ;
mais que puisqu'ils abusaient de leurs ménagements, ils allaient leur faire une guerre ouverte.
Les Abénakis de Bécancourt et de Saint François et les Iurons de Lorette touchés du sang de leurs alliés qu'on venaient de répandre se donnèrent rendez-vous à Naranisouak où ils se sont trouvés le mois passé au nombre de 160 hommes.
IS avaient dessein de se répandre par petits pelotons le long de la côte vè ils auraient fait bien du ravage. Ils ne l'ont pas fait pour ne pas déplaire à Monsieur de Vaudreuil qui leur avait défendu d'aller en guerre ailleurs que dans la rivière de Narantsouak. Ils ont brülé trois forts abandonnés et brüulé 40 maisons.
Is ont harcellé les garnisons de deux forts où s'étaient retirées celles des trois forts abandonnés.
Is ont tué et levé la chevelure à deux Anglois : ils ont eu huit des leurs blessés,
[Is sont ensuite retournés à Narantsouak d'où ceux de Bécancourt, Naint François et de Lorette se sont rendus ici avec leurs familles pour y passer l'hiver, à l'exception de 15 ou 20 qui restèrent aux environs du
village avec leur missionnaire pour ne pas abandonner ce pays aux Anglois.
Is ont envoyé ici un canot qui est arrivé le 10 de ce mois pour savoir
du Sieur de Vaudreuil s'il leur donnera des François pour les aider à se soutenir contre les Anglois. Le Kieur de Vaudreuil leur a dit de ne pas se presser de quitter leurs pays, qu'il envoye le Père Loyard en France pour ménager leurs intérêts auprès de Sa Majesté.
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Des Sauvages ont rapporté ici que ceux de Pennaouamské tiennent bloqué le fort sur la rivière Naint George. On ne peut pas compter sur ce qu'ils disent, S'il en vient des nouvelles certaines nous en rendrons compte.
Ce fort qui est construit au Nc-d-Est de la Rivière Saint George l'a été depuis quelques années par les Anglois. Ce qui est une infraction au traité de paix; parce que si les limites réglées par les commissaires en 1700 subsistent, il ne leur est pas permis de faire un fort sur les terres de cette colonie, et que s'ils prétendent s'étendre sur ces terres en conséquence du traité d'Utrecht, il ne doit êtie entrepris de part ni d'autre que les prétentions réciproques n'ayant été réglées par de nouveaux commissaires.
Le Père Loyard qui est depuis longtemps missionnaire à la Rivière Saint Jean a fait un mémoire d£puis son retour ici pour établir les limites qu'on pourrait leur proposer.
Les raisons sur lesquels il se fonde nous paroissent bonnes, 11 pourrait
lui même les expliquer si le Conseil le juge à propos.
LETTRE DE MONSIEUR DE VAUDREUIL AU CONSEIL DE LA MARINE. À Québee, le 22 octobre 1722.
snssesesessee cosssssssssssssss L@ Sieur de St Castin a été 7 mois en prison à Baston. Il en est sorti avant que les Sauvages Abénakis aient pu faire aucun mouvement pour sa délivrance, Je crois qu'elle lui a été procurée par ma lettre écrite au Gouverneur, le 22 décembre 1721, en réponse de celle que j'avois reçu de lui du 22 septembre. -J'envoie ci-joint la copie de ces deux lettres avec celles des deux autres lettres de ce gouverneur, des 14 mars et 3 avril derniers, et de la réponse que j'ai faite le... juin. Il m'impute par la dernière d'avoir excité les Sauvages à insulter les Anglois,
ct cependant les Sauvages se plaignent de leur côté que si je ne les avais
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pas retenus et que je leur eusse laissé la liberté d'agir contre les Anglois de la manière qu'ils le souhaitaient ils ne se verraient pas réduits comme ils le sont à ne pouvoir pas conserver leurs terres.
En effet, je leur ai toujours recommandé jusques à l'automne de l’année dernière de ne point faire la guerre aux Anglois, à moins que ceux-ci ne les attaquassent les premiers, et même j'ai empêché cette année que ceux de St François qui avaient projeté d'aller ravager un village de la Nouvelle Angleterre n'aient exécuté leur dessein, leur ayant déclaré pour les en détourner que je ne souffrirais pas qu'ils allassent ailleurs qu'à Narantsouak pour donner du secours à leurs frères de ce village et conserver la terre qui
leur était commune,
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VAUDREUIL
LETTRE DE MONSIEUR DE VAUDREUIT AU GOUVERNEUR DE BASTON. À Québec, le 2 octobre, 1723.
Monsieur,
Je ne sais ce que vous pensez présentement de la guerre des Abénakis que vous vous êtes attiré en vous emparant contre toutes sortes de droits de leurs terres. Vous voyez Monsieur, qu'il n'est pas aussi facile que vous l'aviez cru d'abord de réduire ces Sauvages. Je puis même vous assurer que vous y trouverez plus de difficulté dans la suite que jamais. Caroutre qu'ils sont dans la résolution de défendre leur pays tant qu'il restera un de leurs gens, et de n'eutendre aucun accommodement que vous n'aban-
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