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donniez entièrement toutes leurs rivières et que toutes choses ne soient sur le même pied où elles étaient avant le traité d'Utrecht tous les Sauvages des autres nations à qui ils ont raconté les mauvais traitements qu'ils ont reçu vous ont levé la hache pour leur secours, et sont prêts de frapper de tous côtés pour venger les Abénakis, leurs terres ou leurs amis et les délivrer du joug de l'oppression où vous voulez les réduire.
N'ont-ils pas en effet raison ? Quel nouveau droit avez-vous acquis sur les Abé£nakis et sur leurs terres ? Je n’en sache aucun.
Le traité d'Utrecht vous cède l'Acadie conformément à ses anciennes limites. Les terres abénakises y sont-elles comprises ? Ni cela est, pourquoi le mème traité ajoute-t-il, article 15, qu'on nommera de part et d'autre des commissaires pour règler les limites entre les deux couronnes, et déterminer les Sauvages qui sont sujets ou amis de l’une ou de l’autre.
N'’est-il pas évident que vos prétentions rendent tout à fait inutile un si sage règlement qui ne peut tomber que sur les Abénakis et leurs terres ? Cependant, Monsieur, sans qu'il y ait eu encore des commissaires nommés pour rien décider là dessus vous vous êtes mis par voie de fait en possession de ces terres, et vous avez traité, dans les lettres même que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, les Sauvages que les habitants de sujets rebelles quoi que vous ne dussiez point ignorer l'alliance étroite qui était entre nous et eux de tous temps.
Je vous laisse à juger, Monsieur, qui, de vous ou de moi s'est mieux conformé à cet autre règlement du même traité qui porte que les habitants du Canada et autres sujets de Na Majesté ne molesteront point les cinq nations des Indiens soumis à la Grande Bretagne ni les autre nations amies de cette couronne ;
Pareillement que les sujets de la Grande Bretagne se comporteront pacifiquement envers les Américains sujets ou amis de la France.
Vous ne pouvez pas ignorer, Monsieur, que dans plusieurs lettres que j'ai eu l'honneur de vous écrire je vous ai fait pressentir les suites fàcheuses qu'auraient infailliblement les mauvaises manières que vous avez à l'égard des Sauvages nos alliés.
Je vous en ai même fait responsable
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Je vous l'avoue, Monsieur, ce serait pour moi un véritable chagrin de voir que la grande union qui est entre mon Roi et le vôtre puisse être alterée à l’occasion d’un droit prétendu qui vous fait saisir des terres qui ont de tout temps appartenn à nos alliés. Car enfin, je ne pourrai m'empêcher d'entrer tôt ou tard dans leur querellé.
Ne vaudrait-il pas mieux, Monsieur, en attendant que des commissaires nommés pour cela, ainsi qu'il est dit expressément dans le traité d'Utrecht aient réglé toutes choses à l'amiable, laisser jouir tranquillement les Saurages des terres dont ils sont de tout temps en possession et rétablir par là dans ce pays la paix que nous voyons continuer avec plaisir dans toute l'Europe.
Le Nieur de la Ronde, officier du Roi, et homme de considération, qui aura l'honneur de vous rendre cette lettre, en attendra votre réponse.
J'ai l'honneur d'être parfaitement, Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur.
LETTRE DE MONSIEUR VAUDREUIL AU MINISTRE
À Québec, le 6 octobre 1728.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de vous envoyer copie de la lettre que j'ai écrite au gouverneur de Baston. Je souhaite qu'elle soit conforme à vos intentions.
Les Iroquois du Saut Saint-Louis et des deux Montagnes se préparaient pour les aller soutenir, lorsqu'un Sauvage arrivé depuis quelques jours d'Orange alla les trouver pour leur représenter le tort qu'ils avaient d'entrer dans la guerre des Abénakis contre les Anglois. Que les Iroquois, ayant
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mn 09 deputé plusieurs des leurs et leur offrant leur médiation entre les Abénakis et eux, désapprouveroient entièrement cette guerre.
Ce Sauvage leur donna un collier par lequel il les priait de n'y point penser. La démarche de ce Sauvage à laquelle Monsieur de Ramesay donné lieu par ses discours fera bientôt connaitre aux Anglois que je fais seul agir nos sauvages alliés en les sollicitant d'épouser la querelle des Abénakis, quoique je prenne les plus justes mesures pour leur en dérober la connaissance.
Cette conduite si contraire aux intentions de Sa Majesté ne peut produire qu'un très mauvais effet dans l'esprit des uns et des autres. Et si ces Sauvages qui sont partis dans une ferme résolution d'entrer dans les intérêts de cette nation venaient se relâcher, ce que je ne crains cependant point, on ne pourrait en imputer la faute qu'à Monsieur de Ramesay qui, par ses terreurs paniques appréhende que les Iroquois ne prennent les armes en faveur des Anglois contre les Abénaquis et qu'ils s'arment contre nous.
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L'intention de Sa Majesté étant que je maintienne autant qu'il dépendra de moi la nation abénaquise dans la possession de ses terres dont les Anglois s'emparent contre toutes sortes de droits, je me suis informé, Monseigneur et ai mis en usage les moyens les plus doux pour parvenir à l'y malutenir. Je ne Jui ai néanmoins donné aucun secours d'hommes ni opposé aucune force pour les empêcher d'y augmenter leurs établissements. Je me trouverai obligé, si le dit Nieur de Ramesay continue ses mauvaises pratiques pour détourner les Iroquois d'entrer dans la juste querelle des Abénakis, de vous supplier de lui mander que s’il n’exéeute pas bien mes ordres, que vous m'ordonnerez de l'envoyer rendre compte de ses actions.
Je renouvellerai mes intentions sur les démarches des Anglois ; et j'ose encore vous assurer, Monseigneur, malgré tout ce qu’on pourra vous mander sur ce sujet, que l’Iroquois ne fera aucune entreprise qui puisse nous être désarantageuse.
Le Sieur de la Chaningery, qui passe cette année, vous informera, Monseigneur, de ce qui s'est passé entre Monsieur de Ramesay et moi.
C'est un bon oflicier ; il en a donné des marques en plusieurs occasions
et mérite que vous ayez la bonté de faire quelques attentions à ses services. J'ai l'honneur d'être très respe-tueusement, Monseigneur,
Votre très humble et très obtissant serviteur.