DECISION DES MINISTRES SUR LE RAPPORT DE CANADA DU 14 OCTOBRE
Versailles, le 18 janvier, 1724.
Il parait convenir d'ordonner à Monsieur de Vaudreuil la même chose que l'année dernière. Les François ne doivent pas paraitre entrer dans cette guerre ; mais ils doivent sous mains inspirer aux autres nations d'aider l'Abénakis, en leur faisant connaître que l'idée de l'Anglois est de se rendre maitres de tout le continent ; que ne pouvant faire la guerre aujour-
d'hui aux François, parce qu'il y a paix en Europe, il attaque leurs alliés et
cherche à envahir les terres et à les détruire ; que son intention est d'en faire autant aux autres qui sont proches de lui : qu’en s'emparant de toutes
les côtes, ils veulent empêcher la navigation des François et par là les chasser du continent ; qu'en ce temps les trouvant seuls, ils rendront esclaves
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toutes les nations, ne leur donneront plus ni poudre, ni balles, ni fusils ;
qu'il ne sera plus temps de voir qu'on a été trompé, et qu'ils doivent prendre des mesures de bonne heure.
Il faut faire sentir la chose aux Iroquois qui sont plus capables de l'entendre qu'aucuns sauvages et leur faire remarquer que si les Anglois veulent s'allier avec les Outaouais, c'est pour trouver chez eux des secours pour les réduire quand ils auront chassé les François, leur faire remarquer le nombre de peuple qu'il y a dans toutes les colonies angloises, et le peu que les François sont ; et que c’est cependant ces François qui les tiennent en liberté.