MEMOIRE SUR LES SAUVAGES ABENAKIS
Depuis la mort du Père Raslé, missionnaire de cette nation à Narantsouak, massacré par les Anglois, on avait suspendu de le remplacer dans la crainte que les Sauvages de cette nation qui sont depuis plusieurs années domiciliés en Canada n’abandonnassent pour se retirer parmi leurs frères de cette mission.
Messieurs de Beauharnois et Hocquart marquent que ceux de Narantsouak ont fait cinq voyages à Québec pour avoir un missionnaire, et sur ce qu'ils ont vivement représenté que si on leur refusait, c'était exposer la plupart à perdre leur religion, ils leur ont donné le Père Sirenne, Jésuite, qu'ils souhaitaient, après avoir pris de justes mesures pour retenir les Abénakis domiciliés qui ne leur ont pas paru dans les sentiments d'aller habiter leur ancien pays ; si dans la suite ils prenaient ce parii, on rappel lera le missionnaire qui les obligera de revenir.
Les Anglois continuent de mettre tout en œuvre pour engager toute la nation abénaquise à leur vendre ou céder leurs terres. Ces Sauvages paraissent dans les sentiments de n'accepter aucune des propositions des Anglois ; mais il est à craindre qu’ils ne les gagnent par présens et par promesses qu'ils ne leur tiendront pas.
C’est ce que Monsieur de Beauharnois leur a fait entendre et que leurs missionnaires leur répètent tous les jours. Il faut espérer que la religion à laquelle ils sont fort attachés les maintiendra dans nos intérêts. Ilya encore à craindre que les Anglois ne les soumettent par la force.
Nora DU MINISTRE :—Il parait convenir d'approuver l'envoi du missionnaire à Narautsouak, et recommande au surplus à Monsieur de Beauharnois de rendre autant qu'il pourra des Anglois inutiles (?)
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