MEMOIRE DU ROI AUX SIEURS MARQUIS DE BEAUHARNOIS ET HOCQUART
Marly, le 8 mai 1731.
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Sa Majesté a appris avec plaisir que le commerce avec l'Isle Royale se soit fait librement l’année dernière. Elle est persuadée que par les facilités que les Sieurs de Beauharnois et Hocquart auront soin de donner à ce commerce, la dite Colonie de l'Isle Royale recerra de Canada les secours nécessaires, sans être forcée de les en tirer de la Nouvelle Angleterre.
À l'égard du commerce entre le Canada et la Nouvelle Angleterre, les Sieurs Marquis de Beauharnoïis et Hocquart savent combien il est important de l'empêcher absolument, et de tenir pour cet effet sévèrement la main à l'exécution des lettres patentes en forme d'Edit du mois d'octobre 1727. Sa Majesté est satisfaite de l'application qu'ils apportent à “et égard, et elle est persuadée qu'ils ne se relàcheront point sur un objet si important pour le maintien de la colonie.
Elle a été bien aise d'apprendre qu'il soit parti, l’année dernière, du Canada pour les isles plusieurs bâtiments chargés de bois de toute espèce, et elle a été encore plus satisfaite d'apprendre que les négociants du Canada commencent enfin à sentir les avantages qu'il y aurait d2 transporter aux Isles des chevaux et des bestiaux, et que dans la vu: de ce commerce, ils aient fait construire deux vaisseaux de 200 tonneaux chacun. Il y a lieu de croire que les profits qu'ils feront, engageront les autres négociants à suivre leur exemple, et qu’on parviendra enfin à établir ce commerce qui est si fort à souhaiter pour les avantages réciproques que le Canada et les Isles en retireront. Les Sieurs de Beauharnoïis et Hocquart ne sauraient avoir trop l'attention à y apporter toutes les facilités qui pourront dépendre d'eux.
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Sa Majesté a approuvé que les Sieurs de B'auharnois et Iocquart aient envoyé un missionnaire aux Abénaquis de Narantsouak puisqu'ils l'ont jugé nécessaire ; mais elle leur recommande d'être continuellement attentifs sur les démarches des Abénaquis domiciliés et de prendre de justes mesures pour les retenir et les empêcher d'aller habiter leur ancien village. S'ils prenaient le parti de suivre ceux de Narantsouak, les Sieurs de Boeauharnoiïs et Hocquart auront soin de rappeler le missionnaire pour les engager à revenir.
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Louis PHELIPPEAUX.
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LETTRE DE MONSIEUR DE BEAUHARNOIS AU MINISTRE. À Québec, le 7 octobre, 1781.
Monseigneur,
Vous me faites l'honneur de me marquer, par votre lettre du 24 avril dernier, que Sa Majesté continue d'être satisfaite de mon application de maintenir les Abénakis dans les intérêts des François et à rendre les vues des Anglois inutiles. Sa Majesté peut être assurée d: toute mon attention à cet égard et des masures que je prendrai toujours pour rompre le dessein qu'ils ont formé de s'emparer des terres des Sauvages qui me paraissent de leur côté persister dans les sentiments de ne leur point vendre ni céder, Je les entretiens toujours dans ces dispositions en leur faisant sentir le danger où ils s'exposeraient, et ce que je leur dis là-dessus est souvent répété par leur missionnaire qui y joint comme moi le motif de la religion à laquelle ces Sauvages paraissent attachés.
Il est à souhaiter au surplus qu'ils ne se laissent point corrompre et qu'ils effectuent les promesses qu'ils m'ont fait à ce sujet.
J'avois pensé, comme vous, Monseigneur, sur le rapport que le sieur de St Castin m'a fait, touchant les tentatives et les démarches des Anglois ; mais l’on ne peut cependant disconvenir du principe. Les vues qu'ils ont de s’insinuer dans la colonie leur font tenter toutes sortes de voies pour y parvenir, celle de gagner des Sat.vages par des présents leur aurait été moins difficile à combattre, et l'aurait été en effet moins, si je ne les avais rendus aussi fervents dans leurs résolutions qu'ils me le paraissent.
Mais quoique mes inquiétudes soient relevés de ce côté là, la supériorité des Anglois et les établissements considérables qu'ils font à la proximité du terrain des Sauvages, me fait craindre qu'ils ne parviennent à s’en rendre maitres par la force, ce qui aurait assez de rapport, à ce que n'a dit le sieur de St Castin qui n’est point venu cette année.
LETTRE DE MESSIEURS DE BEAUHARNOIS ET HOCQUART AU MINISTRE
À Québec, le 15 octobre.
Monseigneur,
Le Sieur Abel Olivier, bon catholique, né à Baston, établi à Québec depuis dix-neuf ans, et marié depuis dix, demande des lettres de naturalité. C’est un bon sujet, fort attaché à la religion et à la France, et qui ne s'est jamais démenti de ces principes depuis qu'il est en Canada.
Et !
He |!
Nous vous supplions, Monseigneur, de vouloir bien accorder à cet étranger les lettres de naturalité qu'il demande.
Nous sommes, avec un très profond respet
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Vos très humbles et très obéissants serviteurs. BEAUHARNOIS,