‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 86 sur 206 · RAPPORT DE MESSIEURS DE BEAUHARNOIS ET HOCQUART · texte numérisé non relu

RAPPORT DE MESSIEURS DE BEAUHARNOIS ET HOCQUART

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Les sieurs de St-Castin et leurs parents Sauvages ont encore cette année porté quelques plaintes assez graves contre le jésuite missionnaire de Panaouamské.

Ce religieux est un homme de fort bonnes mœurs et fort zelé, et le

sieur de St-Castin et les autres tombent assez souvent, par rapport à la religion, dans des fautes contre lesquelles le missionnaire s'élève.

Monsieur de Beauharnois leur a écrit de manière à faire espérer qu'ils se corrigeront.

Il leur a ordonné de se rendre toutes les années à Québec, ou du moins l'un d'eux, pour lui rendre compte de tout ce qui se passera dans leur quartier et il les mettra en règle.

Nous avons jugé à propos d'envoyer le dit missionnaire à Médoctek, en attendant que celui qui y était apprit la langue avec le missionnaire de Narantsouak.

Les gens de Pannaouamské qui ont senti leur faute ont redemandé leur missionnaire avec instance. Nous leur avons dit qu'ils étaient toujours à portée de lui aller demander les secours spirituels dont ils auraient besoin.

Cette conduite de notre part ne peut faire qu'un bon effet dans l'esprit des Sauvages. Nous avons assez prévenu le missionnaire de les traiter avec bonté quand il sera de retour de Pannaouamské.

Cela convient par la confiance que les Sauvages du village ont en eux et pour l'attachement qu'ils ont pour les François.

LETTRE DE MONSIEUR DE BEAUHARNOIS AU MINISTRE

À Québec, le 15 octobre, 1732.

Monseigneur,

Vous me faites l'honneur de me marquer, par votre lettre du 22 avril dernier, que Sa Majesté, en continuant d’être satisfaite des soins que je me donne pour ménager les esprits des Abénakis, me recommande de ne point relacher sur ce sujet.

Sa Majesté peut être assurée que je ne le perdrai point de vue, et de l'opposition que j'apporterai toujours aux tentatives des Anglois; j'ai connu depuis que je suis en cette colonie le desir qu'ils ont de s'y insinuer ; les moyens dont ils se servent tous les jours en sont des témoignages, mais il

faut espérer que l'attention que j'apporte à les détourner des pièges que les Anglois leur tendent, augmentera la résolution que les Sauvages font paraître de s'attacher de plus en plus aux François et de rejeter les propositions des Anglois.

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J'ai l'honneur d’être, avec un très profond respect,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

BEAUHARNOIS

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