RAPPORT DE MESSIEURS DE BEAUHARNOIS ET HOCQUART
Québec, le 5 octobre, 1734.
Nous avons reçu la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous
écrire, le 13 avril dernier. Le Sieur de St-Castin le cadet s'est rendu à Qué-
bec cet été avec 833 Sauvages du village de Panaouamské et nous avons lieu
d'être satisfait de sa conduite du moins pour ce qui a raport au service du
Roi, ainsi que des autres Sauvages de cette mission, d’ailleurs il a paru fort
docile aux avertissements que Monsieur de Beauharnoiïs lui a donné au sujet
de la passion qu'il a pour le vin et les liqueurs enivrantes. 4
Mais on ne peut point compter sur sa modération sur cet article. Le Sieur de St-Castin son frèr: ainé qui est resté au village est plus reglé et
nous n'avons que de bons témoignages à vous rendre de la manière dont il
se comporte
MEMOIRE DE MESSIEURS DE BEAUHARNOIS ET HOCQUART AU ROT
Québec, le 26 décembre, 1734
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Il n’est point revenu aux Nieurs de Beauharnois et Hocquart que les
Abénakis de St-François aient persisté dans l'envie qu'ils avaient fait pa-
raitre d'aller s'établir à Narantsouak ; il faut néantmoins veiller à leurs LS
démarches, et si ces Sauvages prenaient le parti d'y aller, ls Sieurs de w
Beauharnoïis ct Hocquart rappelleraient le missionnaire qui y est.
Le Sieur de Beauharnoïis à vu dans ce qui est fait aussi beau et utile qu'il est solide ; nous en joignons le plan.
Les Sieurs de Beauharnoiïs et Hocquart ont informé les Nieurs de Saint- Ovide et le Normand de la situation où l’on était en Canada par rapport au blé, et qu'autant il seroit en eux ils leur procureraient tous les secours possibles.
S'il vient des bâtiments de l'Isle Royale, dans le mois de septembre ou octobre, nous leur donnerons tous les secours d'autorité dont ils auront besoin pour avoir des farines nouvelles, les Sieurs de St-Ovide et le Nor-
mand en ont été prévenus.
Treize bâtiments sont partis de Québec cette année pour aller faire la pêche au bas du fleuve St-Laurent ; douze pour l'isle Royale et l'isle St-Jean, où ils ont porté des farines et biscuits, mais en petite quantité, des planches et autres bois, ot quelques bestiaux.
Il n’en est parti que six pour l'Amérique chargés de bois de toute espèce, quelques fleurs de farine, pois, morue sèche, et hu'le de poisson. Nous avons tout lieu d'espérer que la dernière recolte ayant été abondante malgré
les pluies presque continuelles, le commerce de cette colonie augmentera
considérablement l'année prochaine et dédomagera du peu qui s'en est fait
cette année.
Nous n'avons pas encore déterminé les armateurs du Canada à entamer
le commerce des chevaux pour les isles.
La petitesse des bâtiments de ce pays ; l'étendue que chaque cheval y occupe avec le fourrage et l’eau que leur seraient nécessaires pendant une traversée de deux mois, seront un grand obstacie au commerce sans parler des risques de la vie auxquels les chevaux sont exposés à la mer dans un bâtiment où ils sent placés peu commodément et nécessairement mal soignés et debout.
Les chevaux de service coûtent à Québec 100 à 150 f. La place qu'un seul occuperait avec les fourrages et l’eau nécessaires peut être estimée à deux ou trois tonneaux d’encombrement au moins, à raison de 100 f. pour chaque tonneau, ce qui viendrait en total à 300 ou 400 f,, de manière qu'il faudrait
que ces chevaux pussent être vendus aux Isles à 500 ou 600 F