‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 96 sur 206 · MEMOIRE DES SIEURS BEAUHARNOIS ET HOCQUART AU ROI · texte numérisé non relu

MEMOIRE DES SIEURS BEAUHARNOIS ET HOCQUART AU ROI

À Québec, octobre, le 13.

Le KSieur de St-Castin l’ainée est venu cet été avec plusieurs chefs Abénakis pour informer Monsieur de Beauharnoiïis de ce qui se passait chez eux. Ils lui ont dit que les Anglois continuaient leurs sollicitations pour les corrompre ; qu'ils avaient donné des commissions avec des présents considérables à plusieurs de leurs chefs, mais que l'acceptation qu'ils en avaient faites ne devait point faire soupçonner leur fidélité, qu'ils recevraient de l'Anglois tout ce qu'il voudrait leur donner tant que les François seraient en paix avec Jui, mais qu'en cas de rupture, ils n'abandonneraient le parti de la France.

Un

Le Sieur de St-Castin a ajouté que ces Sauvages lui avaient assuré en

particulier qu'ils n'avaient accepté les commissions des Anglois que pour

les grands présents qui les accompagnaient, et qu'ils comptaient n'en faire

aucun usage.

PE PAR LUE à CNE

Il est venu cet automne d'autres chefs Pana8amské avec leur missionnaire qui ont paru désapprouver la conduite de ceux qui ont reçu ces

commissions.

Monsieur de Beauharnois avait déjà enjoint à ceux qui étaient descendus J’eté de les rendre aux Anglois. Ils n'avoient point marqué beaucoup de répugnance à cet égard, et ils pourront bien les déterminer à les rendre, surtout après que Monsieur de Beauharnoïis leur fera dire par les chefs qui sont descendus l'automne, par leur missionnaire, et par le Sieur de Nt-Castin.

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LETTRE DE MONSIEUR DE BEAUHARNOIS AU MINISTRE

Québec, le 12 octobre 1735.

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Monseigneur,

Vous verrez par les paroles ci-jointes que j'ai fait faire le voyage de Dierfield par gens aflidés et celui d'Orange aussi ; et les discours que je leur ai fait tenir en réponse d’un collier sous terre que ceux de Dierlield avaient envoyé cet hiver à nos chef du Sault, ce qui ne les a pas peu étonné. Il y a lieu de penser que les Anglois et Flamands ne s'aviseront

pas de faire le moindre établissement à la Rivière à la Loutre où j'ai fait veiller tout l'été; les derniers que j'ai envoyés ne sont de retour que depuis

peu. Je prendrai les mêmes précautions le printemps prochain. Je suis avec un très profond respect, Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur,

BEAUHARNOIS

PAROLES QU'ENTASOGO ET QUELQUES AUTRES IROQUOIS DU SAULT SAINT- LOUIS SONT ALLEZ PORTER CHEZ LES ANGLOIS A DIERFIELD DE LA PART DU VILLAGE DU SAULT SAINT-LOUIS,

Mes frères,

Il court un bruit dans mon village que je n'entens pas avec plaisir, et de la vérité duquel je viens ici exprès pour être informé, peut-être est-ce le

mauvais esprit ennemi de la tranquillité des hommes et du repos dont nous

jouissons sur nos nattes qui sème ces mauvaises nouvelles, et qui voudrait

par là brouiller la terre.

Ecoutez, mes frères, je vais vous parler plus clairement, et vous dire ce

qui m'amène aujourd'hui chez vous.

J'ai donc appris dans mon village que toi. mon frère l'Anglois te prépaparais à faire un établissement et un fort dans la Rivière à la Loutre sur mes terres, sur celle de mon Père Onnontingo (Le Roi) à cinq lieues de la Pointe à la Chevelure.

Tu ne saurais faire cela sans te rendre coupable de ce que chacun de nous doit craindre, c'est-à-dire sans ébranler l'arbre de paix qui a été planté

dans tout ce pays-ci. Tu sais, mon frère, qu'il a été conclu que si quelqu'un

était assez téméraire pour vouloir en couper la moindre des racines, tous les autres se réuniraient ensemble contre lui pour le ranger à son devoir.

On t'accuse donc d'être le premier qui pense à rompre ce traité fait à la face de toutes les nations, et que la première mauvaise demande que tu veux faire est de construire un fort sur une terre qui ne t’appartient pas, et sur une rivière où je vais chasser tous les ans.

Mon frère, j'ai l'esprit et le cœur bien fait. Je n'aime pas le bruit, je suis charmé de la paix dont nous jouissons depuis longtemps et je crains de la voir finir.

C’est pour cela que je te prie d'abandonner incessamment le dessein qu'on dit que tu as formé, supposé que tu l'aie effectivement résolu.

La première nouvelle que j'en ai reçue m'a fait promptement lever de dessus ma natte pour te venir déclarer que je ne souffrirais jamais une telle entreprise.

Je n’attendrai pas que le François, mon père, parte pour venir arrêter ta témérité, d'abord que j'aurai appris que tu travailles et que tu bâtis je viendrai avee tous mes gens détruire tout ton ouvrage. Je t'en avertis sérieusement.

Ainsi prends garde à ce que tu feras si tu ne veux pas que nos haches soient ensanglantées. Travaille au contraire avec nous aux bonnes affaires ; et si tu as chez toi quelques gens remuants et trop inquiets, donne leur de l'esprit tandis qu'il est encore temps.

Voilà, mon frère, ma parole et celle de tout mon village.

Voilà ce que j'avais à te dire chez toi.

tEPONSE DES ANGLOIS AUX SAUVAGES DU SAULT ST-LOUIS,

Nous vous remercions, mes frères, du dessein que vous avez pris d’entretenir la paix et l'union entre vous et nous, et d2: la parole que vous

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