‹ Collection de mémoires et de relations sur l'histoire ancienne du Canada, d'après des manuscrits récemment obtenus des archives et bureaux publics en FranceChapitre 23 sur 45 · TROISIEME QUESTION · texte numérisé non relu

TROISIEME QUESTION

Pourquoi a-t-on laissé l'ennemi occuper les hauieurs du Sault Montmorency ?

Ce fut le 9 Juillet que des Berges Angloises, soutenues de Frégates, allèrent débarquer au-delà du Sault. On étoit persuadé que dans ce chenail du nord aucun gros vaisseau n'y auroit jamais pu aller. Quelques Canadiens et Sauvages fusillèrent l'ennemi ; on leur tua 140 hommes, nous en perdîmes 8; les autres regagnèrent le Sault pour rejoindre un corps de 7 à 800 hommes. On ignoroit le nombre des ennemis qui augmentoit tous les jours. On pouvoit penser que c'étoit une feinte pour nous engager à aller sur les hauteurs, et que pendant ce temps-là l'ennemi tomberoit tout à coup sur nos retranchemens de Beauport. On vit assez tranquillement l'ennemi monter les hauteurs du Sault de Montmorency. Je suis assuré que M. de Vaudreuil, de concert avec M. l'Intendant, vouloit attaquer la nuit même ; mais on assembla un conseil de guerre, où il fut décidé qu'on ne pouvoit faire cette entreprise. C'est •un fait dont je suis assuré. \l. de Montcalm avoit sans doute des raisons ; et en effet, la position de l'ennemi étoit avantageuse, et il s'établit dans la nuit, et même plaça une batterie ; il forma dans la suite un camp très considérable ; alors, nulle apparence d'aller attaquer ; on se contenta d'envoyer quelques petits partis qui, une fois, pensèrent engager une action générale.

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