Une écaille de l’involucre, vue du côté extérieur
PI. VII. WOLLASTONIA. DC. Prod. v.p. 546.
Wollaston a été , comme le savent tous les amis des sciences , l’un des chimistes les plus remarquables par l’exactitude de ses travaux , la variété et la profondeur de ses connaissances. En lui dédiant le genre que j’ai établi , d’abord dans une lettre à M. Decaisne ÇNow. Ann. mus. Par. 5. p. 4'4- )» puis dans le volume V du Prodromus , je suis assuré d’avoir eu l’approbation de tous ceux qui ont apprécié ses travaux, et j’éprouve un sentiment qui , quoique pénible , ne laisse pas d’avoir quelque douceur , celui de rendre cet hommage à un homme dont l’aimable et honorable caractère n’était pas moins distingué que son talent.
Le genre TV oïlastonia appartient à la tribu des Sénécionidées , à la soustribu des Hélianthées et à la division des Héllopsidées , où il se place, non loin des PVedelîa , avec lesquels ses espèces ont été souvent confondues. Ses capitules sont multiflores , radiés , hétérogames ; les Heurs , sur un seul rang, llgulées; celles du disque hermaphrodites, tubuleuses, à 5 dents. L’involucre est à 2 ou 3 séries d’écailles, les extérieures un peu foliacées , les intérieures membraneuses. Le réceptacle est garni de paillettes. La corolle est caduque , articulée sur l’ovaire ; les anthères dépourvues de queue ; les branches du style surmontées d’un cône aigu et hérissé de poils. Les fruits sont épais, presque charnus, obovés, tronqués, et même un peu ombiliqués au sommet ; tantôt dépourvus d’aigrette ; tantôt surmontés de 1 à 5 soies roldes, grêles et caduques; tantôt enfin, comme dans l’espèce ici figurée, surmontés dans leur jeunesse par la base du style, plus ou moins persistante.
Les vrais TV oïlastonia sont originaires de l’Inde continentale , de l’Archipel Indien , des Moluques , de l’Australasie , et sont tous radiés. J’y al réuni, comme seconde section, quelques espèces flosculeuses de l’Amérique, qui en seront peut-être un jour génériquement séparées. Les vraies
espèces , connues maintenant au nombre de 1 5, sont des herbes ou des sousarbrisseaux à feuilles opposées et à fleurs jaunes pédicellées.
Le TVollastonia glabrata, figuré comme exemple du genre, est une herbe à tige glabre, cylindrique, striée, longue d’un pied et plus. Les feuilles ont des pétioles assez longs, un limbe ovale acuminé au sommet, un peu aminci en pointe à la base, bordé de dents rares et un peu calleuses sur les bords ; leur face supérieure est ponctuée de petits points qui sont la base de très petits poils, et rappellent un peu les petites taches blanches de certaines Borraginées ; la face inférieure offre bien les mêmes petits poils, mais leur base se forme de taches faïencées ; les nervures sont tripllnerves , c’està-dire qu’il en part deux assez prononcées de la côte moyenne, un peu audessus de la base.
Les capitules sont portés sur des pédlcelles nus , qui naissent ou des bifurcations des rameaux , ou de leurs sommités quand les bourgeons axillaires ne se développent pas. Leurs caractères rentrent si exactement dans les caractères génériques cités plus haut , que je crois inutile de les décrire en détail. Je dirai seulement que l’achène est un peu pubescent au sommet , et plus ombiliqué que la figure ne l’indique j la base persistante du style tombe souvent , de sorte que le capitule en fruit présente un mélange d’achènes , avec et sans style.
Explication de la Planche VII.
A. Un rameau, ou partie supérieure de la tige, de grandeur naturelle.
1. Une fleur du rayon grossie, ainsi que les figures suivantes.