L’aigrette grossie
PI. XL AUCHERA. DC. Prod. vi. p. 55y.
M. Aucher-Eloy s’est consacré, depuis plusieurs années, à l’exploration détaillée de la botanique de l’Orient. Il parcourt chaque année, sans le secours d’aucun gouvernement, un espace méthodiquement déterminé, depuis l’Egypte jusqu’à la Perse; il expose sa vie et sa santé dans des pays où la sûreté des voyageurs isolés est souvent compromise, et il a enrichi les
Além . IX
API^Ol AXIS leontodoiitoidos.
COMPOSÉES, Si
herbiers européens d’un grand nombre d’objets, ou inconnus, ou , ce qui est au moins aussi précieux, incomplètement connus. Cette vaste région orientale, déjà explorée par plusieurs voyageurs et entourée de plusieurs pays bien peu connus, présente beaucoup d’espèces utiles h débrouiller, mais très peu de genres entièrement nouveaux. Ainsi , si j’ai rencontré plusieurs espèces nouvelles sur les 5oo Composées que M. Aucher a récoltées, je n’ai réellement trouvé que 2 ou 5 genres>qui fussent entièrement inconnus. Je me suis hâté de donner au plus remarquable le nom de cet infatigable voyageur, afin d’avoir occasion de rendre hommage aux services qu’il rend à la science.
Cette plante ci’oît en Perse, mais je lui ai donné le nom spécifique d’Or/e«talis , comme pour indiquer que les travaux de M. Aucher se sonti étendus à tous les pays que nous réunissons généralement sous le nom d’Orient.
Aucher a a une racine demi-ligneuse, pivotante, presque cylindrique, point ramifiée (si ce n’est peut-être à son extrémité). Cette racine pi'ésente à son collet les rudimens persistans des anciens pétioles des feuilles radicales, qui forment une sorte de couronne d’ écailles imbriquées. Les feuilles radicales de l’année paraissent avoir disparu h l’époque de la floraison. Du milieu de leurs débris s’élève, à la hauteur de deux pieds et plus, une tige annuelle cylindrique, simple à sa base, parfaitement glabre et d’un blanc lisse. Les feuilles sont peu nombreuses; celles du bas de la tige sont allongées, pinnati-partites, dilatées à la base en une espèce d’épanouissement strié, qui embrasse la moitié de la tige et porte quelques lanières linéaires. La nervure moyenne, bordée d’une languette étroite et foliacée, donne naissance, de chaque côté, à quelques lobes écartés, linéaires et entiers. La lanière qui borde la côte moyenne, et les lobes eux-mêmes, sont Tin peu roulés en dessous, sur les bords, et leur face inféineure porte un peu de duvet blanc et laineux , tandis que la partie supérieure est entièrement glabre. Les feuilles supérieures sont plus petites, plus étroites, plus glabres, moins découpées, et terminées, ainsi que les lobes, en une pointe épineuse. Ces lobes, vers le sommet de la tige, se réduisent à deux qui naissent de la base de la feuille.
Les capitules sont disposés en une panicule très lâche, assez roide, et presque entièrement dépourvue de feuilles. Chaque tête est de forme ovoïde, glabre à la base, un peu poilue vers le sommet. L’involucre est
composé d’écailles imbriquées, et fortement appliquées dans toute leur longueur, excepté à leur sommet, qui est calleux, épais, pointu, et légèrement étalé. Le réceptacle est plane , chargé de fimbrilles piliformes , et assez allongées. Les fleurs sont toutes tubuleuses et hermaphrodites. La corolle est d’un jaune pâle , glabre , à 5 lobes égaux , plus courts que le tube. Les anthères ont deux queues barbues à leur base. Le style est plus court que le tube des anthères, à 2 lobes allongés et peu ou point noueux à leur origine. L’achène est en forme de toupie comprimée, à 5 nervures qui se prolongent chacune en une pointe mousse et calleuse; d’entre ces callosités sort une aigrette à poils rares, roides, caducs, un peu dentelés et disposés sur un seul rang.
Ce genre appartient évidemment à la tribu des Cynarées et à la soustribu des Carlinées. Je l’y ai placé à la fin , et près des Centauriées , dont il s’approche un peu par son port.
Explication de la Planche XI.
A. La plante entière pliée en trois, avec sa racine, les écailles de son collet, etc.
B. La sommité ou la panicule isolée.