L’achène dépouillé de son aigrette, grossi
PI. XII. OLDENBURGIA. Less. syn. 99. DC. Prod. vu. p. 12.
Le beau genre Oldenburgia a été établi en i85o par Lessing, d’apres XOld. paradoxal et, quoiqu’il ait publié dans le Linnæa quelques figures de détail propres à faire connaître ses caractères , j’ai cru devoir offrir ici aux botanistes la figure d’une espèce nouvelle, pour donner une idee du port général de ces plantes , et confirmer la fondation de ce genre remarquable et encore peu connu.
\I Oldenburgia appartient a la tribu des Mutisiacées. La structure de son
stigmate ne laisse à cet égard aucun doute; mais les corolles du disque, qui sont très nombreuses et à 5 lobes égaux , lui donnent l’apparence de certaines Cjnarées; celles du bord , au contraire, qui sont à deux lèvres (l’extérieure à 5 dents, l’intérieure à 2), confirment l’indication fournie par le stigmate.
\u' Oldenburgia arbuscula a reçu ce nom, non seulement à raison de sa tige ligneuse , mais plus particulièrement parce que les colons hollandais du cap de Bonne-Espérance lui donnent le nom de Kreuppelboom , qui signifie petit arbre. Cette plante a été découverte dans l’Afrique australe par MM. Drege et Echlon ; le premier l’a trouvée à Zneeureberge, et le deuxième dans les déserts du district d’Uitenhagen.
Sa souche est ligneuse, courte, épaisse, simple, couverte d’un duvet cotonneux, un peu sojeux , très épais et très serré. Les feuilles naissent plusieurs ensemble au sommet de cette souche; elles sont alternes , longues de 8 à g pouces sur 2 et demi à 5 de largeur, très coriaces , dressées, entières sur les bords , amincies à la base en une sorte de pétiole très court, très épais, et qui se prolonge en une forte nervure médiane donnant naissance, sur les deux côtés, à des nervures latérales obliques et parallèles entre elles ; la face supérieui’e est glabre , l’inférieure couverte d’un duvet court, cotonneux, serré et blanchâtre; les bords sont très épais, et semblent dans le sec tendre à se rouler un peu en dessous; la tige florale , qui est peut-être annuelle, s’élève du milieu des feuilles; elle est droite, haute de ] pied à I pied et demi, cylindrique, couverte de duvet cotonneux, et porte quelques feuilles oblongues, et d’ailleurs semblables , en petit, à celles de la base; les supérieures sont fortement chargées de duvet sur les deux surfaces; la tige se divise le plus souvent en trois pédoncules épais , et à peu près de la longueur du capitule. Celui-ci atteint 2 pouces au moins de longueur et trois de largeur; son Involucre est composé d’un nombre considérable d’écallles linéaires et acumlnées presque égales entre elles, un peu divergentes au sommet , chargées à leur base d’un duvet cotonneux et parfaitement glabre dans le reste de leur étendue ; le réceptacle est nu , plane; les fleurs sont rougeâtres, nombreuses et serrées; celles du rayon en petit nombre, bilablées, et d’ailleurs assez semblables à celles du disque ; celles-ci ont un tube assez long, et 5 lobes linéaires égaux en longueur au tube; les anthères sont munies de queues imberbes à leur base , et peu pi'olongées au
sommet; le stjle est glabre, cylindrique, terminé par deux lobes oboAes,, obtus, convexes en dehors, et k peine munis de quelques poils; le fruit est glabre, en forme de prisme ou toupie très allongée, et surmonté par une longue aigrette à poils linéaires , plumeux , à barbes courtes et serrées.
Explication de la Planche XII.
A. La base de la plante. B. La sommité de la tige florale.
1 . Le capitule coupé en long. Ces 3 objets ont été réduits de moitié.