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Le stjle et les stigmates grossis

PI. III. BOJERIA. DC. Prod. v. p. 94.

M. Bojer, professeur de botanique à l’île Maurice, ne s’est pas borné à l’étude de l’île qu’il habite ; il a étendu ses recherches , soit dans l’île Zanzibar, et quelques petites îles voisines , soit surtout dans l’immense île de Madagascar, qui, malgré les travaux de Commerson et de Dupetlt-Thouars, est encore bien peu connue des naturalistes. M. Bojer en a surtout exploré la province d’Emirna, et a publié déjà quelques notices intéressantes sur ce pays. 11 m’a envoyé une série très précieuse des Composées de ce pays, et rien ne peut mieux donner une idée de l’importance de cette communication , que de dire que j’y ai à peine trouvé une ou deux espèces connues. Ces échantillons étaient accompagnés de notes instructives, et même de

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dessins de détails des fleurs et des fruits. J’ai tenté de reconnaître les services importans que M. Bojer rend à la science, en donnant son nom à l’un des genres les plus remarquables de ceux qu’il a découverts à Madagascar.

Le Bojeria a ceci de remarquable , qu’à plusieurs égards il semble tenir le milieu entre les Vernoniacées et les Eupatoriacées. C’est une grande herbe vivace dont la tige s’élève quelcjuefeis jusqu’à 10 pieds de hauteur. Je n’en connais pas la partie inférieure; le haut de la tige est cylindrique, raraeux, velu, garni de feuilles demi-embrassantes , ovales, oblongues , un peu pointues, irrégulièrement et légèrement crénelées, réticulées, glabres en dessus, veloutées en dessous, d’une manière très analogue à celle du Decaneuruni reticulatum. Les capitules terminent les rameaux, qui sont très hérissés et disposés en corjmbe lâche; leur involucre est en forme de cloche, composé d’un grand nombre d’écailles linéaires, aiguës, hérissées en dehors, disposées sur plusieurs rangs presque égaux. Le réceptacle est plane, alvéolé; les fleurs purpurines, toutes tubuleuses et hermaphrodites; les anthères portent a leur base deux queues barbues; le style est bulbeux à sa base, terminé par deux stigmates un peu cylindiacés , un peu hérissés de poils très courts; le fruit est glabre, légèrement anguleux et strié ; l’aigrette est formée de poils roides, scabres, un peu soudés entre eux vers leur base, et disposés sur un seul rang.

Cette plante présente deux circonstances remarquables : 1°. l’écorce du Iruit qui représente le tube se détache assez facilement dans les fruits mvirs du reste de l’achène, et porte avec elle l’aigrette, de manière à prouver à la vue la vérité de la théorie qui fait regarder l’aigrette des Composées comme étant le limbe du calice;

2°. Les anthères ont du rapport avec celle des Vernoniacées , et les stigmates avec ceux des Eupatoriacées. Je me suis décidé pour la première de ces deux analogies, à raison des feuilles alternes de la plante , mais j’avoue que cette partie de l’organisation de la plante a besoin d’un nouvel examen sur des fleurs en meilleur état que celles dont j’ai pu disposer.

Cette plante, qu’à raison de sa grandeur j’ai nommée Bojeria speciosa , croît dans les lieux humides de l’île de Madagascar , autour de la grande chaîne des montagnes d’Angavou,

Explication de la Planche III.

A. Sommité de la plante, de grandeur naturelle.

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