‹ Collection de memoires pour servir a l'histoire du regne vegetalChapitre 7 sur 37 · Les alvéoles du réceptacle vues à une forte loupe · texte numérisé non relu

Les alvéoles du réceptacle vues à une forte loupe

5 et 6. Portions de tissu du dessous de la feuille, vues à la loupe.

PI. IV. TURCZANINOVIA. DC. Pwd. v. p. 267.

M. Turczaninow, habitant d’Irkustk en Dahurie,a singulièrement contribué à éclaircir la connaissance des plantes de cette région ; non seulement il a publié trois décades de descriptions de plantes nouvelles et peu connues, mais il a envoyé à plusieurs botanistes des échantillons accompagnés de notes Instructives sur la végétation de la Dahurie et des provinces voisines, Il a bien voulu en paiiiculler me favoriser de ces utiles communications, et j’ai eu souvent à le citer dans les pages du Prodromus. J’ai voulu aujourd’hui consacrer son nom dans la botanique, en lui dédiant un genre de plantes, et j’ai naturellement choisi une plante qu’il avait découverte. Il l’avait jadis envoyée à M. Fischer, qui l’avait désignée sous le nom ài Aster fastigiatus , mais la plante à laquelle M. Ledebour a depuis donné le même nom est une espèce différente.

Depuis que la classification générique des Astérées a été remaniée par Cassini , Lesslng et Nées , la plante de Dahurie ne pouvait plus rester dans le genre Aster, réduit à des limites plus resseiTées. On aurait pu croire qu’elle entrait dans le genre Galatella, duquel elle se rapproche par son port; mais elle en diffère parce que les fleurs llgulées du rayon sont femelles et fertiles, au Heu d’être neutres et stériles, et aussi par ses achènes parfaitement glabres, au lieu d’être hérissés ou velus comme ceux des Galatelles; enfin, par son aigrette formée d’un seul et non de plusieurs rangs de soies. Ces différences pourront paraître légères à ceux qui n’ont pas beaucoup étudié les Composées, mais dans une famille aussi nombreuse et aussi naturelle, la plupart des genres ne sont pas distingués par des caractères plus prononcés.

Metjland , e/el ■

P/ee.

lîOJKKIA spcciosa

Ceux-ci sont confirmés par le port de la plante qui pourrait bien être bisannuelle, dont les feuilles ne sont ni ponctuées ni à trois nervures, et dont les languettes du rayon sont, eu égard à la petitesse des capitules, plus nombreuses et plus rapprochées que dans les Galatelles.

La Turczaninoviajastigiata est une herbe droite, simple, haute de 2 pieds. Sa racine est fibreuse; sa tige cylindrique, glabre à la base, garnie vers le haut, ainsi que les feuilles, de trèsq)etits poils courts et serrés qui lui donnent un aspect un peu grisâtre; les feuilles sont alternes , linéaires-lancéolées ; les inférieures un peu rétréeies à leur base, les autres tout-à-fait sessiles , un peu pointues, entières sur les bords, munies d’une seule nervure longitudinale; les capitules sont disposés en un corymbe plane composé de plusieurs branches ; les ramifications de celles-ci portent de petites bractées analogues aux feuilles par leur nature ; les têtes se forment de 1 5 à 16 fleurs; celles du bord sont des languettes au nombre de 6 à 7 , oblongues, blanches, à peine dentelées au sommet, et munies de style; celles du centre, au nombre de 7 à 8, sont jaunes, tubuleuses, hermaphrodites, à 5 dents ; les anthères sont dépourvues de queues ; le style n’est pas saillant hors du tube, et se termine par deux stigmates oblongs, hérissés en dehors de poils collecteurs; les fruits sont comprimés, glabres, de couleur brune , surmontés d’une aigrette à un seul rang de soles, un peu denticulées, et d’un blanc légèrement roussâtre.

M. Turczaninow a trouvé cette plante dans les lieux marécageux, près du fleuve Argun en Dahurie.

Explication de la Planche IV.

A. La plante entière de grandeur naturelle , pliée en trois fragmens.

Page 1