Le style et les stigmates
PL V. BIGELOWIA. DC. Prod. v. p. 329.
L’usage de donner aux genres de plantes les noms des botanistes est sans doute un procédé avantageux de nomenclature, parce qu’il offre un moyen simple de récompenser des services rendus, et d’obtenir des noms connus avec facilité. Mais il offre l’inconvénient que ces noms , par leur facilité même , sont souvent donnés à des genres divers , et compliquent la nomenclature. Ainsi, le nom de M. Bigelow, botaniste de Boston, auquel nous devons la flore de cette ville et un ouvrage précieux sur les plantes médicales des États-Unis, a déjà été employé en divers cas. Rafinesque avait, dès 1817, donné ce nom à un genre de Caryophyllées qu’il n’a pas décrit et que personne ne connaît. Plus tard Smith l’a employé pour désigner un genre d’Euphorbiacées , que Willdenow avait déjà nommé Bosya, et qui était plus anciennement connu sous le nom à'Adelia; Sprengel, en i82t , a nommé Bigelowia un végétal, que lui-même a reconnu être une espèce de Samyda, et, en 1820, un genre de Rubiacées, qui était déjà décrit sous celui de Borreria. Ayant dû, par la nature de mon travail , supprimer tous ces noms qui faisaient double emploi, et ne voulant pas que le nom d’un botaniste aussi distingué que M. Jac. Bigelow ne restât pas consigné dans les fastes de la science, j’ai donné son nom à un genre originaire, comme M. Bigelow, des États-Unis.
Ce genre comprend les espèces américaines rapportées par les auteurs au genre Chrysocoma , mais qui me paraissent suffisamment différentes des Chrysocoma de l’ancien monde, pour devoir en être séparées. J’ai choisi , pour le faire connaître , le Bigelowia nudata , dont je ne sache pas qu’il existe de figure dans les livres des botanistes.
Le genre Bigelowia appartient, comme le Linosyris et le Chrysocoma , à la sous-tribu des Astérées, et à la division des Solidaginées ; il me paraît même se rapprocher davantage des Solidago que des Chrysocoma. Ses capitules sont composés de 5 à 5 fleurs seulement. Le plus souvent ces fleurs sont toutes tubuleuses et hermaphrodites ; quelquefois l’une d’elles se développe en une petite languette jaune comme le disque et femelle ; l’involucre est oblong, imbriqué, formé d’un petit nombre d’écailles; le réceptacle est étroit , nu dans le bord , mais il porte souvent au centre une
Mém.IX.