‹ Collection de mémoires pour servir à l'histoire du règne végétal et plus spécialement pour servir de complément à quelques parties du Prodromus regni vegetabilisChapitre 12 sur 20 · XVI. MAMMILLARIA AFFINIS · texte numérisé non relu

XVI. MAMMILLARIA AFFINIS

M. simplex obovato-oblonga subcylindracea, avillis summis lanatis , mammis ovatis obtusis, junioribus apice barbatis dein glabris, aculeis 4-5 erectis subdivergentibus fuscescentibus. 3 in Mexico. Coulter.

Lorsque je reçus cette plante du Mexique en 1828, je la désignai par le nom et la phrase que je viens de rapporter; mais à la publication de la Revue des Cactées, je craignis qu’elle ne füt qu'une simple variété de la suivante (M. simplex), et je la supprimai. Dès-lors elle a fleuri, et il n’est

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plus resté aucun doute qu’elle forme une espèce parfaitement distincte; je lui ai cependant conservé le nom de M. affinis, parce qu’elle ressemble beaucoup par le port aux individus âgés du M. simplex.

La plante est d’un vert foncé; sa tige est parfaitement simple, obovée, presque cylindrique, un peu renflée vers le haut, longue de 5 pouces sur 2 à 3 d'épaisseur; les aisselles jaunes ou supérieures sont garnies de laine, les autres en sont dépourvues : les mamelons sont ovés, obtus, un peu laineux à leur sommet dans leur jeunesse, couronnés par 4 ou 5 aiguillons droits, divergens , brunâtres, longs de 4 à 6 lignes.

Les fleurs naissent sessiles aux aisselles des mamelons supérieurs, au nombre de 13 à 14, disposées en une sorte d’anneau vers le sommet de la plante. Elles dépassent la longueur des mamelons, mais n’atteignent pas celle des aiguillons. Leur bouton est obové , pointu ; la fleur épanouie est un peu étalée et d’un beau rouge cramoisi ; son diamètre est alors de 6 à 7 lignes.

L’ovaire est très enfoncé et serré entre les mamelons. Les sépales ont lancéolés , linéaires, pointus, un peu charnus, d’une couleur pâle légèrement rougeâtre , un peu plus courts que les pétales et au nombre de 10 à 12. Les pétales sont au nombre de 20 à 25, linéaires, mucronés, lisses, disposés sur deux rangs presque égaux, longs de six lignes, et à peine larges d’une ligne. Les étamines sont de moitié plus courtes que les pétales, un peu tordues en spirale, et courbées à l’intérieur ; leurs filets sont grèles et violets ; leurs anthères petites, rougeâtres, à deux loges; leur pollen d’un blanc rosé. Le style est pâle, filiforme, de la longueur des étamines , terminé par 3 ou 4 stigmates épars, dressés, un peu papilleux, à peine rosés, réunis à leur base par des sinus épais et arrondis ,comme dans la Mamillaire grêle ( M. tenuis), à laquelle d’ailleurs cette espèce ne ressemble point. Le fruit n’a pas müri.

XVII. MAMMILLARIA SIMPLEX. ZZaw. syn. 177. DC. Prod. 3. p. 459. — PI VIT.

Cette plante est une des Mammillaires les plus anciennement connues, et j'en ai moi-même publié la figure et la description au n° 3 des Plantes grasses ; j'ai cru cependant devoir en présenter ici une nouvelle figure faite à un autre âge, et accompagnée de détails qui manquent à la première, et qui ont pour but de montrer les différences qui séparent cette espèce de la précédente. La forme arrondie de notre figure actuelle paraît tenir à sa jeunesse, et il est vraisemblable que, dans un âge plus avancé, la plante prendra la forme obovée de la précédente. Les mamelons au lieu de 4 à 5 aiguillons , en portent une vingtaine, savoir 4 à 5 centraux, et 15 disposés sur le bord en un cercle assez régulier ; les aïguillons centraux semblent représenter ceux du A. affinis, lequel manque de la rangée marginale. Les fleurs naissent en anneau moins régulier et beaucoup plus éloigné du summet; elles dépassent à peiue la longueur des mamelons ; leur couleur est d’un blanc sale et verdâtre. Les sépales et les pétales sont ovales-oblongs, décidément mucronés. Le style est terminé par 5 à 6 stigmates longs, à demi étalés, hérissés de poils, et nullement réunis à leur base par le sinus épais qu’on observe dans la précédente. Ces fruits sont d’un beau rouge, oblongs, et remplis de petites graines noires. Je n’ai pas encore eu l’occasion de les voir germer, quoiqu’elles paraissent bien mûres et soient communes dans les jardins.

XVIII. MAMMILLARIA SEMPERVIVI. Mem. Mus. 17. Rev. Cact. p: 114. — PI. VIIL.

Cette espèce est l’une des plus caractérisées de tout le genre. Elle forme une espèce de boule en forme de cône renversé dans la partie cachée sous terre , hémisphérique et déprimée dans la partie saillante ; son diamètre est d'environ 3 pouces, sa couleur d’un vert foncé; les aisselles sont garnies de laine, surtout vers le haut de la plante; les mamelons sont ovés, presque tétragones , droits, très serrés, assez courts; l’aréole qui les termine est glabre dans un âge avancé, garnie d’un duvet laineux dans la jeunesse.

Elle porte presque toujours deux (très rarement quatre) aiguillons épais, coniques, courts, divergens et robustes, qui partent du centre, et 2 à 6 autres plus gréles, qui forment autour de ceux-ci une espèce de rosette, et sont aussi courts et fermes.

Les fleurs naissent solitaires et sessiles aux aisselles des mamelons; vers le haut de la plante, elles dépassent peu la longueur du mamelon ; les sépales sont, à l'extérieur, d’une couleur olivâtre sale; les pétales sont d’un blanc sale, presque linéaires, pointus, étalés au sommet ; les étamines sont de moitié plus courtes quelles pétales; le style est de la longueur des étamines. Le fruit n’a pas müri. Il ness’est développé qu'une seulefleur, dont la durée a été si courte, que la description et la figure des organes intérieurs sont restées incomplètes.

"XIX: MAMMILLARIA DISCIFORMIS. Mem. Mus. 17. Rev. Cact.

-Cette plante est'du petit nombre de celles dont j'ai à regretter la perte ; -elleestarrivée presque moribonde, et je l’ai fait immédiatement dessiner pour conserver au moins le souvenir de son apparence générale. Elle est remarquable par sa forme large, orbiculaire et déprimée en forme de disque, d’un pouce de hauteur sur un diamètre de 3 pouces. La chair est un peu rougéâtre ; peut-être par suite de l'état maladif de la plante. Ses tubercules sont rangés en séries spirales et régulières, dont chacune se compose de 20 à 25 mamelons déprimés, presque tétragones , très serrés les uns contre les autres. Ces mamelons se terminent par une aréole laineuse de laquelle naissent les aiguillons ; ceux-ci sont au nombre de 5 à 7, roides, grêles , blanchâtres puis roussâtres, longs de 8 à 10 lignes environ. A la fin de la vie ces aiguillons tombent, et les anciens mamelons sont tout-à-fait dénudés.

XX. MAMMILLARIA MACRACANTHA. Wem. Mus. 17: Rev. Cact. p- 115. — PIYIX.

M. simplex globosa, axillis apicibusque tubereulorum aliis nudis alris lanato - barbatis, tuberculis ovatis basi subtetragonis, setis nullis, aculeis 1-2 albidis aut subfuscis rectis in parte inferiore caulis longissimis divergentibus in parte florid& brevissimis aut nullis, stgmans lobis 6-7. — Mexico. Coulter.

Cette belle espèce de Mammillaire a sensiblement changé d'aspect depuis qu'elle est arrivée du Mexique. Alors elle formait une masse globuleuse , déprimée , qui avait 5 pouces de diamètre et 1 et demi de hauteur, et dont tous les tubercules se terminaient par 1 ou 2 aïguillons divergens , longs de 2 pouces. Aujourd’hui, après trois ans de séjour dans nos serres, elle forme une masse globuleuse qui a 4 pouces de diamètre et 3 et demi de hauteur; ses tubercules inférieurs , ceux qui existaient à son arrivée, ont conservé ces longs aiïguillons divergens qui étaient si! remarquables , et dont j'avais tiré le nom spécifique. Ceux qui se sont développés dès lors sont de même forme et de même grandeur , mais terminés par des aiguillons beaucoup plus courts, peu ou point divergens , et plus souvent solitaires que géminés : il en est même plusieurs dans la zone où se trouvent les fleurs qui en sont totalement dépourvus. Est-ce que la plante, quoiqu’en apparence vigoureuse , n’aurait pas eu dans nos serres la force de produire des aiguillons développés comme dans son sol natal ? Est-ce qu’il est dans la nature de cette espèce d’avoir de longs aiguillons dans sa jeunesse, et de les perdre dans un âge plus avancé ? Serait-ce enfin une particularité de cette Mammillaire d’avoir les tubereules de la zone florale dépourvus d’aiguillons , et ceux des zones stériles munis de longs aiguillons ? Ce dernier soupçon semble autorisé par cette circonstance que les tubercules les plus récens qui formeront une zone au-dessus! de:celles où sont les: fleurs actuelles ont les aïguillons plus longs dès leur naissance que’ eeux de la zone florale qui sont plus âgés. Le temps nous apprendra laquelle des trois opinions que j'ai suggérées tout à l'heure représente la vérité. Je dois me borner à décrire la plante telle qu’elle s’offre à mes yeux. di

La masse caulinaire est simple, à peu près globuleuse, de 3 à 4 pouces de diamètre; les tubercules inférieurs, déja en grande partie desséchés , portent chacun 1 ou plus souvent 2 aiguillons divergens, gris, aigus, non crochus, de 2 pouces environ de longueur. Les tubercules moyens sont d’un vert foncé, pleins d'écume laiteuse insipide , distribués en un grand nombre de séries régulières tournant de droite à gauche, de forme ovale , un peu tétragones à leur base; les aisselles et les sommets de tubercules sont tantôt nus, tantôt revêtus d’une bourre laineuse ; les sommités ne produisent point de poils soyeux, et quelquefois point d’aiguillons. Lorsque ceux-ci existent , ils sont courts, droits , solitaires ou géminés; à leur naissance, ils sont blancs à leur base et d’un brun roux à leur sommet; ils deviennent ensuite uniformément gris.

Les aisselles où naissent les fleurs sont toujours laineuses ; ces fleurs y sont sessiles, solitaires, d’un beau pourpre , et dépassent la longueur des tubercules qui les entourent. Leur longueur ahsolue est de 9 lignes. Toutes

les pièces de leur tégument floral sont soudées ensemble par leur base, et avec l'ovaire en un tube ovale, verdâtre, caché entre les tubercules ; les

deux rangées extérieures des lanières qui paraissent représenter le calice sont un peu plus courtes que les autres, lancéolées, linéaires, aiguës , roussâtres ; les deux intérieures qui représentent la corolle sont un peu plus longues , plus décidément mucronées , d’une consistance plus délicate et d’une belle couleur pourpre.

Les étamines sont sur plusieurs rangs, rapprochées, de moitié plus courtes que les pétales , et les filets des rangs intérieurs sont graduellement plus courts que les extérieurs ; ces filets sont blancs avee la sommité un peu rose, surtout dans les rangées externes. Les anthères sont jaunes , arrondies , assez petites.

L’ovaire est adhérent avec le tégument floral , rempli d’une foule de petits ovules pariétaux blancs et arrondis ; le style est cylindrique , blanc dans la partie cachée par les étamines , rose à son sommet , intermédiaire pour sa longueur entre les étamines et les pétales , terminé par 6 ou 7 lobes stigmatiques d’un rose vif, d’une consistance un peu épaisse, divergens en, étoile demi-ouverte , ovoïdes-aigus , et comme repliés sur eux-mêmes en dehors. |

Le fruit n’est pas venu à maturité.

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