XIII. — Du ramonage des clieminées de doreurs
Le ramonage des cheminées de doreurs est lié nécessairement à leurs travaux. J'ai étudié avec soin les dangers qu'il présente et les procédés de salubrité qu'il réclame.
Les maladies des doreurs sont une conséquence prévue de l'état qu'ils exercent; mais on est révolté de voir un ramoneur contracter une maladie grave pour avoir ramoné une cheminée de doreur, sans avoir été prévenu du danger que présente cette opération.
J'ai fait ramoner une cheminée qui avait servi trois ans sans être nettoyée, par un ramoneur de i4 à i5 ans, armé de gants, la tête couverte d'un serre-téte et le visage enveloppé de deux serviettes mouillées et très-lâches.
Des morceaux d'or étaient attachés près de sa bouche au moyen d'un fil. Après l'opération, les serviettes et les habits étaient tout couverts de suie mercurielle, et blanchissaient l'or qu'on y appliquait. Les morceaux d'or placés près de sa bouche ne montraient aucune trace de mercure.
On le tlt laver, il but du lait et partit sans avoir ressenti le moindre mal. J'ai regretté depuis de ne lui avoir pas fait changer ses habits imprégnés de suie et de mercure. Il faisait un brouillard épais , et la suie était mouillée : circonstance favorable à un ramonage salubre; ainsi pour ramoner sa cheminée, un doreur doit y envoyer la veille de l'eau en vapeur. Il prendra un ramoneur bien portant et habile, lui mettra un pantalon à pied, une veste ronde et un capuchon faits d'avance en toile serrée, et de plus une éponge mouillée sur la bouche. Le ramonage terminé, on lui ôtera ses habits de travail, il se lavera avec soin, mangera et boira du lait s'il le désire. L'habillement sera immédiatement lavé à grande eau.
XIV. — Des procédés à suivre pour enlever lor à la surface des vieux bronzes dorés ou des pièces dorées mises au rebut.
Les vieux bronzes dorés et hors de service et les bronzes qui se dorent mal ou qui ont des défauts , se vendent à grande perte pour en extraire l'or. Voici les procédés à employer par le doreur pour faire lui-même cette opération.
Ordinairement on couvre deux fois la pièce d'un mélange de soufre, de
sel ammoniac et de nitre, ou de borax. On la fait rougir; il se forme un sulfure de cuivre. On plonge la pièce pendant quelques heures dans l'eau acidulée d'acide sulfiirique, on la racle à la gratte- bosse ; les écailles recueillies sont fondues au borax et coupellées pour en extraire l'or.
J'ai étudié cette question avec le colonel Dussaussoy.
L'or reste à la surface de l'alliage, par adhésion. En dissolvant le bronze doré par l'acide nitrique, on obtient la feuille d'or toute criblée de trous.
Le meilleur procédé est d'exposer la pièce quelques heures au rouge cerise dans un courant d'air, puis de la plonger dans l'acide sulfurique faible, et gratte-bosser. La pièce peut être de nouveau tournée et mise au vert antique ou en couleur, comme objet commun. On lave et fond l'or au nitre et au borax , et on le coupelle.
Avec le soufre, la sulfuration du zinc, du cuivre même, est difficile. J'ai donc modifié ce procédé. Je saupoudre de soufre la pièce dorée, je la trempe rouge dans une grande masse de soufre en poudre, à plusieurs reprises ; le reste de l'opération se fait à l'ordinaire. Ce procédé est plus expéditif que le premier, mais altère plus profondément la pièce.
Pour se garantir des vapeurs et des gaz dégagés par la combustion du charbon , du soufre, du zinc et du cuivre, l'ouvrier doit opérer sur la forge, en plein courant d'air, et prendre les mesures de salubrité déjà indiquées.
XV. — De T exploitation des cendres et déchets d'atelier, provenant du troi'ail de la dorure sur bronze au moyen du mercure.
Les divers déchets qu'on éprouve en dorant au mercure sont considérables. Trois quarts seulement de l'or contenu dans l'amalgame restent sur la pièce. On perd une partie de ces déchets, ou on les vend mal.
Ces déchets sont :
Les eaux du dérochage, les eaux blanches, les cendres de la forge à passer, les brossures du plateau, les cendres du fourneau à mettre au mat, la boue du baquet à gratte-bosser, la suie des cheminées , et enfin les balayures , les ordures et les eaux de lavage de l'atelier.
1° Eaux du dérochage.
Elles sont acides et contiennent*du cuivre , du fer, du zinc; ce dernier à la longue, et le fer de la pincette, en précipitent une partie du cuivre.
Il faut précipiter le cuivre par du [zinc ou de la ferraille, et, si l'eau seconde est préparée par l'acide nitrique, décomposer les nitrates par
— 77 ~ l'acide sulfurique : on obtient ainsi du sulfate de zinc ou du sulfate de fer.
On lave le cuivre à grande eau , on le sèche et on le vend aux fondeurs.
1° Eaux blanches.
Elles proviennent du lavage de la table sur laquelle se fait l'application de l'amalgame, et tiennent du mercure et du cuivre en dissolution, et de l'amalgame mêlé de beaucoup d'ordures en suspension.
Il faut les décanter, laver l'amalgame resté au fond, y ajouter du mercure, passer à la peau de chamois, et employer l'amalgame pâteux, et le mercure séparé, comme ou le fait dans la préparation ordinaire de l'amalgame.
On distille le précipité dans une cornue de fonte pour en retirer le mercure; le résidu par le nitrate de potasse et le borax donne l'or.
Si les résidus sont trop pauvn^s, on les réunira aux cendres de la forge à passer.
3° Cendres de la forge à passer.
Les cendres pauvres sont lavées pour séparer l'amalgame et quelques grenailles d'or, puis tournées au mercure. Le résidu en est vendu aux propriétaires des mines de plomb.
Les cendres riches sont tamisées et lavées , puis fondues avec du minium et un peu de résine, et le culot coupelle.
La richesse de ces cendres varie beaucoup. '
4° Des brossures du plateau.
Mélange d'amalgame, de cendres et de poussière, etc. ; on les délaie dans un terrine pleine d'eau et on les traite jvisqu'à saturation par l'acide nitrique , versé à plusieurs reprises pour laisser passer l'effervescence produite.
On décante et on traite l'amalgame, très-riche en mercure, comme ci-dessus.
Les ordures surnageantes sont réunies aux balayures ; la dissolution peut être réunie aux eaux blanches. L'or de cet amalgame est à bas titre, contenant beaucoup de cuivre.
Pour séparer le cuivre et obtenir l'or plus pur, on traite l'amalgame dans un ballon de verre par l'acide nitrique pur à 36'% qui, par une réaction chimique , dissout le cuivre. L'ébidlition est soutenue jusqu'à ce qu'il se dissolve du mercure. L'or est ramené de 960 à 9-6 et 983 millièmes, et bon alors pour la dorure.
i^ooo de brossures m'ont donné :
Ordures sèches
o'',4oo
Amalgame séché . . . .
Contenant or à 960. . . 0,04^5
5" Des cendres du fourneau à mettre au mat.
Elles contiennent de l'or dissous par le mélange d'alun , de sel marin et de nitre. On les exploite comme celles de la forge à passer.
6" De la liqueur et du dépôt que contient le tonneau à mettre au mat.
L'eau contient rarement de l'or, mais le dépôt en contient toujours à l'état d'oxide très-divisé.
Si les eaux contiennent de l'or, on le précipite par du proto-sulfate de fer en excès , et on jette l'eau , à moins de la vendre aux salpêtriers ou aux fabricants d'alun. Ordinairement le dépôt, lavé et séché, est fondu avec du minium et coupelle. On obtient 4^^ d'or par kilogr. de dépôt. Je propose de laver le dépôt à grande eau , de le traiter par l'acide muriatique, puis par une petite quantité d'acide sulfurique faible ; le résidu, lavé et séché, est fondu comme ci-dessus au minium à forte proportion, pour dissoudre le sulfate de chaux de ce résidu. Le dépôt contient ainsi moins de substances terreuses.
J'ai obtenu par ce procédé 46^ d'or fin par kil. de dépôt ainsi traité.
Voici un autre procédé qui donnera l'or par une fonte, sans la litharge et le fotu'neau à coupelle.
On décompose le sulfate de chaux du dépôt en le faisant bouillir avec nn excès de dissolution de sous-carbonate de soude; on traite par l'acide muriatique pour enlever le carbonate de chaux formé; on lave et on fond l'or avec du nitrate de potasse et du borax.
Enfin , on peut obtenir l'or pur par la voie humide et le procédé de M. Vauquelin.
On sature pour cela tout le carbonate de chaux du résidu par l'acide muriatique; puis on ajoute 3 parties d'acide muriatique et i d'acide nitrique à 36 , on remue plusieurs fois : en quelques jours l'or se dissout. On tire la liqueur à clair, on la traite dans un tonneau ou un vase en grés par un excès de proto-sulfate de fer; l'or déposé est lavé à l'acide sulfurique et l'eau , bien déposé , séché et rougi dans un creuset ; il est en poudre et prêt à être employé pour préparer un nouvel amalgame.
Le résidu insoluble est traité une seconde fois à chaud par l'eau régale
pour ne pas perdre d'or, et la liqueur acide sert pour traiter une autre portion de résidu.
Dans un atelier de 4 on 5 ouvriers, le baquet au mat peut rendre i5 grammes d'or par mois.
7° De la houe du baquet à gratte-bosser.
Elle contient de l'or détaché par le frottement, des fils de gratte-boase, du bois de la table, etc. On lave le dépôt et on jette l'eau acide qui surnage, on brûle le bois en le rougissant dans une poêle, et on traite comme nous le dirons pour les vieilles gratte-bosses.
8° Des vieilles gratte-bosses à dorer.
Les gratte-bosses se pénètrent d'amalgame et s'usent rapidement. Autrefois on les fondait avec du nitre pour oxider le cuivre et le zinc et retirer l'or très pur ; quelques doreurs les affinent à la coupelle. Ce sont des procédés peu avantageux , aussi bien que le traitement par le mercure légèrement chauffé.
Il faut distiller les vieilles gratte-bosses dans une cornue de fonte pour en retirer le mercure.
Les fils sont alors traités deux fois par l'acide nitrique, qui dissout tout, excepté l'or. Le second traitement se fait au bouillon : on lave l'or sur le filtre, on brûle le filtre dans un creuset, et on fond au nitre et au borax.
La dissolution de cuivre est saturée par de vieilles gratte-bosses en excès et à chaud, et peut servir à la fabrication des cendres bleues.
En la distillant dans une cornue , seule ou avec de l'acide sidfurique , on obtient de l'acide nitrique distillé, et en résidu soit des oxides de cuivre et de zinc, qui par le charbon donneront du cuivre jaune, soit une masse qui, dissoute, donnera du sulfate de cuivre et de zinc à séparer par des cristallisations successives.
Les vieilles gratte-bosses contiennent :
Mercure , de j 5 à 20
Or 2 a 3
Cuivre jaune 83 à 77
Traitement par la voie sèche :
Distiller d'abord pour séparer le mercure ;
Mettre le résidu dans un bon creuset avec 6 fois son poids de sulfure de plomb et de limaille de fer et une petite quantité de sel marin décré-
pité; fondre, laisser refroidir et casser. On trouve au fond un culot de plomb allié à l'or; on le coupelle.
On traite les scories de l'opération par un peu de limaille de cuivre ou de fer pour obtenir un second culot.
9° De la suie des cheminées de doreurs.
On mêle quelquefois la suie de la cheminée avec les cendres de la forge à passer, et on les traite avec les cendres tournées au moulin; le plus souvent on les jette. Cependant les ramoneurs sont si gravement affectés que celte suie doit être riche en métaux.
Voici ce que j'ai trouvé : La suie est d'autant plus lourde qu'elle est recueillie plus bas dans la cheminée. L'échantillon pris le plus haut blanchit le cuivre et contient du mercure; lavée à l'eau bouillante, le mercure se rassemble au fond. Par l'acide nitrique, on dissout tout le mercure. Le résidu, brûlé, fondu au plomb et coupelle, donne toujours 2 millièmes de la suie employée en or pur. Il faut donc laver la suie à grande eau et la tourner au moulin avec les autres résidus aurifères.
On pourrait aussi la laver, la traiter par l'acide nitrique, filtrer, retirer le mercure de la liqueur , brûler et fondre au plomb le résidu.
io° Des balayures d atelier.
Toutes sont réunies dans un tonneau avec les débris de toute espèce , les cendres de la forge à passer et celles du fourneau à mettre au mat; si elles sont pauvres, on brûle le tout sous le manteau de la forge avec du bois bien sec ou du charbon de bois.
On enlève les pierres et autres substances volumineuses au tamis; on lave les cendres à l'eau pour séparer les grenailles métalliques, et on tourne les cendres au mercure comme à l'ordinaire-
Si ces cendres se trouvaient très -riches, on les pourrait fondre au minium.
J'en ai vu donner 2^,5o d'or par kilogramme.
Des moyens de salubrité proposés dans ce Mémoire , et des appareils qui
peuvent les procurer (i).
Le but que s'est proposé M. Ravrio', en faisant les fonds du prix mis au concours par l'Académie, étant de rendre l'état de doreur moins nuisible à la santé des ouvriers qui le professent , j'ai cru devoir, pour mieux me conformer aux conditions exigées par le programme, présenter, dans un chapitre à part, les moyens de salubrité que je propose, et les mettre ainsi plus à la portée des ouvriers. Je parlerai ici des appareils propres à assainir les ateliers de doreurs; j'indiquerai les principes sur lesquels repose leur construction , pour qu'on puisse les appliquer sans peine à tous les cas particuliers. Je terminerai en indiquant les différentes précautions que j'ai conseillé de prendre, et en les rappelant dans l'ordre où elles ont été proposées, j'en développerai quelques-unes sur lesquelles il me paraît plus utile d'insister.
Le doreur qui veut monter un atelier doit choisir, s'il le peut, un local assez grand , exposé au nord , bien aéré et bien éclairé. La cheminée de l'atelier doit être large; elle doit avoir au moins cinq ou six mètres de hauteur ; le tirage doit en être reconnu bon ; elle ne doit être commandée par aucun bâtiment voisin ; elle ne doit recevoir dans toute sa hauteur aucun tuyau de poêle ni de cheminée, et doit ne servir que pour l'atelier de doreur, et n'avoir aucune communication avec les autres cheminées de la maison.
Le local étant choisi, il faut bien assurer en tout temps le tirage de la cheminée^ et pouvoir même à volonté le rendre plus ou moins rapide; voici les moyens à employer pour arriver à ce but.
Ce qu'on nomme tirage d'une cheminée n'est que l'effet produit par l'ascension de l'air dans le tuyau de cette cheminée ; pour que cet effet ait lieu, il faut échauffer convenablement la colonne d'air dans ce tuyau, et laisser affluer dans la pièce où elle se trouve assez d'air du dehors pour pouvoir continuellement remplacer celui qui est entraîné vers la partie supérieure du bâtiment.
(t) Nous donnons ici le chapitre i6 du mémoirede M. D'Arcet , complet, parce qu'il contient les iiistruclions les plus détaillées sur le service et la marche des appareils salubres des doreurs, et qu'il sera indispensable aux architectes ou aux doreurs qui voudront faire construire ou employer ces appareils.
On donne ordinairement de l'air dans les pièces où les cheminées fument, en en ouvrant les portes ou les croisées. Cette méthode introduit dans la chambre une trop grande quantité d'air à la fois, et y forme surtout des courants rapides et irréguliers qui s'opposent souvent à l'effet qu'on veut produire. Il est préférable d'établir à chaque croisée de l'atelier un bon vasistas à soufflet, s'ouvrant en dedans (ij, et placé au haut de la croisée. L'air extérieur qui entre dans l'atelier, en passant par ces vasistas, se mélange à l'air le plus chaud qui se trouve toujours vers le plafond, s'échauffe ainsi et n'abaisse point la température du bas de l'atelier. On peut alors en tenir les portes et les fenêtres fermées sans nuire au tirage de la forge ou à la santé des ouvriers doreurs. Par ce moyen , l'air reste calme, et se trouve plus frais en été et plus chaud en hiver que celui qu'ils respirent maintenant en laissant ouvertes les portes ou les croisées de leurs ateliers (2).
Les précautions pour remplacer l'air que le tirage de la cheminée doit emporter au dehors étant prises, il ne s'agit plus que de construire sous la forge un petit fourneau d'appel pour échauffer à volonté, et plus ou moins, la colonne d'air qui se trouve dans la cheminée, ce fourneau d'appel sert pour ainsi dire de gouvernail à tout l'appareil; on peut ne l'allumer que lorsque la forge tire mal , mais il vaut mieux l'allumer tous les jours et utiliser le combustible que l'on y brûle en le plaçant de manière à pouvoir s'en servir pour chauffer le poêlon au mat, ou pour tout autre usage utile à l'atelier. Le but étant d'échauffer l'air contenu dans la grande cheminée, on sent que les parois de la cheminée du fourneau d'appel doivent être assez épaisses pour conserver à la fumée toute sa chaleur. On doit donc construire cette cheminée en briques jusqu'à une certaine hauteur, et la terminer par un tuyau en tôle de dix à douze
(i) Si on peut tirer de l'air d'une cave, il ne faut pas négliger de !e faire; il faudra alors le conduire au moyen d'une gaine en bois jusqu'à 40 ou 5o cenl. du plafond. Cet air paraîtra chaud en hiver et frais en été. On pourra en régler l'arrivée au moyen d'une clé adaplée à la gaine en bois. On pourra encore profiter en hiver de l'air que l'on peut tirer du dehors et l'échauffer en le faisant passer à travers les bouches de chaleur du poêle destiné à chauffer l'atelier.
(2) Les ouvriers doreurs accoutumés à vivre dans des ateliers remplis de mercure en vapeur et de gaz délétères, et à ne chercher d'autre remède au mal qu'en introduisant beaucoup d'air dans leurs ateliers, se décident a\ec peine à se servir de vasistas et à tenir les portes et fenêtres fermées. J'ai trouvé de fortes oppositions de ce côté; mais l'expérience prouvera bientôt aux doreurs que leur forge ira d'autant mieux que l'air de l'atelier sera plus calme; ils sentiront alors qu'en assurant bien le tirage de leur cheminée au moyen des vasistas et d'un fourneau d'appel, ils peuvent faire comme nous faisons dans nos appartements, où nous fermons tout en été pour éviter les grandes chaleurs , et en hiver pour nous garantir du froid.
centimètres de diamètre, afin de diminuer le moins possible l'ouverture de la cheminée de la forge. Ce tuyau en tôle doit monter dans la grande cheminée jusqu'à deux mètres au moins au-dessus de l'atelier.
I.e fourneau d'appel doit être construit pour y brûler du charbon de terre, ce qui donne une grande économie lorsqu'on s'en sert pour chauffer le poêlon au mat. Ce fourneau doit être placé de manière à porter le plus directement possible la fumée au centre du tuyau de la grande cheminée; il peut donc être construit, selon les localités, en dehors de la forge, ou sous sa paillasse.
On voit, d'après ce qui vient d'être dit, que le poêle d'un atelier de doreur, en le supposant assez grand et garni de bonnes bouches de chaleur, peut remplacer en hiver les vasislas et le fourneau d'appel ; car l'air chaud que donneront les bouches de chaleur peut fournir au tirage de la cheminée, et le tirage peut être bien établi au moyen du tuyau de poêle, qui devra alors être placé dans la cheminée de la forge, et y être terminé par un coude.
Il est évident que le tirage de la forge sera d'autant plus rapide à l'ouverture de cette forge où l'ouvrier travaille , que cette ouverture sera plus petite, par rapport à la largeur du tuyau de la cheminée. L'expérience a prouvé qu'on pouvait la réduire , sans gêner le travail des ouvriers, à l^o ou 5o centimètres de hauteur. On peut rétrécir cette ouverture, soit avec une languette en plâtre, soit avec un châssis en fer ou en bois, garni de carreaux de verre, comme on le voit pi, 12.
Ces derniers châssis peuvent être fixes ou mobiles en dedans de la forge, ou ce qui est mieux, s'abaisser ou se hausser verticalement au moyen de contre-poids ; il faut en outre garnir l'ouverture de la forge de rideaux en toile qui servent à fermer, quand on le peut, la partie de l'ouverture où l'on ne travaille pas, ce qui donne le moyen d'accélérer la vitesse du courant d'air du côté où l'on se sert de la forge.
On voit la disposition de ces rideaux dans la même planche; j'en recommande bien l'usage; les ouvriers doreurs s'y accoutumeront, et y trouveront le grand avantage de régler, comme ils le voudront, le tirage de leur cheminée, de le rendre d'autant plus fort qu'ils auront à faire sur la forge une opération plus dangereuse, et de le supprimer tout àfait, à volonté, en fermant ces rideaux pendant la nuit et les jours où l'on ne travaille pas à la forge.
Presque toutes les cheminées des villes sont rétrécies par le haut , au moyen de mitres ou de tuyaux de tôle de différentes formes. Ces con-
structions nuisent souvent au tirage des cheminées ; il faudra donc , dans les cas difficiles, enlever ces constructions et les remplacer par une simple feuille de tôle placée horizontalement , à 3o ou 4o centimètres au-dessus de l'ouverture de la cheminée. On pourra essayer encore l'usage d'une gueule de loup, d'une bascule turque, et en venir même, dans certains cas, à l'emploi de la roue horizontale du tourne-broche à fumée.
Jusqu'ici nous n'avons parlé de la forge que sous le rapport du courant d'air qu'il faut y établir; nous allons maintenant nous occuper de sa distribution. L'ouvrier doreur devant faire, sous le manteau de cette forge, toutes les opérations insalubres dont il est chargé, a besoin qu'elle soit divisée par cases, afin de pouvoir toujours faire la même opération dans le même endroit, et pour ne point tacher de mercure les pièces de bronze dont la dorure est achevée.
Une forge complète de doreur doit se composer de six compartiments, séparés au moins par une languette de plâtre, mais communiquant toutes avec la cheminée j)rincipale, et se trouvant ainsi sous l'influence du fourneau d'appel, qui commande le tirage de cette cheminée.
On voit pi. 1-2 l'élévation et les coupes d'une forge de doreur complète.
Ce qui suit servira à bien faire comprendre ces dessins, dont on trouvera d'ailleurs la description à la fin de ce mémoire.
La construction de l'atelier étant terminée, et toutes les précautions indiquées plus haut étant prises, il me reste à dire de quelle manière le doreur doit y conduire son travail.
En entrant le matin dans l'atelier, il doit en ouvrir les vasistas et essayer la forge avec une motte allumée, avec une chandelle ou un morceau de papier gris donnant de la fumée, pour s'assurer si le courant d'air qui y est établi est ascendant; si le tirage est bon, l'ouvrier peut se servir de la forge sans danger; s'il trouve, au contraire, que le tirage de la forge est mauvais, et que l'air extérieui- rentre par le tuyau de la cheminée dans l'atelier, il doit alors allumer le fourneau d'appel pour rétablir le courant d'air dans le sens convenable. Aussitôt que cet effet sera produit, ce dont il s'assurera en essayant la forge comme nous l'avons dit plus haut, il pourra sans crainte commencer son travail et le continuer en évitant, par les mêmes moyens, ces bouffées de fumée qui ramènent souvent dans les ateliers de doreurs, tels qu'ils sont construits maintenant, le mercure en vapeur et les gaz délétères qui y détruisent si promptement la santé des ouvriers.
Je vais maintenant parler des opérations que l'ouvrier doreur est
chargé d'exécuter. Il doit recuire les pièces de bronze sous le marteau de la forge en a, fig. i, u et 4; les vapeurs nuisibles que donne cette opération sont alors entraînées dans la cheminée générale, au moyen du courant ascendant que le fourneau d'appel y établit. L'ouvrier peut accélérer le courant d'air à volonté en augmentant le feu dans le fourneau d'appel^, ou en fermant en tout ou en partie, l'ouverture de la forge, au moyen des rideaux /î.
Le recuit terminé, l'ouvrier doit dérocher les pièces de bronze, en les mettant tremper dans un baquet rempli d'acide sulfurique faible ou d'eau seconde, et en plaçant ce baquet en b, fig. i et 3, sous la paillasse de la forge à recuire dont je viens de parler (i), les vapeurs nuisibles qui se dégagent lors du recuit montent au moyen du tirage général par la petite cheminée qui couvre ce fourneau, passent à travers la forge a et se rendent dans la grande cheminée. On peut encore augmenter la vitesse de l'aspiration en fermant l'ouverture de cette case au moyen d'un châssis ou d'un rideau.
Les pièces dérochées doivent être blanchies en les frottant sous la forge b avec le mélange d'acide nitrique, de sel et de suie dont j'ai parlé au chapitre ix.
On doit encore se servir de cette forge pour préparer la dissolution mercurielle , pour distiller l'acide nitrique et l'amalgame passé à la peau de chamois , pour pratiquer toutes les opérations qui ont pour but de préparer ou de purifier les matières premières que le doreur emploie, et pour exploiter les déchets d'atelier.
L'ouvrier, avant de préparer son amalgame sous le manteau de la forge à passer, en c, doit bien s'assurer du tirage de cette forge ; s'il est trop faible , il doit allumer du feu au foui-neau d'appel et fermer les rideaux placés à l'ouverture de cette forge ; il doit poser le creuset dans lequel se prépare l'amalgame au milieu de la paillasse, et doit y agiter l'or et le mercure avec une tige de fer courbée , en la tenant avec la main droite, couverte d'un gant de vessie, ou de taffetas ciré, et sans entrer la main sous la forge (o).
(i) J'ai fait arranger chez M. Delaunay, doreur à Paris, une forge à recuire où le baquet à dérocher se trouve phicé en dedans de la forge et au niveau de son sol. On couvre le baquet avec une feuille de tôle un peu épaisse ou avec une plaque de fonte lorsqu'on veut allumer le feu sur toute la longueur de la forge; ce baquet se vide à volonté et se nettoie au moyen d'un robinet placé sur le devant, en passant à travers la maçonnerie. Cette disposition du baquet a dérocher est très-salubre , et laisse libre la place qu'il occupe ordinairement dans l'atelier.
(2) L'ouvrier chargé de préparer l'amalgame pourrait encore faire cette combinaison dans
La combinaison de l'or et du mercure étant achevée , l'ouvrier doit laver l'amalgame comme il le fait ordinairement; mais il ne devrait le comprimer qu'en le pressant avec ses doigts , garnis de gants de vessie , de taffetas ciré ou de peau épaisse, ou, ce qui serait mieux, en le serrant dans un nouet de peau de chamois.
L'ouvrier doreur ne doit appliquer l'amalgame sur la pièce de bronze , qu'en faisant usage de la dissolution mercurielle dont j'ai donné la composition, chap. vu, et il doit en outre pratiquer cette opération sur une table surmontée d'une hotte en planches ou en osier doublée de papier et communiquant avec la grande cheminée au moyen d'un tuyau de poêle coudé. Si le tirage de cette hotte ne parpissait pas assez rapide, il faudrait l'accélérer en allumant au centre un bon quinquet.
L'ouvrier doretir qui persistera à vouloir employer de l'eau forte pure au lieu de dissolution mercurielle, devra surtout prendre les précautions que je viens d'indiquer. Dans tous les cas, l'ouvrier devrait se couvrir les mains de gants faits avec de la vessie, du taffetas ciré ou de bonne peau, pour appliquer l'amidgame sur le bronze; il éviterait ainsi les causes d'insalubrité qui naissent du contact continuel de la dissolution métallique et de l'amalgame sur la peau.
Le tirage de la forge étant bien établi, l'ouvrier y porte la pièce en c, fig. T , 2 et45 pour passer au feu, et en volatiliser le mercure. Il doit alors avoir soin de la brosser en allongeant les bras sous le manteau de la forge , surtout s'il fait agir la brossse en revenant sur luimême, ce qui peut , malgré le courant d'air, ramener du mercure vaporisé autour de sa figure, et dans l'atelier. L'ouvrier a ordinairement la main gauche garnie d'un gant épais; il devrait le faire doubler en vessie ou en taffetas ciré, et devrait mettre un gant de vessie à sa main droite : cette précaution devient surtout nécessaire s'il veut suivre le conseil donné plus haut, et ne pas passer la pièce sur le devant de la forge, parce qu'alors ses mains se trouveront beaucoup plus exposées aux vapeurs mercurielles.
J'insiste beaucoup pour changer de méthode en brossant la pièce de bronze chargée d'amalgame ; l'opération ne serait plus nuisible si on
une fiole ou dans un matras. M. de Tingry, qui a proposé ce moyen, comme nous l'avons déjà dit, a trouvé, en l'appliquant dans un atelier de doreur, à Genève, que l'on évitait ainsi le dégagement des vapeurs mercurielles qui sont si insalubres, qui occasionnent )a perte de plus du quart du mercure employé, et rendent très-incertain sur le dosage de l'amalgame.
l'exécutait comme nous venons de l'indiquer, et surtout si l'ouvrier brossait la pièce en faisant aller la brosse de gauche à droite, et de droite à gauche sans la ramener sur lui, ce que j'ai facilement et souvent fait exécuter devant moi.
L'ouvrier doreur ayant fini de passer les pièces qu'il a à dorer, doit les bien laisser refroidir sous le manteau de la forge à passer, en les couvrant d'une feuille de papier pour qu'il ne tombe pas dessus des gouttelettes de mercure. Son ouvrage étant fini, il doit aussitôt se laver avec soin les mains, la figure et la bouche; il ne doit pas surtout manger en faisant cette opération, qui est une des plus dangereuses de l'art qu'il professe.
Lorsque l'ouvrier met au mat la pièce de bronze dorée, il donne encore naissance à des vapeurs qu'il doit éviter avec soin de respirer, si la forge tire mal.
L'opération de la mise au mat est extrêmement dangereuse, parce que, dans ce cas, le courant descendant ramène dans l'atelier du mercure en vapeur et des acides dus à la décomposition des substances salines qui forment le mat; il se produit alors dans l'atelier des sels mercuriels qui ont l'action la plus nuisible sur l'économie animale, et qui malheureusement, étant réduits en vapeur et à l'état naissant, sont d'autant plus facilement absorbés par l'ouvrier qui les respire.
L'opération de la mise au mat se pratique en k. Le fourneau d'appel étant utilisé pour chauffer le poêlon au mat, comme on le voit en p, le doreur est toujours assuré d'opérer sous l'influence d'un bon courant d'air, qu'il peut d'ailleurs accélérer à volonté en fermant les rideaux des parties de la forge où l'on ne travaille pas (i); il se dégage encore quelques vapeurs nuisibles, ou au moins désagréables, lorsque l'ouvrier plonge dans l'eau la pièce qu'il retire du fourneau à mettre au mat. Le tonneau où se fait cette opération doit donc être placé sous l'influence d'un courant d'air dirigé vers la cheminée de la forge, comme on le voit en e : si la forge tire bien , les ouvriers doreurs peuvent éviter tous les inconvénients dont nous venons de parler : ils
(i) On doit chauffer avec du coke ou charbon de terre épuré, l'espèce de fourneau dont l'ouvrier doreur se sert pour mettre au mat les pièces de bronze dorées , et qui consomme ordinairement une très-grande quantité de charbon de bois ; le courant d'air rapide que l'on peut établir sous la forge, évite toute odeur, et l'ouvrier trouve dans l'emploi de ce combustible une grande économie, et plus de facilité pour régler son travail. Quant au fourneau d'appel, l'ouvrier ne doit le chauffer qu'avec du charbon de terre ordinaire.
ne doivent donc pas hésiter à y entretenir l'aspiration convenable , et à faire usage de ce grand moyen de salubrité.
Les précautions que nous venons d'indiquer pour mettre les pièces dorées au mat , doivent être de même prises lorsqu'on les met en or moulu, ou lorsqu'on leur donne la couleur d'or rouge; car l'on a à craindre, dans la pratique de ces procédés , l'absorption des sels mercuriels , des sels à base de cuivre et des oxides de ces métaux. Je ne puis que bien recommander l'emploi des moyens de salubrité indiqués plus haut et que j'ai toujours vu réussir.
Lorsque les pièces dorées ont été mises au mat et sont terminées, l'ouvrier a l'habitude de les faire chauffer, de les tremper dans l'eau seconde pour en enlever l'épargne qui peut y adhérer, et pour les bien nettoyer : il les lave ensuite à l'eau chaude et les fait sécher sur un réchaud rempli de braise allumée; ce réchaud répandant des gaz délétères dans l'atelier, doit en être éloigné; on doit le placer sous le manteau de la forge a recuire en a ou sous une petite hotte particulière , afin que les globules de mercure qui se trouvent dans la cheminée de la forge ne retombent pas sur les pièces dorées (i). On pourrait encore remplacer ce réchaud par une étuve convenablement construite, et qui pourrait servir de poêle à courant d'air en hiver ; je crois même qu'un quinquet qui éclairerait l'atelier, suffirait pour échauffer assez fortement une plaque de tôle oxidée ou vernie, ou une feuille de cuivre sur laquelle on poserait les pièces dorées que l'on veut faire sécher. L'ouvrier, qui a continuellement la tête penchée sur le réchaud, a grand intérêt à employer un de ces moyens de salubrité, qui sont d'ailleurs si simples, que je ne crois pas utile de les mieux développer : il en est de même pour les précautions que j'ai indiquées au sujet du ramonage des cheminées de doreurs. Le chapitre qui contient les détails de cette opération ne laisse, je crois , rien à désirer.
Quelques personnes ont pensé que si l'on pouvait supprimer l'emploi du mercure dans l'art du doreur sur bronze, on détruirait par cela seul l'insalubrité des ateliers où se pratiquent les opérations de cet art. Cette idée n'est point exacte, car l'insalubrité de ces ateliers doit être attribuée à plusieurs causes. On a fait bien des tentatives pour remplacer le mer-
;^(t) On pourrait cependant, en adoptant le plan que je propose, faire sécher les pièces de bronze dorées sur la plaque de fonte du fourneau d'appel, en ayant soin de les y poser entre deux feuilles de bon papier, et en ne chauffant la plaque qu'au degré convenable pour ne pas brûler
ce papier.
cure, mais elles n'ont point eu de succès, et on le conçoit facilement lorsqu'on examine avec soin les procédés de la dorure au moyen de l'amalgame.
Ces procédés , dus à des hasards heureux, ou à cette série de succès et de revers que l'on nomme pratique, et qui conduit les arts peu à peu à leur perfection , ne laissent à désirer que d'être moins insalubres; ils remplissent complètement et économiquement le but que l'on se propose; les résultats en sont parfaits. Je ne pense donc pas qu'il faille changer ces procédés. En supposant même qu'on parvînt à faire mieux, par d'autres moyens, ce ne serait point la génération actuelle qui profiterait de cette amélioration, parce que les ouvriers ne changent pas facilement, et à tous coups, de méthode; la routine s'oppose à ces secousses, même lorsqu'elles doivent être utiles. On voit donc qu'il faudrait encore, dans ce cas, penser à perfectionner les appareils; à plus forte raison doit-on s'efforcer de le faire, puisque nous n'avons maintenant aucune espérance de dorer sur le bronze solidement, et comme le demande le commerce, sans faire usage de l'amalgame.
J'ai dit que les ouvriers doreurs devaient se laver avec soin en sortant de l'atelier, qu'ils ne devaient jamais y prendre leurs repas, et qu'il leur serait même avantageux de suivre un régime approprié au genre de dangers qui les entourent; j'ajouterai qu'ils devraient changer d'habits en entrant dans l'atelier, et passer un sarrau de toile attaché autour des poignets et fixé autour du corps au moyen d'une ceinture; ce serait l'habit de travail qu'ils quitteraient en sortant pour reprendre leurs vêtements, serrés pendant ce temps dans une armoire éloignée des ordures, et surtout des vapeurs de l'atelier.
Je suis convaincu que ces précautions réunies, sont plus que suffisantes pour rendre l'état de doreur aussi peu insalubre que les états ordinaires. On voit que, dans le cours de ce travail, j'ai principalement adopté les moyens de salubrité qui dépendent de la perfection des ateliers et des outils (i), je n'ai indiqué que le moins possible les précautions de nature à gêner le travail , parce que ces moyens seraient souvent en opposition avec les besoins de l'ouvrier, qu'ils nuiraient à la perfection de l'ouvrage
(i) Il n'est question ici que des piécaulions à prendre dans les ateliers de doreurs. Lorsqu'il faut dorer des pièces de grandes dimeosions, comme une statue, un grand vase, etc., les forges ordinaires de doreurs ne se trouvant pas assez grandes, on est obligé de dorer en plein air; c'est alors que l'ouvrier doit s'isoler autant que possible, en travaillant dans un courant d'air, en se tenant au-dessus du veut, en s'attachant une éponge mouillée sur la bouche et le nez, en
— 9° — ou à la rapidité de l'exécution, et surtout parce que les ouvriers ne les adopteraient point; car il est de fait que l'ouvrier français préfère toujours le moyen expéditif et simple, quoique dangereux, au moyen plus salubre, mais plus compliqué. L'amour-propre lui fait d'ailleurs rejeter l'usage des précautions les plus ordinaires : il est peu d'ateliers où on ne se moque de l'ouvrier qui soigne sa santé, et les choses y arrivent ordinairement au point qu'il est bientôt obligé de faire comme ses camarades , et de refuser les moyens de salubrité qui lui sont offerts. Il faut donc rendre, autant que possible, ces moyens indépendants de sa volonté, et éviter ainsi les causes de l'opposition due à la routine , car c'est , je crois, le seul obstacle qui reste à vaincre pour atteindre le but proposé.
meUant un masque avec des yeux de verre, et se couvrant les mains avec de bons gants , etc.. etc. Ces moyens qui ont été proposés depuis longtemps, mais surtout dans ces dernières années, par M. Gosse , de Genève , par M. Brizé-Fradin , etc., peuvent être alors employés avec grand avantage. L'ouvrier doit surtout éviter de respirer l'air chargé de gaz délétères, et de mercure en vapeur; il doit en outre prendre toutes les précautions de salubrité que nous avons indiquées pins haut.