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DEUXIÈME SALLE

Q , Poêle dont le recouvrement est creusé en bain de sable , et dont le four sert d'étuve. Le tuyau de ce poêle traverse le mur qui sépare les deux salles, et débouche en un point élevé de la cheminée générale du laboratoire, dont il avive le tirage en y raréfiant l'air par la chaleur qu'il apporte.

R, Vasistas carré pratiqué dans l'épaisseur du mur, à 2™, 5 au-dessus du sol. 11 sert, ou pour établir un courant d'air, ou pour déterminer le tirage du poêle.

S, S, Armoires vitrées dont les portes s'ouvrent à coulisse, en pas.<>ant l'une sur l'autre sans quitter le même plan vertical.

T , Table munie de tiroirs.

U, U, Cours de tablettes d'appui.

Les cinq croisées des deux salles sont désignées par les lettres 'V,V,V,V,V.

Fig. 2, |)1. 18. Élévation du système général des fourneaux. Ils sont tous adossés au mur de séparation des deux salles.

Les mêmes parties sont marquées des mêmes lettres dans les plans et les élévations.

B . Hotte ou manteau de la cheminée principale. Des creusets , des vases et des appareils usuels sont disposés tant sur l'entablement que sur un cours de tablettes qui règne un peu plus haut.

W, Paillasse en briques. Voyez-en le plan , Hg. 2, pi. 19. C'est un àtre relevé de près d'un mètre au-dessus du sol. Elle réunit : 1° une forge ordinaire, ayant son soufflet en H ; a° quatre fourneaux évaporatoires; les portes des cendriers sont en e , e , e , e. Elles sont ici fermées par un tampon en tôle que représente la fig. 3, pi. 18 ; 3° une étuve ; la porte est en /; [\° im fourneau d'étuve , servant en outre à échauffer une grande plaque de fonte g, qui répond au-dessus, et termine de ce côté la table de la paillasse; h est la porte de ce fourneau, i celle du cendrier; 5° des cavités y, y, servant de charbonniers.

Z, Z, Z, Z, Couvercles de tôle suspendus au mur vertical qui forme le fond de l'àtre : ils servent , ou comme étouffoirs , ou comme bains de sable , selon le sens où on les pose sur les fourneaux d'évaporation ; la fig. i4j pi- 18, en fait connaître la forme.

k, k' , Ouvertures dont nous expliquerons l'usage.

Y, Y, Rideaux de toile, servant à hâter le tirage en diminuant l'on-

— i8a — verture de la cheminée principale , ouverture mesurée par l'espace compris entre l'entablement de la hotte et la ligne supérieure de la paillasse. Ilâ ont été préparés avec une mixtion saline, composée de borax et de muriate d'ammoniaque , ce qui les rend presque incombustibles. Le bas en est garni de balles de plomb qui les maintiennent et s'opposent à ce que les courants d'air ne les soulèvent. Ces rideaux, s'ouvrant et se fermant à volonté , sont une des dispositions essentielles du principe de ventilation qui distingue le laboratoire salubre.

/, /', Jambages delà cheminée : le premier est traversé par la tuyère du soufflet H; le deuxième porte une ouverture que montrent les fig. i, 2, 6, 7, où elle est désignée par la lettre m.

C, Fourneau à bain de sable : on y a placé pour exemple un matras «, dont le col s'engage dans l'ouverture in que nous venons de spécifier; o est la porte de ce fourneau , et p celle du cendrier.

E, Fourneau d'alambic. La cucnrbite s'j' trouve mise en expérience.

D, Fourneau de fusion. Le conduit q donne passage à la fumée, et débouche dans la hotte. La porte t est en fer, ayant un loquet à manche brisé; fermée, elle se trouve dans un plan dont l'inclinaison est de 45 degrés à peu près. La porte du cendrier, qu'on voit en s , est percée d'un trou demi-circulaire , sur lequel joue à frottement une pièce de tôle de même forme, tellement qu'on peut en graduer l'ouverture à volonté, selon le volume d'air qu'on veut introduire. Pareille disposition a lieu pour les autres portes de cendriers , excepté celles e, e, e, e, dont l'aspiration se règle par un moyen différent que nous ferons connaître.

H , Soufflet à deux vents. La tuyère se rend dans l'àtre de la forge , après avoir traversé le jambage /.

P, Porte de communication des deux salles.

Fig. 2 , pi. 19, Plan général des fourneaux et de la paillasse.

W, Paillasse construite en briques réfractaires.

/, V , Jambages de la cheminée : le premier est traversé par la tuyère du soufflet de forge ; le deuxième porte une ouverture m dont nous avons déjà parlé.

t, .\tre de la forge.

X,X,X, Fourneaux évaporatoires de diverses capacités; le plus petit s'emploie pour les expériences qui n'exigent que peu de combustible : de ce choix résulte une économie. Les portes des cendriers sont désignées par e, e, e, dans la fig. 1 , pi. 18.

X', Fourneau d'appel. Il ne diffère des trois précédents qu'en ce qu'il

a de plus qu'eux une cheminée spéciale qui part du cendrier, et qui, lorsqu'on ferme exactement la porte de celui-ci, détermine une combustion à flamme renversée ; voici comment : le feu n'étant yilus alors soutenu par le volume d'air ascendant auquel cette porte livrait passage, s'alimente d'un courant qui, prenant sa source dans l'atmosphère supérieure de la salle, traverse le charbon enflammé , gagne le cendrier, et s'échappe par la petite cheminée, laquelle aboutit en un point élevé de la cheminée générale; celle-ci, se trouvant par-là échauffée dans sa partie supérieure, devient plus aspirante, prend un tirage actif; on dit alors qu'elle appelle.

On a disposé, comme nous le verrons, d'autres moyens d'appel, qui n'ont pas , comme celui-ci , l'inconvénient d'exiger une dépense spéciale de combustible; ils consistent à prolonger verticalement dans la cheminée principale , et à une hauteur réglée par l'expérience , tous les conduits des petites cheminées particulières qui s'y rendent. Ces secours suffisant pour l'ordinaire, on transforme le fourneau d'appel X' en fourneau d'évaporation , tirant à flamme ascendante , ce à quoi on parvient en ouvrant la porte du cendrier.

u. Conduit de la cheminée du fourneau d'appel.

V, Conduit de la cheminée du fourneau C.

k, k\ Ouvertures pratiquées dans ces deux petites cheminées.

g', Grande plaque de fonte, échauffée par le fourneau d'étuve ; elle est horizontale ; on y fait sécher les filtres.

ce, Pièce rectangulaire qui s'élève ou s'abaisse pour ouvrir ou fermer la petite cheminée du fourneau d'étuve.

C, Fourneau dont il a été parlé ci-dessus; il porte un bain de sable dont une des deux moitiés est plus profonde que l'autre.

E, Fourneau d'alambic.

D, Fourneau de fusion, autrement ^\\. fouTneaii à vent; r est la porte du foyer, q le conduit de la cheminée.

Fig, 3, pi. ig. Plan des cendriers. )',J,J, y, Cendriers des quatre fourneaux X, X, X, X. e, e, e, e. Portes des cendriers.

z , Bouche de la cheminée d'appel.

w, Grille et foyer du fourneau d'étuve.

h, Porte de ce foyer; a, bouche de la petite cheminée qui lui est propre.

b', b\ Espace que parcourt la flamme du fourneau d'étuve, laquelle

— i84 — vient heurter contre la demi-traverse d qui l'oblige de circuler avant d'atteindre la cheminée a! , Pendant ces détours elle échauffe les deux plaques de fonte qui renferment cet espace. L'une de ces plaques forme le toit incliné de l'étuve ; l'autre, qui est celle de dessus, a été désignée par g dans la figure précédente.

d ',|Grille et foyer du fourneau G.

o , Porte de ce foyer.

V, Cheminée propre à ce fourneau.

D, Fourneau de fusion; e', la grille, ç, le conduit de la fumée.

Fig, 4 5 ph 19? Plan des fourneaux au niveau du sol.

y, j . Charbonniers pratiqués dans le bas de la paillasse , au-dessous des cendriers.

f. Cendrier du fourneau C , la porte est en p.

g' Cendrier du fourneau D , la porte est en s.

Fig. I , pi. 19, Coupe générale suivant la ligne A B , fig. 4. Elle montre l'ensemble des dispositions intérieures.

X,X,X, Fourneaux évaporatoires.

X', ïourneau d'appel. Nous en avons donné l'explication: z est la bouche de la cheminée ; elle devient aspirante lorsqu'on ferme le cendrier.

yiXiJiJi Cendriers de ces quatre fourneaux.

u\ u, V, Traits ponctués indiquant les directions que prennent dans l'épaisseur du mur les cheminées particulières des fourneaux d'étuve, d'appel et du bain de sable. Toutes, comme on voit, sont surmontées de tuyaux qui portent la chaleur en des points élevés b, c, d, de \a cheminée générale, et fournissent trois moyens de hâter l'appel. L'objet des ouvertures A, k', est de faciliter le ramonage des deux dernières. Ces ouvertures ont encore un autre emploi : comme elles ont la propriété d'aspirer quand le tirage est établi, on y engage le col des matras mis en expérience sur la paillasse, ce qui débarrasse des vapeurs qu'ils exhalent ; hors de ces deux fonctions , elles demeurent fermées. Quant au ramonage de la cheminée d'étuve, on y procède après avoir mis à découvert la bouche a' en enlevant la grande plaque de fonte g.

A', Espace ménagé à la naissance du tuyau de la cheminée principale, pour que le ramoneur y puisse entrer.

w, Grille et foyer du fourneau d'étuve.

b', b', Espace que parcourt la flamme. Il est en partie interrompu par la demi-traverse c', qui force le courant à circuler avant d'atteindre la cheminée a'.

iy Cendrier.

B', Intérieur de l'étuve. Une plaque de fonte i', l, en forme la partie supérieure , et se trouve échauffée par la flamme et par le courant d'air chaud issus du foyer w. L'inclinaison donnée à cette plaque a deux objets : d'une part , elle active le tirage en facilitant l'écoulement ascensionnel du courant ; de l'autre , elle hâte réchauffement , vu qu'ainsi la flamme agit par choc, tandis qu'elle ne ferait que glisser lentement si la pièce était horizontale.

X, Petite plaque de fer qui glisse à frottement sur le plan vertical de l'âtre ; elle sert à fermer la bouche a' quand on a cessé d'alimenter le foyer w , et qu'on veut en réserver la chaleur. C'est, comme on voit , une clef, un registre, une pièce qui sert à régir le fourneau d'étuve.

gy Plaque de fonte horizontale échauffée par le foyer w. Nous en avons fait connaître l'emploi.

j,j, Charbonniers.

C , Fourneau à bain de sable : v , bouche de cheminée ; d', grille et foyer; /^', cendrier; n, matras mis en expérience : le col s'engage dans l'ouverture aspirante m , au moyen de quoi les gaz développés ne se répandent jamais dans la salle.

m, Ouverture pratiquée dans le jambage /'; on l'a évasée intérieurement pour en augmenter la faculté aspirante , et aussi pour qu'elle se prêtât mieux à la position inclinée du matras.

m' Extrémité du tuyau qui conduit la fumée du poêle établi dans la deuxième salle. Ce tuyau , après avoir pénétré le mur de séparation , débouche , comme on voit , dans un point élevé de la cheminée principale, et y fournit un quatrième moyen d'appel.

D, Fourneau de fusion; e', la grille sur laquelle se place le combustible; g', le cendrier ; q, la cheminée : celle-ci est pourvue d'un registre C, qui est une pièce de fer en forme de rectangle, jouant à frottement dans un plan horizontal pour ouvrir ou fermer le conduit q , et régler, par ce moyen, la température du foyer e',

a, Tuyau de tôle qui prolonge le conduit q dans l'intérieur de la cheminée générale, d'où résulte pour celle-ci un cinquième moyen d'appel. De ces cinq moyens d'appel un seul suffit , et cependant leur concours n'affaiblit point l'effet.

Le rôle du tuyau de prolongement a ne se borne pas à ce que nous en avons dit; il est essentiel aux fonctions du fourneau D, vu qu'il en active singulièrement le tirage individuel , et que , par suite , il contribue

— i86 — à la haute température que prend le foyer e'. Ce tirage si actif, d'où résulte un feu violent , nécessaire dans beaucoup d'opérations métallurgiques , tient en outre à la grande hauteur du conduit de la cheminée principale , lequel parcourt les deux étages du pavillon.

E, Fourneau portant l'alambic; la figure en indique les dispositions intérieures , la grille et le cendrier.

Fig. 6, pi. 19. m. Extérieur de l'ouverure percée dans le jambage /', au-dessus du fourneau C , lequel porte un bain de sable où se trouve placé un matras n dont le col s'engage dans cette ouverture aspirante; elle se ferme au moyen de petites plaques contigués accrochées à la paroi, tellement que chacune peut s'enlever indépendamment des autres, ce qui permet de graduer cette ouverture en proportion des matras qu'on veut mettre en oeuvre, et de lui conserver par-là son tirage. Dans l'exemple que montre la figure , on n'a décroché qu'une seule plaque. Ajoutons que la ligne où se trouvent les points d'appui est renforcée d'une plate-bande de tôle , festonnée en demi-cercles , ainsi que le montre la fig. 2, pi. 19.

Fig. 7, pi. 19. Disposition intérieure du fourneau d'appel X'.

X', Foyer ; z, bouche de la cheminée u. Cette dernière est surmontée d'ini tuyau dont le faîte est en b; k, ouverture pour le ramonage; j; cendrier , ayant sa porte en e , qui se trouve ici fermée par l'un des tampons de tôle que la fig. 3, pi. j8, représente; y, charbonnier.

m, Ouverture percée dans le jambage /'. Voyez les fig. i et 6, pi. 19.

A'. Espace ménagé pour le ramoneur.

m', Tuyau du poêle.

Fig. 5, pi. 19. Coupe sur la ligne C D', fig. 3, pi. 19; elle montre l'intérieur du fourneau de fusion ; les sinuosités du foyer, d'où résulte une réverbération de chaleur et un tirage rapide ; les armatures en fer qu'exige la haute température qu'on excite ordinairement dans ce foyer; enfin la disposition au moyen de laquelle la grille e'peut être placée à deux hauteurs différentes , selon les dimensions du creuset qu'on met en expérience : ce moyen de varier la capacité du fourneau apporte une économie de combustible; q , conduit de la cheminée; r, porte du foyer; g, cendrier, ayant sa porte en s.

Fig. 6, pi. 18. Souche de la cheminée principale, sur le toit du pavillon. Elle porte un chapiteau formé d'une feuille de tôle, courbée en portion de cylindre, et soutenu par quatre tiges de fer, ce qui empêche les eaux pluviales d'entrer dans le conduit; ce dernier, comme on voit.

ne se termine point par un rétrécissement , contre la coutume des constructions ordinaires , coutume que M. D'Arcet improuve et qu'il regarde comme nuisible à l'effet de son système de ventilation.

Fig. 3, pi. 1 8. Elle représente les deux projections de l'un des tampons de tôle qui servent à fermer les cendriers des fourneaux X, X, X, X', comme on le voit dans les fig. 2, pi. 18, et 7, pi. 19. Les bouches des quatre cendriers étant pareilles , leurs tampons le sont aussi; d'où la facilité d'employer le premier venu , ce qui économise du temps. Chaque tampon entre à frottement , tellement qu'on peut graduer l'ouverture de la bouche , selon la température qu'on veut obtenir dans le foyer. Ce frottement est donné par un renflement hémicylindrique , que montre la figure, et dont la surface est criblée de trous qui livrent passage à l'air. Une poignée facilite le maniement de cette espèce de porte.

Fig. 4, pi- 18. Projections de l'un des étouffoirs désignés dans la fig. 2, par la lettre Z; ce sont des calottes sphériques en tôle, dont le bord est armé d'un anneau mobile ; leurs grandeurs sont variées comme celles des fourneaux X, X, X, X', qu'elles sont destinées à recouvrir lorsqu'on veut éteindre le charbon. Pour cela, on met im de ces couvercles sur son fourneau, la convexité en dessus , et l'on bouche en même temps la porte du cendrier au moyen du tampon que nous avons décrit.

Ils ont un autre emploi : remplis de grès pilé et tamisé , et placés inversement sur les fourneaux X, X, X, X', la convexité en dessous, ils n'étouffent pas le feu , et servent ainsi de bain de sable.

Fig. 5, pi. ig. Fourneau mobile, dont on a figuré le fond, le dessus, la coupe et l'élévation. Il est d'une simplicité remarquable, n'ayant ni grille ni cendrier : c'est im vase de terre cuite, de la forme d'un creuset, percé à son fond pour l'écoulement de la cendre, et portant trois autres trous vers le tiers de sa hauteur, sur son pourtour, lesquels donnent passage à l'air qui afflue de l'extérieur. Le bas de ce fourneau est consolidé par une armature ou sabot en tôle. La bouche étant supposée recouverte d'une capsule mise en expérience, les trois échancrures qu'elle porte donnent issue à l'air qui a servi à la combustion,

BRIANCHON ,

Professeur de sciences physiques et mathématiques à l'École d'artillerie de la Garde royale.

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