‹ Collection de mémoires relatifs à l'assainissement des ateliers, des édifices publics et des habitations particulières, t. 1Chapitre 52 sur 77 · CHARBON · texte numérisé non relu

CHARBON

employé.

•120 gr. j

^ gr.

Idem.

Idem.

7gr.

Idem.

Idem.

15 min.

900 mill.

Termes moyens.

■1 gr.

7 gr.

W,ôô

On voit que ces essais ont été passés dans le même temps qu'au fourneau ordinaire; que les titres se sont trouvés dans les limites voulues par la loi, et que la quantité de charbon employée ne s'est élevée qu'à i4o gram. par essai d'argent, au titre de 900 mill.

Mais, au moment où le tuyau vertical avait été placé sur le fourneau, le feu était allumé depuis longtemps; il était à craindre que ce tuyau, qui était capable d'entretenir la combustion, ne pût pas établir un courant d'air assez fort pour élever promptement la température en prenant le fourneau froid; l'expérience suivante a été faite pour répondre à cette objection.

On a laissé refroidir tout à fait le petit fourneau, et on l'a rallumé en ne faisant usage que du tuyau vertical; en une demi-heure la température de la moufle a été portée au degré nécessaire , et il n'a fallti pour l'amener à cet état que 220 grammes de charbon, qui, au prix où il est à Paris, valent au plus 4 cent. 7. On a pris le fourneau ainsi chauffé, et en l'entretenant on y a passé de suite quatre essais sans difficulté.

Il est donc bien démontré que le petit fourneau à coupelle, présenté par MM. Anfrye et D'Arcet, peut donner le degré de chaleur convenable, et qu'il peut même l'acquérir promptement, en ne faisant usage, pour accélérer la combustion , que d'un simple tuyau vertical.

Les expériences rapportées plus haut ont, en outre, prouvé que les essais passés à ce petit fourneau , étaient faits dans le même espace de temps qu'au fourneau ordinaire; qu'ils y passaient bien; que les titres trouvés se rapportaient avec ceux qui étaient déterminés, en se servant du grand fourneau , et que l'économie apportée dans le combustible

— ao6 — était telle qu'il paraît inutile de chercher mieux, et que Ton aurait même peine à y croire, si l'expérience n'en démontrait pas la réalité.

Nous croyons donc, Messieurs, que vous pouvez donner votre approbation au petit fourneau à coupelle qui vous a été présenté par MM. Anfrye et D'Arcet , et qu'on peut l'adopter pour le service des bureaux de garantie de province, où il n'y a qu'un petit nombre d'essais à faire. Nous ajouterons encore que nous croyons que ce fourneau pourra être utile dans les laboratoires de chimie et dans les ateliers de quelques arts, où l'on s'empressera sans doute de l'adopter.

Signé Thenard, Vauquelin.

Pour copie certiGée conforme:

Par le secrétaire-général de l'administration générale des monnaies,

Bertrand.

Description d'un petit fourneau à coupelle. INTRODUCTION.

Le fourneau à coupelle, dont l'invention parait remonter au xiii" siècle, a éprouvé depuis cette époque xva grand nombre de changements. On en a souvent fait varier la forme et les dimensions; mais les différents essais que l'on a tentés n'ayant pas été faits comparativement, n'ont pas montré quelle serait sa meilleure construction, et ont produit au contraire cette diversité de forme que l'on remarque lorsque l'on examine les fourneaux à coupelle qui se trouvent gravés et décrits dans les anciens traités de docimasie, et que l'on observe surtout lorsqu'on compare entre eux les différents fourneaux à essai dont on se sert aujourd'hui dans les principaux états.

En comparant l'ancien fourneau à coupelle, décrit par Agricola, Schindlers, Schultter, etc., à ceux qui ont été proposés depuis et à celui dont on se sert maintenant en France, dans les laboratoires des monnaies, etc., etc., etc., on voit que tous les changements qui y ont été successivement apportés n'ont eu pour but que d'en élever davantage et à volonté la température , et que l'on n'a eu aucun égard à l'économie du

— ao^ — combustible. C'eût été cependant un travail fort utile que celui qui aurait fourni les moyens de donner la température nécessaire à la moufle, en ne brûlant dans le fourneau à coupelle que le moins de charbon possible.

C'est surtout depuis la révolution que les essayeurs ont senti la nécessité de diminuer les frais qu'ils ont à supporter. Cet état qui était privilégié a cessé de l'être. Le nombre des essayeurs a augmenté ; le commerce des matières d'or et d'argent s'est trouvé restreint, et le prix du combustible et de la main d'œuvre s'est considérablement élevé, tandis que les rétributions accordées aux essayeurs sont non -seulement restées les mêmes, mais se sont encore trouvées souvent diminuées par la concurrence qui s'est établie entre eux.

La dépense en combustible est si grande , en se servant du fourneau à coupelle ordinaire, que les essayeurs, qui ont peu d'essais à faire , ne se décident qu'avec peine à allumer leurs fourneaux; et attendent souvent pour le faire qu'il leur soit arrivé un assez grand nombre d'essais pour que la recette puisse au moins couvrir la dépense. L'on sait que c'est ce qui arrive journellement dans la plupart des bureaux de garantie ; et l'on conçoit aisément combien cet état de choses a pu gêner la marche du commerce , et a dû surtout apporter de retard dans l'expédition des affaires relatives à la marque d'or et d'argent.

L'administration générale des monnaies sentant la nécessité de remédier à ces inconvénients , de régulariser le service de ses bureaux de garantie et d'assurer en même temps aux essayeurs \m bénéfice certain, sans augmenter ni leurs rétributions ni les charges du trésor public, nous chargea, vers la fin de 1812, de chercher les moyens de diminuer les frais qu'occasionne l'usage du fourneau à coupelle ordinaire, et surtout de tâcher de le réduire au point de pouvoir y passer avec avantage un petit nombre d'essais.

Tel fut le problème que nous proposa l'administration générale des monnaies. Pour le résoudre, nous commençâmes par examiner les différents moyens coniuis qui nous parurent le plus se rapprocher du but ; mais nous n'y trouvâmes rien de satisfaisant.

Quelques essayeurs, pour économiser le combustible, avaient foit construire depuis peu de temps des fourneaux à coupelle de moyenne grandeur; d'autres en avaient supprimé la grille et le cendrier, et l'avaient ainsi ramené à sa forme primitive; mais en sacrifiant l'avantage que présente le fourneau à coupelle ordinaire, et en passant les essais à une tem-

pérature plus basse, ils n'avaient obtenu qu'une économie bien faible en comparaison de celle que l'on désirait. Le petit appareil proposé par M. Aikin, et la note qu'il a publiée à ce sujet (i) nous parurent mériter plus d'attention : nous croyons qu'il a eu le premier l'idée heureuse d'opérer la coupellation dans un fourneau beaucoup plus petit que ne l'est le fourneau à coupelle ordinaire, et d'employer l'air chassé avec force par un soufflet pour y opérer rapidement la combustion du charbon, et pour pouvoir donner à peu de frais, à la coupelle, la température convenable. Mais l'inspection de la gravure qui représente l'appareil dont il se sert démontre, que si l'on peut y opérer la coupellation, il est impossible d'y donner à l'essai qui passe au fond d'un creuset , les soins qui seraient nécessaires pour pouvoir compter sur l'exactitude des résultats.

M. Aikin n'a donc point tiré tout le parti possible du moyen qu'il a proposé; il n'a rempli que la condition la moins importante; et l'expérience prouve que son appareil , quoique fort ingénieux , n'a pu être d'aucune utilité dans l'art de l'essayeur.

En réfléchissant sur ce qui avait été fait, nous avons pensé que l'on pourrait peut-être faire mieux', et nous en avons appelé à l'expérience, qui seule pouvait nous conduire au but.

Nous avons fait construire un grand nombre de fourneaux de forme et de dimensions différentes, et nous avons comparé les titres que l'on obtenait en se servant de chacun d'eux, aux titres que donnaient les mêmes essais faits aux fourneaux à coupelle ordinaire. Il nous est arrivé ce qui arrive souvent dans la pratique des arts, où, perfectionner les appareils, c'est presque toujours les simplifier : nous avions commencé par passer nos essais dans un très-petit fourneau, au milieu des charbons; nous sommes revenus à en isoler la coupelle et à la renfermer dans une petite moufle. Nous nous servions d'abord du soufflet de la lampe à émailleur pour accélérer la combustion du charbon; mais d'après l'avis de M. Mongez, nous avons abandonné ce moyen, dont l'emploi détournait l'attention de l'essayeur. Nous avons donné à la petite moufle la température nécessaire en augmentant le tirage du fourneau au moyen d'un simple tuyau de tôle placé sur le dôme.

Ces tâtonnements, et beaucoup d'autres que nous passons sous silence, sans être difficiles, ont été longs et ennuyeux; mais nous étions forte-

(t) La desciiplion du fourneau qu'il a proposé se trouve dans tes Élémenls de cliimie de William Henri, traduction française de la sixième édition, tome i, page 527.

ment encouragés dans ce travail par MM. les administrateurs généraux des monnaies qui nous avaient engagés à le suivre avec soin ; nous devons leur témoigner ici notre reconnaissance, non-seulement pour l'intérêt qu'ils ont bien voulu prendre au succès de nos expériences, mais encore pour avoir bien voulu nous aider journellement de leurs conseils.

Le petit fourneau dont nous allons donner la description est le résultat des différents essais que nous avons faits pour arriver au but qui nous avait été proposé. L'opinion favorable émise par MM. Vauquelin et Tlienard, dans le rapport qu'ils ont fait à l'administration générale des monnaies au sujet de ce petit fourneau (rapport qui se trouve imprimé au commencement de cette description), prouve assez que nous avons complètement rempli les intentions de ladministration ; les expériences qui y sont rapportées ne laissent aucun doute à cet égard, et nous di.spensent même d'entrer dans déplus grands détails. Nous ajouterons seulement qu'en comparant les moyens que nous indiquons à ceux qu'avait donnés M. Aikin , on verra qu'à la vérité nous avons profité de ses idées pour compléter une partie de notre travail; mais que le fourneau que nous adoptons, et que nous proposons pour le service des bureaux de garantie , n'a rien de commun avec celui dont il a donné la description; qu'il ne diffère des fourneaux à coupelle, décrits par MM. Sage et Tillet, et de ceux dont on se sert en France dans les hôtels des monnaies , que par sa forme, par la petitesse de la moufle, et surtout par le peu de volume qu'il occupe.

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