SCÈNE VIII
Trahir ainsi , trahir sa flamme !
Son abandon, sa fausseté, Et sa présence, et sa beauté, Tout vient ici troubler mon âme.
CONSTANCE
Ah ! que mon cœur est agité !
11 doit, hélas! être irrité, Et m'accuser de fausseté.
Tout vient ici troubler mon âme.
Je parie, ma nièce, que vous ne devinez pas le motif de sa grande colère; c'est à mourir de rire : il s'était pris d'un fol amour pour une petite coquette, et parce qu'il a des soupçons...
SAINT-ANGE
Des soupçons! Dites donc des preuves irrécusables.
CONST A NCE.
Peut-être vous trompez-vous; souvent l'apparence...
S VINT -ANGE, à part.
Voilà le comble de la perfidie.
M ARCÉ
Vous avez reçu de ses nouvelles?
S VINT- ANGE
Oui, et des plus récentes encore
MARC É
Elle vous est infidèle? eh bien! morbleu! il ne faut pas se désoler pour ça; oubliez-la, et aimez-en une antre. Voilà comme je me vengerais à votre âge.
i 74 UNE HEURE DE MARIAGE.
CONSTANCE
Ah! mon oncle, quel conseil donnez-vous à monsieur !
SAINT-ANGE, avec dépit.
Il est excellent, madame, et j'en profiterai.
MA RCÉ.
A merveille; et vous, ma nièce, comment vous trouvez -vous du mariage, hein? Ah! dame, c'est drôle, n'est-ce pas, un lendemain de noce? J'espère qu'avant un an je serai grand oncle; écoutez donc, M. Germeuil , je m'en prendrai à vous au moins.
constance.
Mon oncle...
Elle rougit cette pauvre petite... tant mieux... tant mieux... C'est une bonne habitude, ma chère nièce, ne la perciez pas. ( a. Germeuil.) Que tu es heureux, fripon !
SAINT- ANGE
Le joli rôle que je joue là.
MARC É
J'aime à voir des jeunes mariés, moi... ça me ragaillardit.... Ecoutez, mes amis : je vous ai fait préparer une chaumière dans le fond du parc, elle est
isolée de tous les autres corps de logis et n'est
composée que d'une seule pièce Ce sera là votre
appartement.
ELISE, à Germruil.
Ah! mon Dieu, entends-tu?