SCENE VIII. i
COy.STAXCE.
Mon oncle, je n'aime point à me séparer de mon amie.
M A RCÉ.
Oh! je n'entends pas raison là -dessus. Voici la chambre de mademoiselle... vous aurez tout le temp* de la voir pendant le jour.
CONSTANCE
Mon oncle, c'est que...
Il faut que de nouveaux époux soient entièrement libres, n'est-il pas vrai, monsieur de Saint-Ange?
SAINT- ANGE
< )ui , oui , monsieur.
M V RCÉ.
Mais vous regardez ma nièce d'un œil terrible
on croirait vraiment que vous lui en voulez.
CONSTANCE
Monsieur n'a aucun motif...
SAINT - ANGE , avec dépit.
Non, madame, non; je n'en ai aucun; je vous ai au contraire beaucoup d'obligation.
M A RCÉ.
Allons, voilà qu'il commence à s'adoucir. Je veux vous voir avant peu les meilleurs amis du monde. À propos, vous n'avez pas vu mon parc, mes plantations, mes prairies artificielles venez, ma petite
nièce , nous irons, par la même occasion, à la chaumière dont je vous ai parlé C'est un petit temple
que j'ai pris soin d'élever à l'hymen, et j'espère bien...
Vous ne venez pas, monsieur de Saint-Ange?
S A I N T - A JN G E
Pardon, dans un instant j'irai vous rejoindre.
CONSTANCE, à part.
Si je pouvais le détromper !
M ARCÉ
Mademoiselle, voici votre appartement, si vous voulez en prendre connaissance... Ne vous gênez pas surtout, (a Saint-Ange.) Eh bien! venez donc, M. de Saint -Ange.
SAINT-ANGE
Je vous suis.
Laissons-le, ma nièce, laissons-le; il ne se plaît que loin du monde , et il ne faut pas troubler sa solitude.
( Il s'en va avec Elise et Constance.)