‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 107 sur 290 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

nant, personne ne peut nous entendre Allons,

laisse le ton pathétique.

SAINT-ANGE

Encore une fois, adieu.

GERMEU1L.

Comment , adieu ! Est-ce que tu nous quittes ?

SAINT-ANGE

\ l'instant même.

^ GERMEUIL

Et pourquoi ce départ si brusque?

S AI NT- ANGE

Je dois t'en cacher les raisons... Qu'il te suffise de savoir qu'il est des sacrifices que l'on doit faire à l'amitié.

GERMEUIL

Allons, parle Je veux absolument que tu me

dises...

SAINT-ANGE, preuant uu ton solennel.

Tu l'exiges... mon ami... Eh bien! il faut te satisfaire.

GERMEUIL

Tu me fais trembler!

SAINT-ANGE

Apprends donc que la perfide que j'ai tant aimée... qui m'a trahi...

Eh bien ! cette perfide ?

SAINT-ANGE

Est ta femme.

Aut. eonteinp. Et. 1. ,2

GERME UIL.

Ma femme? (a pan.) Parbleu! la méprise n'est pas mauvaise.

SAINT-ANGE

Oui, ta propre femme : tu m'avoûras que c'est bien le cas de devenir misantrope... Il y va de ta tranquillité; ainsi adieu, pour la dernière fois, adieu...

GERMEUIL

Quoi! mon ami, ce n'est que cela? Reste, reste, te dis-je, ça ne me fera pas la moindre peine.

SAINT-ANGE

Comment! toi, autrefois si jaloux...

GER3IEUIL.

Oui, jaloux de ma maîtresse; mais de ma femme, ah!

S \I NT- ANGE

Plaisantes-tu ?

GERMEUIL

Non, ne te gène pas, te dis-je; me prends-tu pour un mari ridicule? Reste, mon ami, reste, je t'en supplie.

S A I N T - A N G E , avec dépit.

Oui, je resterai, je resterai; mais c'est pour lui prouver qu'elle m'est tout à fait indifférente... Si je partais, elle pourrait croire que ce serait par dépit, par désespoir... Oh! non, non... Je veux lui prouver... (a Germeuii.) Mon ami, c'est an été, je reste, je reste, je suivrai le conseil de ton oncle... Ah! quelle idée sublime! Mon ami, je ne l'aime plus... la charmante Elise l'a tout à fait bannie de mon souvenir.

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