SCENE XVIII. i
SAINT-ANGE
Oui, madame.
Vous vous éloignez déjà du nouvel objet de vos amours ?
SAINT- ANGE
Point du tout, madame, car je croyais le trouver
CONSTANCE
A merveille. II- paraît que vous l'aimez beaucoup?
SAINT- ANGE
Eperdument , madame.
CONSTANCE
Voilà une flamme bien subite.
SAINT-ANGE
Oui , mais bien sincère.
CONSTANCE
Vous vous mariez, m'a-t-on dit?
S AINT- ANGE.
On dit vrai, madame, je me marie.
CONSTANCE
Bientôt?
SAINT-ANGE
Pas aussi promptement que je le désire.
CONSTANCE
Et c'est un mariage?...
D'inclination, madame, d'inclination.
CONSTANCE
Puissiez-vous trouver dans un lien si doux tout le bonheur que vous méritez !
SAINT-ANGE
Je vous suis obligé; mais puisque vous me voulez tant de bien, permettez -moi de vous demander une grâce.
CONSTANCE
Une grâce, monsieur? parlez.
SAINT- ANGE
Vous connaissez celle que j'aime.
CONSTANCE
Elle est ma meilleure amie.
SAINT-ANGE
C'est à ce titre que j'ose vous prier de lui parler de moi... dites-lui bien que je n'aspire qu'à la rendre heureuse.
CONSTANCE
Je n'y manquerai pas, monsieur.
SAINT-ANGE
Dites-lui, surtout, et vous le savez mieux que personne , que ce cœur est susceptible du plus tendre attachement ; que , si elle venait à me tromper un jour, elle me ferait un mal, un mal!... qu'elle empoisonnerait tout le bonheur de ma vie.
CONSTANCE
Oui, monsieur, je lui répéterai tout cela; je lui dirai surtout comme vous êtes fidèle, combien il