SCENE XXIII
GE RM EU IL
Qu'entends-je ?
SAINT-ANGE, à Constance.
Allons, madame de Saint-Ange, remerciez M. de Marcé des bontés qu'il a eues pour vous.
MARCÉ
Madame de Saint -Ange! que diable cela veut -il dire?
SAINT-ANGE
Oui, monsieur .c'est ma femme; ne m'avez -vous pas dit de la conduire chez votre notaire?
Quoi! mon oncle, vous les avez mariés? Ah! vous me rendez la vie... je tombe à vos pieds.
MARGE
Allons , voilà l'autre qui me remercie d'avoir marié sa femme! En vérité, je crois qu'ils extravaguent tous. Qu'est-ce que tout cela signifie ?
SAINT-ANGE
Eh bien! monsieur, c'est moi qui dirai la vérité tout entière. Apprenez donc que Constance s'est prêtée à passer pour votre nièce, mais qu'elle ne l'est pas.
MARCÉ
Comment donc!
CONSTANCE
Non, monsieur.
SAINT-ANGE
La véritable, c'est Elise.
2o8 UNE HEURE DE MARIAGE.
M AltCE.
Ah! ah!
E L I b E , à part.
Je tremble.
SAINT-ANGE
Avez-vous pu vous méprendre sur mes principes? M'avez-vous cru capable de séduire la femme de mon ami? Moi, moi, philosophe... Non, monsieur... non... vous ne l'avez pas cru.
MARCÉ
Que diable me chantez -vous là? Ainsi donc,
M. Germeuil...
SAINT-ANGE
Ah! il a tort, très grand tort; mais la jeunesse a ses travers, l'humanité ses faiblesses, l'inexpérience ses erreurs. Les hommes seraient bien à plaindre, si la sagesse n'était pas indulgente... et si le pardon des injures...
3IARCÉ.
Allons donc , laissez , monsieur le philosophe.
SAINT-ANGE
Et d'ailleurs, songez que nous avons respecté les bonnes mœurs.
CONSTANCE
La décence.
GERMEUIL
La fidélité conjugale.
ÉLISE
Mon cher oncle!