EMILE, VOLMAR
Eh bien ! mon cher Emile , vous devez être au comble de vos vœux.
EMILE
Oui, mon frère, je l'avoue : je ne connais personne au monde dont le sort me paraisse égal au mien. Entouré de bons serviteurs, de véritables amis, possesseur d'une fortune considérable, époux d'une femme jeune et belle, j'espère parcourir une carrière douce et heureuse , et partager ma vie entre l'amour et l'amitié.
VOLMAR
Ce cher Emile! vous savez quelle fut ma joie lorsque vous vous proposâtes pour être l'époux de ma sœur.
EMILE
Ah! combien je suis touché en me rappelant avec quelle franchise...
VOLMAR
Ecoutez, mon ami; je vous ai prévenu, et je le devais à ma loyauté. Je vous ai dit quelles étaient les bonnes qualités de ma sœur; mais je ne vous ai pas dissimulé ses défauts. Votre amour est né si vite.