‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 149 sur 290 · SCENE X. a/M · texte numérisé non relu

SCENE X. a/M

éîvïile.

Oh ! mon Dieu ! non. C'est du feu qui circule dans mes veines; et à la moindre contradiction...

Moi , de même ; pour peu qu'on me contrarie , le cœur me bat, et j'entre dans des fureurs... Mais cela ne dure pas long-temps, mon ami.

EMILE

L'instant d'après; il n'y paraît plus.

ROSE

Et je suis au désespoir si j'ai fait de la peine à quelqu'un.

EMILE

Moi aussi , cela me désole. Mais j'ai un malheur : souvent je recommence au bout de deux minutes.

ROSE

C'est terrible , cependant.

EMILE

Pourquoi donc? tout le monde n'a-t-il pas ses défauts ? Nous sommes fort heureux d'avoir le même ; au moins on ne pourra pas dire qu'il y a incompatibilité d'humeur. Moi, je trouve que nous sommes bien partagés : la vivacité annonce toujours un bon cœur D'ailleurs, dès que nous aurons de l'indulgence l'un pour l'autre, à quoi bon nous gêner? Nous ferons h nous deux un tapage épouvantable , mais les raccommodemens seront délicieux.

Aut. oontemp. Et. i, xr>

ROSE

Les raccommodemens ! Emile, vous pensez donc que vous vous mettrez en colère contre moi?

Chère amie, vous savez que c'est un mouvement indépendant du cœur et de la raison. Quand le sang porte à la tête, on est capable de tout. Moi, je ne connais personne, mais l'accès passé, je serai à vos pieds, vous n'en doutez pas.

ROSE

Oui , c'est charmant ; mais nous nous raccommoderons le moins possible, n'est-ce pas?

EMILE

A propos, ma chère, nous aurons six personnes à dîner. Yoici ton frère, je vous laisse ensemble un instant, pour aller donner mes ordres. Adieu, ma bonne. Tu n'imagines pas combien je suis soulagé par l'aveu que je viens de te faire.

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