SCÈNE XXIV
ROSE, VOLMAR, lisant la lettre.
Une lettre d'Emile!... Quel mystère!... Je frémis... Mou frère, quelle est cette lettre? montre-la-moi.
a68 LA JEUNE FEMME COLÈRE,
VOLMAR
Non, Rose, je ne le puis.
ROSE
.le veux la voir.
VOL M AR
A quoi bon t'affliger?
ROSE, lui arrachant la lettre.
Je la verrai, vous dis-je.
VOLMAR
Hélas !
ROSE, lisant.
« Mon frère, à peine vous avais-je quitté, que le « remords s'est emparé de moi. Il faut ({lie l'emporte tement soit un vice bien affreux, puisqu'il m'aurait « rendu capable de percer le cœur auquel je dois « l'épouse la plus chérie. Hélas ! pourquoi lui ai-je «présenté une main si peu digne d'elle! mais du « moins je n'empoisonnerai pas une vie qui m'est « chère; peut-être l'absence et la réflexion viendronl- « elles à bout de calmer un sang trop impétueux : «j'ai voulu m 'épargner de déchirans adieux, je pars,
«et » Mon frère, il ne peut être loin; prends le
meilleur de tes chevaux, pars, cours, vole et le ramène; dis-lui que je supporterai tous ses défauts avec patience, avec résignation. Dis-lui que je ne me permettrai jamais le moindre murmure. Mais va donc! le temps s'écoule.
Ma chère Rose, je te promets de faire tous mes efforts.