EMILE, VOLMAR, GERMAIN, THÉRÈSE
ROSE, sur le devant du théâtre , se croyant seule.
O ciel! Emile est d'un caractère doux, affable, et il a feint la violence , l'emportement. En restant avec moi , dit-il , il ferait le malheur de ma vie. C'est donc moi qui fais le malheur de la sienne... Et il a la générosité de s'accuser!... Cette lettre, ce départ sont une feinte sans doute, mais deviendraient bientôt une affreuse réalité. Oserai-je lever les yeux devant lui?... Mais que dis -je? jamais je ne fus plus sûre de son amour.
EMILE, s'avançant avec chaleur.
Oh! ma Rose, je tombe à tes pieds.
ROSE, jetant un cri.
Mon ami, c'est à moi de me jeter aux tiens.... Je sais tout. Ils m'ont tout dit... Ah ! Emile, comme vous
Aut. contemp. Et. i. l"
a74 LA JEUNE FEMME COLERE.
me trompiez! Et vous, mon frère, comme vous étiez
son complice!
Ils t'ont révélé mon secret! mais je suis coupable d'artifice, n'ai-je pas un pardon à obtenir?
ROSE, se jetant dans ses bras.
Ah! mon ami, tu as éclairé à la fois mon esprit et mon cœur... Et moi qui voulais te donner des leçons !
Ma chère amie, les meilleures sont celles que l'on reçoit en croyant les donner.
THÉRÈSE
Ah! monsieur, je réponds d'elle. Si vous aviez vu tout à l'heure!.. Quand on a un bon cœur, il ne faut jamais désespérer. Soyez aussi bonne que belle, et tout ira bien, mon enfant!.... Ah! pardon, madame.
R OSE
Pour un homme si doux, comme tu as bien joué l'emportement ! Tu as été violent, colère; mon ami, changeons de rôle, je veux à ton exemple devenir douce et bonne, mais j'irai plus loin que toi. Tu ne m'as imitée qu'un instant, et moi je veux te ressembler pour toujours.
EMILE
Ma chère Rose , on ne se corrige pas si facilement d'un défaut. Tu y retomberas plus d'une fois peutêtre; mais tu en as vu les funestes conséquences, c!