‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 186 sur 290 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

BRUIS

Oh ciel! qu'avez-vous donc?

MADEMOISELLE DE BEAUVAL

Des dettes, mes amis.

• Des dettes ! Pour le coup , c'est de la sympathie.

MADEMOISELLE DE BEAUVAL

Voilà les tristes fruits de mon étourderie. Quand je dois à quelqu'un, je promets de payer; Mais je n'ai jamais rien promis sans l'oublier.

BRUIS

Quoi! si vous promettiez une tendresse extrême...

MADEMOISELLE DE BEAUVAL

Mon Dieu, mon cher ami, je l'oublîrais de même.

PALAPRAT

Fort bien.

MADEMOISELLE DE BEAUVAL

Mon procureur loge dans la maison.

BRUIS

Vous venez de le voir?

MADEMOISELLE DE BEAUVAL

Eh, oui! C'est la raison Qui vous a ce matin procuré ma visite.

BRUIS

Que vous conseille-t-il?

MADEMOISELLE DE BEAUVAL

De payer au plus vite.

Messieurs mes créanciers vont être bien contens : Je me défais pour eux de tous mes diamans;

3i8 BRUIS ET PALAPRAT.

Celui que vous voyez est le seul qui me reste.

PALAPRAT

Quelque gage d'amour?

MADEMOISELLE DE BEAUVAL

Oh , non ! Je vous proteste , Je le tiens d'un héros fameux par ses succès, De monsieur de Vendôme. Au Théâtre-Français

Ayant eu le bonheur d'obtenir son suffrage, J'en reçus de sa main cet honorable gage.

PALAPRAT

Mais un de ses amis vient dîner avec nous : Soyez des nôtres.

MADEMOISELLE DE BEAUVAL

Moi!

PALAPRAT

Me le promettez-vous?

BRUIS, à Palaprat.

Et des fonds?

PALAPRAT, a Bruis.

Pour un rien tu te laisses abattre :

Mais quand on a pour trois, on a toujours pour quatre.

BRU is.

Oui, quand on a pour trois.

MADEMOISELLE DE BEAUVAL

J'accepte sans façon :

Je verrai ce que c'est qu'un dîner de garçon. Mais au devoir jamais le plaisir ne doit nuire; Au théâtre un de vous va vite me conduire. Il faut que le Grondeur reparaisse demain.

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