‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 208 sur 290 · ACTE I, SCENE I. 36i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I. 36i

PAULINE

Je le trouve encore mieux que le portrait.

FER VAL

Charmante enfant!...

PAULINE

Si vous saviez avec quelle chaleur ii m'a suppliée de me faire connaître, quelles protestations il m'a faites de tendresse et d'amour... Je ne puis m'empêcher d'en rire.

FEBYAL.

Voilà mon étourdi. Il refuse la main d'une jeune et belle héritière, et il se passionne pour un masque.

PAULINE

Ah ! la bonne idée que vous avez eue de venir à ce bal !

Elle était toute naturelle. J'arrive , je descends tout près de l'hôtel de mon fils; j'apprends qu'il y a grande mascarade chez lui; je ne me fais pas connaître, et je m'assure ainsi par moi-même de sa folie et de ses déréglemens.

PAULINE

Il faut espérer qu'ils auront un terme. F E r v A L.

Grand Dieu! quelle prodigalité! Des femmes qui le ruinent, des amis qui le trompent, des valets qui le pillent , et des créanciers qui l'achèvent !

PAULINE

Ah! il est temps de l'arracher au malheur qui le menace, et il faut que l'autorité paternelle...

FER VAL

L'autorité!... Elle y échouerait, mon enfant. Je connais Saint-Romain. Séduit, comme tant d'autres, par les nouveaux systèmes, j'ai eu la sottise de l'élever dans une sorte d'indépendance; je lui ai toujours laissé faire ses volontés; je lui permettais même avec moi une familiarité qui plaisait à mon cœur, mais dont je ne prévoyais pas les tristes conséquences ; en un mot, j'ai voulu qu'il m'aimât comme un ami : je n'ai pas songé qu'il devait d'abord me respecter comme un père.

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