ARM AN I
Ah! monsieur, que mon ami va être ravi de vous voir!... Vous dont il s'occupe sans cesse, vous qu'il aime si tendrement.
FERVAL
Il ne m'attendait pas, sans doute?
ARMAND
Pardon nez- moi.
FERVAL
Je ne l'avais pas prévenu.
ARMAND
Je ne sais quel pressentiment secret... depuis vingtquatre heures, il m'a continuellement parlé de vous. Ah! monsieur, vous êtes bien heureux d'avoir un pareil fils... Un charmant sujet, plein d'esprit, de talens, de grâce... un physique!.... Mais, en vérité, où avais-je donc la tête? 11 fallait que je fusse bien préoccupé pour ne vous avoir pas reconnu sur-lechamp... Voilà tout son portrait.... l'œil fin, le sourire agréable... la physionomie vive.
FERVAL
Monsieur... (A part.) Ah! le flatteur!
ARMAND
Ce garçon est à vous, sans doute?
FERVAL
Oui , je l'ai amené de la campagne.
ARMAND, lui frappant sur la joue.
Il a une bien bonne figure.
ANDRÉ
Monsieur, vous êtes bien bon.
FERVAL
Ainsi, monsieur, il paraît que vous êtes très liés, mon fils et vous.
ARMAND
Nous sommes intimes. Nous ne nous quittons jamais. Nous confondons nos pensées et nos goûts, nos plaisirs et nos peines. On nous prend partout pour deux frères. Puissiez-vous ratifier cette douce union! Puissiez-vous un jour m'aimer comme un second fils ! Quant à moi, je vous vois à peine, et je vous chéris déjà comme un père... Vous proposez-vous de faire un long séjour à Paris?
FERVAL
Mais j'espère y passer quelque temps. Ma fortune me permet...
Nous tâcherons de vous en rendre le séjour agréable. J'ai un peu d'expérience de ma capitale, et je m'estimerai fort heureux de vous servir de guide.
FERVAL
Ma foi , monsieur, j'accepte avec plaisir. Votre ton,