SCÈNE X
FERVAL, SAINT-ROMAIN
FER VAL
Enfin, mon fils, après une si longue séparation, nous voilà réunis, et nous pouvons parler librement. Vous avez sans doute plus d'une confidence à me faire ?
SAINT-ROMAIN
Ah! oui. J'ai tant de choses à vous dire, que je ne sais par où commencer. Mais pourquoi ne m'avezvous pas prévenu de votre arrivée?
FERVAL
S'il faut te le dire, ta dernière lettre m'a décidé a partir; et, après l'avoir reçue, je me suis mis en route sur-le-champ.
38o UN JOUR A PARIS.
SAINT-ROMAIN
Quoi! mon père.... cette répugnance que je vous ai témoignée pour le mariage, vous aurait-elle irrité, et viendriez- vous?...
FER VAL
Moi, mon fils? M'avez-vous jamais vu contrarier vos goûts? Ah! j'en suis incapable.
SAINT-ROMAIN
Mon père, que de bonté!
Ah çà! j'ai des complimens à te faire. Si j'en juge d'après ta lettre, il paraît que tu as de grands succès dans le monde.
SAINT-ROMAIN
Oui, mon père. Sans me flatter, je puis dire que je vous fais honneur. Il n'est point de fête dont je ne sois prié, point de cercle, point de société dont je ne fasse partie. Figurez -vous qu'on se dispute le plaisir de m'avoir... C'est à qui m'obtiendra.
Oh! je le crois sans peine. Tu es arrivé avec de brillantes dispositions, et le séjour de la capitale.... Je présume bien que tu as achevé tous tes exercices.
SAINT-ROMAIN
Ah! je vous en réponds. Vous ne savez donc pas que cette année j'ai concouru, et que c'est moi qui ai. remporté tous les prix.
Tous les prix!