ACTE I, SCÈNE XIII. 3g
ARM AND
Eh bien! il veut donc se lancer? je trouve cette idée-là fort gaie, moi.
LABRIE
Ah! monsieur, vous ne vous figurez pas la dépense qu'il va faire. Vingt domestiques, chevaux, équipages, une grande maison, un train de prince, en un mot.
ARMANI).
Comment donc! mais voilà des principes : c'est délicieux !
SAINT-ROMAIN
Tu vois que je ne t'avais pas trompé.
LABRIE, pleurant.
Monsieur, c'est avec douleur que je vous annonce une séparation cruelle...
SAINT-ROMAIN
Que veux-tu dire?
LABRIE
Je ne suis plus à votre service.
SAINT-ROMAIN
Pourquoi donc?
LABRIE
Monsieur votre père m'a nommé son intendantgénéral.
ARMAND
Voilà une maison qui sera bien administrée.
SAINT-ROMAIN
Comment, malheureux! tu m'abandonnes?
Eh bien! attachez -vous donc à vos gens Un ingrat... qui me doit tout.
LABRIE
Ah ! monsieur, vous pourriez retourner la phrase.
SAINT-ROMAIN
Maraud!...
ARMAND
Mais en vérité, mon cher Saint - Romain , tu n'as pas plus de raison qu'un enfant. Tu devrais être enchanté. C'est ce qui peut t'arriver de plus heureux.
SAINT-ROMAIN
Comment?
ARMAND
Si tu avais la moindre idée en politique, tu sentirais la nécessité d'avoir auprès de ton père un homme à toi , un agent accrédité. Eh bien ! le voilà trouvé.
LABRIE
Mais sans doute. Voilà la raison. Sans cela, tous les trésors du monde...
SAINT-ROMAIN
Je suis étonné...
LABRIE
Dites donc, monsieur; mais c'est un luron que monsieur votre père.