A II M A N D
Reposez -vous sur moi. Vous aurez la meilleure compagnie de Paris.
Mais, mon père, il me semble qu'il vaudrait mieux attendre à demain.
FER VAL
Oh! point de retard. Je suis pressé de jouir. Il y a trop long-temps que je vis renfermé comme un hibou. J'ai peur de m'ennuver.
ARMAND
Vous avez raison. Amusez- vous, jouissez; dépensez. Quand une fois on est lancé, il ne faut pas faire les choses à demi.
Eh bien! voilà des principes. Nous souperons, nous jouerons, nous danserons.
SAINT-ROMAIN, joyeux.
Comment! mon père, nous danserons? Oh! c'est charmant, (a pan.) Si je pouvais profiter de l'occasion pour parler à Pauline.
FER VAL, à Armand.
Ah! cà , je veux beaucoup de monde.
ARMAND
Soyez tranquille. J'irai à la sortie de l'Opéra; je vous amènerai tous les oisifs qui s'y trouvent, et je vous réponds que vous aurez nombreuse société.
FEU VAL
Holà ! mes gens... (Labrie et André entrent par le fond. ) Labrie, j'aurai ce soir beaucoup de monde à souper; donne des ordres à mon maître d'hôtel, pour que
tout soit servi avec la plus grande profusion Ma
voiture est-elle prête?
ANDRÉ
Oui, not' maître, je vas courir devant.
LABRIE
Monsieur, vous avez là trois belles voitures de remise selon vos désirs. Elles ne vous coûteront que dix louis par jour.
FER VAL
Eh bien! ce n'est pas cher.
ARMAND
Non, si elles sont à la mode, (a part, b Fervai.") Mefîez-vous de ce coquin-là.
FERVAL
Mes amis, je vous laisse. Mais je reviendrai bientôt. Songez à la danse, à la musique.... Soyez les ordonnateurs de la fête, et surtout n'épargnez rien. Que l'argent ne vous retienne pas, et que demain on ne parle dans tout Paris que de ma grandeur et de ma magnificence. ■