ACTE II, SCENE XI
FERVAL
Parbleu ! mon ami , vous êtes un homme précieux , universel; vous avez des connaissances partout.
ARMAND
Oui, je suis assez répandu.
AIR
Courant toujours nouvelles fêtes, Faisant toujours d'autres conquêtes, Je sais charmer tous mes loisirs.
Ennemi né de la tristesse , Je concilie avec adresse Les affaires et les plaisirs.
TOUS
En charmant ainsi ses loisirs, Ah! qu'il doit avoir de plaisirs!
Matin et soir je cours la ville, Je joins l'agréable à l'utile.
Je ne connais pas un salon Où m'avoir ne soit du bon ton.
Parlant de danse et de musique, De modes et de politique, Partout on vient me consulter.
Voilà comme il faut exister.
Courant toujours nouvelles fêtes , etc.
Chez la dévote je soupire; Chez la prude c'est un délire ; Profond avec l'homme d'état, Et. grave avec le magistrat;
Aut. conteinp. Et. i. 27
Tour à tour je blâme ou je loue , Et je sais passer sans effort De l'académie où l'on joue, A l'académie où l'on dort.
Courant toujours nouvelles fêtes, etc.
FER VAL
Ah! vous êtes un homme unique, charmant, délicieux... Je ne veux plus que vous me quittiez.
A RMAKD.
Pardon! Il faut pourtant que je m'échappe une minute.
FER VAL
Déjà? Oh! vous êtes bien cruel!
ARMAND
J'ai cent louis à prendre chez mon homme d'affaires, et je reviens à l'instant.
FER VA L
Comment! vous me quitteriez pour cent louis? vous les aurez dans l'instant.