DISCOURS
TRONONCE
I.ORS DE SA RÉCEPTION A LA CLASSE DE LA LANGUE ET DE LA LITTERATURE FRANÇAISES DE L'iNSTITUT , LE 7 NOVEMBRE l8ll.
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Messieurs,
Cette imposante solennité porte dans mon âme un trouble dont je cherche en vain à me défendre : glorieux de vos suffrages, étonné de mon bonheur, j'éprouve l'embarras d'un disciple qui s'assied pour la première fois parmi ses maîtres; mais de tous les sentimens qui m'agitent, le plus profond, messieurs, est celui de la perte que vous avez faite. La mort, en vous ravissant un confrère, m'a privé d'un ami : M. Laujon avait daigné sourire à mes premiers essais ; et je ne puis , sans une vive émotion , me trouver à la place qu'il occupait dans cette illustre assemblée.
Il est à la fois doux et pénible de succéder à ceux qui nous furent chers : quelque beau que soit l'héritage, il est moins précieux par les jouissances qu'il promet, que par les souvenirs qu'il perpétue; ceux