‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 87 sur 290 · CONSTANCE, GERMEUIL, ÉLISE · texte numérisé non relu

CONSTANCE, GERMEUIL, ÉLISE

ÉLISE

Eh bien ! mon ami ?

Quelle nouvelle ?

GERMEUIL

C'en est fait!

ÉLISE

Ah ! mon Dieu !

GERMEUIL

Nous sommes perdus !

CONSTANCE

Votre oncle est mort?

GERMEUIL

Pas du tout. Il est parti pour la chasse dès quatre heures du matin ; c'est ce que vient de me dire le jardinier.

ÉLISE

Ah! tu me rassures. Que signifie donc cet air triste ?

CONSTANCE

Mon cher Germeuil , il y a dans tout ceci un mystère... En me faisant partir de Lyon avec votre femme, vous me promîtes de m'expliquer le motif de notre voyage, aussitôt que nous serions arrivés chez votre

i5o UNE HEURE DE MARIAGE.

oncle. Nous y voici , je vous somme de votre parole.

Vous allez bien m'en vouloir, Constance?

CONSTANCE

Eh! pourquoi? Ne suis-je pas votre amie?

GERMEUIL

J'avoue que ma conduite doit vous paraître bien extraordinaire... Mais écoutez-moi, je vais vous mettre au fait... Vous savez que je suis sans fortune, et que mon oncle me menace de me déshériter si je ne vous épouse pas.

CONSTANCE

Oui, je sais tout : Élise était secrètement votre

femme, je ne pouvais pas être la vôtre Eh bien!

qu'avez-vous de plus à m'apprendre?

GERMEUIL

Le voici : il y a trois jours qu'un courrier dépêché par mon oncle m'apporta la lettre que je vais vous lire.

CONSTANCE

Voyons.

GERMEUIL, lisant.

« Mon cher neveu, je sens approcher mes derniers « momens, et je vous écris de mon lit de douleur. Je « vous ordonne d'épouser Constance, et de me la « présenter avant que je ne quitte pour jamais cette « vie. Vous savez que son père, après m'avoir rendu « les plus grands services dans mon commerce, a « éprouvé des malheurs , et m'a chargé , a sa mort ,

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