CONSTANCE, GERMEUIL, ÉLISE
ÉLISE
Eh bien ! mon ami ?
Quelle nouvelle ?
GERMEUIL
C'en est fait!
ÉLISE
Ah ! mon Dieu !
GERMEUIL
Nous sommes perdus !
CONSTANCE
Votre oncle est mort?
GERMEUIL
Pas du tout. Il est parti pour la chasse dès quatre heures du matin ; c'est ce que vient de me dire le jardinier.
ÉLISE
Ah! tu me rassures. Que signifie donc cet air triste ?
CONSTANCE
Mon cher Germeuil , il y a dans tout ceci un mystère... En me faisant partir de Lyon avec votre femme, vous me promîtes de m'expliquer le motif de notre voyage, aussitôt que nous serions arrivés chez votre
i5o UNE HEURE DE MARIAGE.
oncle. Nous y voici , je vous somme de votre parole.
Vous allez bien m'en vouloir, Constance?
CONSTANCE
Eh! pourquoi? Ne suis-je pas votre amie?
GERMEUIL
J'avoue que ma conduite doit vous paraître bien extraordinaire... Mais écoutez-moi, je vais vous mettre au fait... Vous savez que je suis sans fortune, et que mon oncle me menace de me déshériter si je ne vous épouse pas.
CONSTANCE
Oui, je sais tout : Élise était secrètement votre
femme, je ne pouvais pas être la vôtre Eh bien!
qu'avez-vous de plus à m'apprendre?
GERMEUIL
Le voici : il y a trois jours qu'un courrier dépêché par mon oncle m'apporta la lettre que je vais vous lire.
CONSTANCE
Voyons.
GERMEUIL, lisant.
« Mon cher neveu, je sens approcher mes derniers « momens, et je vous écris de mon lit de douleur. Je « vous ordonne d'épouser Constance, et de me la « présenter avant que je ne quitte pour jamais cette « vie. Vous savez que son père, après m'avoir rendu « les plus grands services dans mon commerce, a « éprouvé des malheurs , et m'a chargé , a sa mort ,