‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 88 sur 290 · SCÈNE III. i5i · texte numérisé non relu

SCÈNE III. i5i

« de veiller à l'établissement de sa fille. Je vous at- « tends sous trois jours avec votre femme. Dans tous « les eas, faites-moi part de votre résolution, par le a retour de mon courrier... Mais songez bien que le « notaire est mandé, et que les termes de votre lettre « dicteront ceux de mon testament.

« Je suis, en attendant le plaisir de vous voir, « votre bon oncle, Marcé.

« P. S. Si par hasard j'étais mort, ne concevez « aucune inquiétude, j'ai songé à tout, et vous ne « serez pas mal reçu. »

CONSTANCE

Quel original! Eh bien! que lui avez -vous répondu ?

G E RM EU IL.

Je lui ai répondu que je vous avais épousée hier.

CONSTANCE

Moi?

ÉLISE

Est-il possible!

GE RM EU IL

Et conformément à ses ordres, nous partirons aujourd'hui pour son château.

CONSTANCE

En vérité , vous avez fait là un joli chef-d'œuvre

J'en conviens.

Oh ! mon ami, quelle étourderie !

i'5a UNE HEURE DE MARIAGE.

GERMEUIL

Croyant mon oncle à l'agonie, je voulais vous présenter à lui comme ma femme.

CONSTANCE

Au moins deviez-vous me mettre dans la confidence avant de partir.

GERMEUIL

Faut -il vous l'avouer? Je craignais d'éprouver un refus.

CONSTANCE

Mais quel rôle destinez- vous à votre femme?

GERMEUIL

Celui d'une amie qui vous est tendrement attachée , et qui ne vous quitte jamais ; c'est sous ce titre que je l'ai annoncée à mon oncle... Par ce moyen j'espérais.... ou plutôt je n'espérais rien.... Je suis le plus malheureux des hommes; et maintenant nous n'avons plus d'autre ressource que de remonter en voiture et de retourner à Lyon le plus tôt possible.

CONSTANCE

Vous pouvez vous flatter d'avoir une bien mauvaise tête , M. Germeuil , et , en vérité , je rends grâce au ciel de ce que je ne suis pas réellement votre femme.

Enfin! que voulez-vous donc que je fasse?

ÉLISE

Il faut nous jeter aux pieds de M. de Marcé, et lui tout avouer.

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