SAINT-ANGE, MARCÉ, GERMEU1L
SAINT-ANGE
Je n'ai jamais pu rejoindre ce maudit lièvre; il m'a fait faire un chemin...
MARCÉ
Ah! vous voilà, cher ami... J'ai l'honneur de vous présenter mon neveu.
GERMEUIL
Que vois-je? Eh ! je ne me trompe pas, c'est Saint- Ange.
Comment ! c'est toi , Germeuil ?
MARCÉ
Vous vous connaissez donc?
SAINT-ANGE
Beaucoup. Nous étions officiers dans le même régiment.
MARGE
Ah ! parbleu ! je suis enchanté de cette rencontre.
GERMEUIL
Mon oncle, est-ce que ce serait là par hasard le philosophe dont vous me parliez tout à l'heure?
MARCÉ
Lui-même.
GERMEUIL
Lui ! mais c'était le plus mauvais sujet du régiment.
SAINT-ANGE
Eh bien ! vous voyez, monsieur, vous voyez; avaisje tort de me récrier contre l'injustice des hommes? C'est cependant un ancien ami qui me traite de mauvais sujet pour quelques petites erreurs de jeunesse que j'expie tous les jours.
GERMEUIL
Es-tu fou?... Comment! toi! l'homme le plus léger, le plus indiscret...
MARCÉ
Allons, paix! monsieur, paix! respectez la vertu, entendez-vous ?
GERMEUIL
Depuis huit mois que je ne t'ai vu, tu es donc bien changé?
SAINT-ANGE
Ah ! mon ami , j'ai vécu un siècle depuis ce tempslà... J'ai eu tant, tant de chagrins.... et puis ce sont les peines du cœur. Ah! les peines du cœur m'ont tué.