‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 94 sur 290 · SAINT-ANGE, MARCÉ, GERMEU1L · texte numérisé non relu

SAINT-ANGE, MARCÉ, GERMEU1L

SAINT-ANGE

Je n'ai jamais pu rejoindre ce maudit lièvre; il m'a fait faire un chemin...

MARCÉ

Ah! vous voilà, cher ami... J'ai l'honneur de vous présenter mon neveu.

GERMEUIL

Que vois-je? Eh ! je ne me trompe pas, c'est Saint- Ange.

Comment ! c'est toi , Germeuil ?

MARCÉ

Vous vous connaissez donc?

SAINT-ANGE

Beaucoup. Nous étions officiers dans le même régiment.

MARGE

Ah ! parbleu ! je suis enchanté de cette rencontre.

GERMEUIL

Mon oncle, est-ce que ce serait là par hasard le philosophe dont vous me parliez tout à l'heure?

MARCÉ

Lui-même.

GERMEUIL

Lui ! mais c'était le plus mauvais sujet du régiment.

SAINT-ANGE

Eh bien ! vous voyez, monsieur, vous voyez; avaisje tort de me récrier contre l'injustice des hommes? C'est cependant un ancien ami qui me traite de mauvais sujet pour quelques petites erreurs de jeunesse que j'expie tous les jours.

GERMEUIL

Es-tu fou?... Comment! toi! l'homme le plus léger, le plus indiscret...

MARCÉ

Allons, paix! monsieur, paix! respectez la vertu, entendez-vous ?

GERMEUIL

Depuis huit mois que je ne t'ai vu, tu es donc bien changé?

SAINT-ANGE

Ah ! mon ami , j'ai vécu un siècle depuis ce tempslà... J'ai eu tant, tant de chagrins.... et puis ce sont les peines du cœur. Ah! les peines du cœur m'ont tué.

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